lundi 2 septembre 2013

Nicolas Clément - Sauf les fleurs


Éditeur : Buchet Chastel - Date Parution : Août 2013 - 75 pages et un petit bijou de  littérature !

Marthe âgée de douze ans et son petit-frère Léonce sont soudés pour protéger leur mère contre leur père qui a la main leste envers sa femme. Tous vivent à la ferme. L’amour maternel, les moments de réconfort puisés auprès des bêtes, ce lien si fort avec son frère et la lecture sont son quotidien comme la boule de peur logée dans le creux de l’estomac. Douze puis quatorze puis seize ans. Marthe grandit et découvre les premiers émois amoureux et un espoir nouveau. Elle a décidé que plus tard elle étudiera le grec. S’adonner à sa passion et partir de la ferme avec sa mère et son frère. Oui, ils quitteront cet enfer. C’est son rêve de fuir ce père violent. A dix-huit ans Marthe partira en effet pour ses études mais la ligne tracée sera fracassée juste avant. A Baltimore, une nouvelle vie l’attend. Apprendre à parler sans crainte, le goût de la liberté sans oublier Léonce son frère qu’elle aime tant.

Et on voudrait tant pour Marthe qu’elle ait devant elle une feuille blanche pour écrire tous ses vœux ! Qu’elle soit heureuse, que le passé soit chassé mais on pressent que non elle n’y aura pas le droit à ce bonheur mérité. Et ça fait mal, d’autant plus mal que ce roman est écrit dans une écriture magnifique ! Un premier roman qui m’a époustouflée ! 
Nicolas Clément possède un vrai style : une écriture épurée et majestueuse où les tournures, les mots sont calibrés avec précision pour qu’il n’en reste que leur quintessence ! Une poésie à couper le souffle et une narration inhabituelle qui m’a ferrée et conquise d’emblée. Car justement cette narration intervient dans l’histoire, accentuant la puissance de ce texte et des non-dits qui perlent entre les lignes. Une histoire toute en sensibilité et en pudeur où la beauté côtoie la violence.

Un petit bijou de littérature et un grand coup de cœur !
Le billet de Laure tout aussi enthousiaste! Julien, libraire chez Dialogues, l'a beaucoup aimé aussi !

Difficile de choisir un extrait car j'ai inséré des post-it à chaque page..

Ici, parler tue moins que là-bas. Abritée derrière mon paravent d'étrangère, j'achète un magazine, entre dans un musée ou commande un soda sans serrer les dents. A la ferme, il fallait mâcher les phrases, peser le pour et le contre, répéter chaque émotion en coulisse avant de sentir. Lorsque nous voulons parler, Papa nous renvoie dans nos cordes et nous freinons les mots de lait qui menacent de pousser si nous ouvrons  la peur qui nous guide. Peu à peu, nous devenons muets.






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