samedi 1 février 2014

Maggie O'Farrell - En cas de forte chaleur

Éditeur : Belfond - Traduit de l'anglais (Irlande) par Michèle Valencia - Date de parution : Janvier 2014 - 348 pages et un très bon moment de lecture! 

Juillet 1976. Alors qu'une canicule s'est abattue sur Londres, Robert Riordan part comme tous matin acheter son journal. Quelques heures plus tard, il n'est pas rentré et son épouse Gretta demande ce qu'elle doit faire. Elle décide d'appeler ses enfants à la rescousse. Pourquoi Robert est parti? Gretta si sûre semble désorientée. Les enfants devenus adultes et qui ont quitté le nid depuis longtemps regagnent la maison familiale. Avec ce retour, si les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence remontent à la surface, les désaccords et les rancœurs ne sont pas en reste. Ils doivent comprendre pourquoi leur père est parti et surtout le retrouver.

Les vies personnelles de Michael Francis, Monica et Aoife sont loin d'être d'être un long fleuve tranquille. Le couple de Michael Francis traverse une mauvaise passe, Monica a du mal à trouver sa place auprès de ses belles-filles et Aoife est partie aux Etats-Unis brouillée avec sa sœur alors qu'auparavant elles étaient inséparables. Tout ont des personnalités différentes. Et à travers le regard de ses enfants, on découvre que Gretta n'a pas été une mère parfaite et ce qu'elle a vécu a son arrivée à Londres. Robert et elle d'origine irlandaise ont tenté de leur transmettre leur culture et leur racine mais en vain. Avec la disparition de Robert, le temps de la cohésion dans la fratrie est venue mais la tension est palpable. Surtout que Gretta en sait plus qu'elle ne veut le dire sur le passé de Robert. Des non-dits ou des vérités voient le jour mettant à mal les convictions de chacun. Je n'en dirai pas plus...

Maggie O’Farrell nous décrit des personnages attachants avec des défauts mais si humains ! Et à travers une simple scène, elle a cette capacité extraordinaire de nous rendre les émotions. Elle sonde à merveille les relations qui se tissent par un geste ou une attitude.
J'ai aimé suivre cette famille ( l'écriture de Maggie O'Farrell est un plaisir à elle seule), mon seul bémol concerne la fin et le pourquoi de la disparition car il y a un goût de déjà lu (on devine facilement ce qu'il en est). Mais j'ai passé un très bon moment de lecture ! 

C'est un peu comme les trous des rues londoniennes. Quand on les creuse, ces balafres  dans le bitume paraissent choquantes - ces déblais, cette cicatrice, la terre et la boue qui affleurent en pleine ville. Ensuite, on les remplit, on les recouvre, et ça semble nouveau, incongru, ce renflement de goudron noir luisant à côté de la rue usée et granuleuse. Puis, au bout d'un moment, tout se tasse et, avec la poussière, on ne voit plus la différence, on ne se doute pas qu'il y a eu une réparation.

Les billets de Cathulu, Mango, Mimi,  Nadael, Valérie, Sylire

Lu de cette auteure : Cette main qui a pris la mienne - L'étrange disparition d'Esme Lesnox
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