samedi 28 septembre 2013

Meyer Levin - Crime


Éditeur : Phébus - Traduit de l'américain par Magdeleine Paz- Date de parution : 2011 - 443 pages captivantes et glaçantes!

Le thème de ce livre repose sur des faits authentiques, bien connus aux Etats-Unis : le 21 mai 1924, à Chicago, un jeune garçon de quatorze ans, Bobby Franks, était enlevé et assassiné par deux jeunes gens de dix-huit et dix-neuf ans, Richard Loeb et Nathan Leopold, tous deux étudiants à l’université de Chicago, considérés tous deux comme des prodiges d’intelligence, et tous deux fils de milliardaires. Les meurtriers n’avaient d’autre mobile que de réussir un "crime parfait ". 
Cette histoire est vraie comme il l’est dit dans l’avant-propos et seuls les noms des personnages ont été changés. Artie Strauss et Judd Steiner  sont tous deux génies nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Après l'enlèvement de Paulie, Artie et Judd ont réclamé une rançon en faisant croire aux parents que leur fils est bel et bien vivant. Mais la découverte d’un corps d’un jeune garçon rapidement identifié étant comme celui de Paulie est la première fêlure dans leur plan machiavélique. A l’époque des faits, Meyer Levin était lui-même étudiant dans cette même université et écrivait des piges pour payer ses frais de scolarité. Il a donc été donc lui même mêlé à l’affaire et a côtoyé  les deux meurtriers.

Dès le départ, on sait qui sont les coupables. Mevin Leyer relate les faits, les procès et surtout les personnalités complexes d’ Artie et Judd, leur relation ambiguë. Artie est celui qui décide, Judd a pour lui une fascination totale mêlée à une pulsion sexuelle Tous deux imprégnés de Nietzsche se figurent être des surhommes au-dessus des lois.
On suit l’enquête, les agissements de Judd et Artie qui cherchent à dissimuler les preuves de leurs actes. Ils se montent très coopératifs pour l’enquête en aiguillant la police et Cid (Meyer Levin) sur de fausses pistes.

Comment et pourquoi ces deux jeunes hommes promis à un brillant avenir en sont-ils arrivés à commettre l’horreur ? Quelles étaient leurs motivations ? Meyer Levin nous immerge dans l’enquête puis dans le procès. Et là, on assiste aux avis divergents de deux écoles de psychiatrie qui s’affrontent. Mais ce qui choque est l'attitude d'Artie et de Judd : impassibles et n'éprouvant aucun regret.
Avec précision, Meyer Levin creuse et relate au plus juste les faits pour tenter de cerner la psychologie de ces deux jeunes hommes.
Captivant, glaçant, hypnotique et dérangeant !

Si nous les considérions comme des jumeaux  les rapport des psychiatres ont révélé deux personnalités fort différentes. Différentes, mais complémentaires, et particulièrement dans le monde imaginaire que chacun s'était créé.
Judd, dans ses rêves, ou les vagabondages de son esprit, se figurait en esclave, Artie se représentait en maître  : le chef d'une bande de criminels, souverain absolu de sa troupe. Mais l'opposition même de ces rôles offrait une symétrie. Judd, esclave, jouait un rôle de premier plan; supérieurement beau, supérieurement intelligent, il était le mentor des rois. Artie, prince de la pègre, maître absolu, se voyait  toujours emprisonné, fouetté, couvert de chaînes et de haillons, et il s'en délectait. 

Un conseil de lecture de Julien ( mon libraire chouchou) et (seconde couche) le billet tentateur d'In Cold Blog.



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