vendredi 7 février 2014

Rafael Reig - Ce qui n'est pas écrit

Éditeur : Metailié - Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse - Date de parution : janvier 2014 - 238  pages qu'on lâche pas !

Avertissement : on ne lit pas la quatrième de couverture qui en dit de trop. 

Carlos et Carmen sont divorcés depuis sept ans. Grâce à son son avocate, Carmen a obtenu Carlos ne voit pas Jorge durant une année puis uniquement quelques heure sous surveillance. Mais Carmen se sent coupable car Carlos semble avoir changé. Elle accepte qu'il amène Jorge âgé de quatorze ans pour trois jours. Une excursion dans la montagne entre père et fils. Après leur départ elle sécouvre  un manuscrit écrit  par Carlos et un mot lui demandant de le lire. Un livre dont le titre est "La femme morte" avec comme  dédicace "pour C.M ; in memoriam. Pourquoi ses initiales et pourquoi ce titre ? Intriguée, elle décide d'y jeter un oeil. 

Trois fils narrateurs se déroulent. Il y a l'histoire du livre lu par Carmen  où il est question d'une fille enlevée par des petits voyous minables, un récit violent et pervers, le séjour de Carlos et de Jorge où Carlos juge son fils comme un garçon maladroit et empoté, un fifils à sa maman, et Jorge est pétrifié de décevoir son père. La communication entre les deux est difficile. Et enfin il y a Carmen  qui découvre des détails communs entre ce que Carlos a écrit et leur histoire passée. L'angoisse la gagne. Et  si ce livre était un avertissement ou pire une menace envers Jorge. Ou alors ce ne sont que de terribles coïncidences nourries par sa culpabilité  et par le fruit son imagination?  Pour se rassurer, elle téléphone à Gorge mais Carlos lui  a confisqué on portable. Je n'en dirai pas plus!

Et je me suis retrouvée ferrée  par ce thriller  psychologique avec des poussées d'adrénaline conséquentes !  Tout au long de cette lecture, on se pose des questions, on échafaude des réponses et les surprises sont au rendez-vous !
L'auteur  installe une tension qui va en crescendo. Avec ce livre, Rafael Reig explore les rancoeurs, la manipulation, et ce qui est très  intéressant c'est la position du lecteur qui essaie de deviner ce qui se cache entre les lignes  et celle de l'écrivain qui mène la danse sans oublier les liens père/fils.

Un bémol  cependant : le livre de Carlos contient beaucoup  de frustrations déposées sur le papier qui se cristallisent en violence gratuite et ses écrits sont loin d'être de la grande littérature. Aussi des extraits plus courts auraient été les bienvenus.
Mais il s'agit d'un polar noir que je n'ai pas lâché  ! 

Ce qui est écrit est toujours plein de contradictions, de changements de ton, d'impasses, d'omissions alarmantes ou de détails inutiles : seule la foi en l'auteur résout le sens de la lecture, on en peut que lire qu'en croyant qu'il y a un auteur, quelqu'un qui se rend responsable.

Le billet de Sandrine

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...