lundi 10 février 2014

Davide Longo - L'homme vertical

Éditeur : Stock - Traduit de l’Italien par Dominique Vittoz - Date de parution : Janvier 2013 - 411 pages et un uppercurt!

Nous sommes en Italie dans un futur proche. Le chaos règne, les frontières sont fermées, les institutions sont à la déroute comme l'ensemble du pays. Leonardo, écrivain et ancien professeur a vu sa carrière entachée par un scandale. Revenu dans son village d'enfance où on l'appelle toujours le professeur, il tente de se remettre à l'écriture entouré de ses livres.  Il ne sait pas comment la situation a pu tourner de la sorte parce que sa vie personnelle s'effondrait. D'ailleurs, qui le sait vraiment. Là n'est pas la vraie question.

Sans prévenir, son ancienne femme lui confie leur fille qu'il n'a pas vu depuis huit ans et le fils de son mari âgé de dix ans.  Le temps pour elle de rejoindre la Suisse, juste une affaire de quelques jours. Leonardo découvre sa fille qui est devenue une adolescente de dix-sept ans. Mais les jours se transforment en semaines et Leonardo doit les protéger alors que la barbarie gagne le village. Des groupes de jeunes venus d'on ne sait où pillent, volent et tuent. La nourriture manque, le danger est omniprésent, Leonardo décide qu'il est temps pour eux de quitter l'Italie pour la France.
Dans un monde post-apocalyptique devenu fou où la violence règne, rien ne se passe comme prévu. Le monde est encore plus  féroce qu'il ne l'avait imaginé. Un cauchemar vivant peuplé de tortures et de cruauté. Leonardo refuse de s'abaisser à la sauvagerie, il puise sa force et des ressources insoupçonnées dans l'amour pour sa fille. Pour elle, il doit rester debout.

On est projeté, valdingué au bord de ce précipice de haine, de décadence et d'horreurs.  Et malgré des scènes très dures, il est impossible de lâcher ce livre. Repoussé dans nos retranchements, on s'accroche à des doses d'humanité qui persistent. On s'y accroche comme à un radeau  de sauvetage en ayant peur. Et on assiste à la métamorphose de Leonardo, à sa prise de conscience. Aussi douloureuse soit-elle. Cet homme qui vivait dans son cocon  en sortira grandi. Ce livre s'achève sur une note d'espoir minime mais source de vie et nous laisse sonné..

Une lecture certes éprouvante mais passionnante, magnétique ! Davide Longo distille de magnifiques passages sur le rôle de la lecture et des livres comme pour contrer toute cette noirceur. Un uppercut !

Leonardo comprit que l'esprit de l'enfant concevait une de ces  pensées qui accompagnent un homme depuis l'instant ou il naît  jusqu'à celui où il quitte cette terre. Elle concernait la fin d'un besoin qui nous a été transmis par ceux qui nous ont précédés. Il resta sans voix devant la violence et la grâce dont cet instant était nimbé.

Le billet de Cuné  (la tentatrice qui a su me convaincre de découvrir ce livre très éloigné de ce que je lis d'habitude. Je la remercie vraiment pour cette ouverture d'horizon)

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