lundi 25 mai 2015

Anthony Doerr - Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Éditeur : Albin Michel - Traduit de l'américain par Valérie Molfroy - Date Parution : Mai 2015 - 610 pages et point de coup de cœur...

Août 1944, des tracts tombent du ciel au-dessus de Saint-Malo " Message urgent aux habitants de la ville. Dispersez-vous dans la campagne". La ville aux mains des allemands vit aux sons des bombes lâchées par les bombardiers américains. Marie-Laure jeune fille aveugle de seize se terre dans la maison de son grand-oncle Etienne. Pas très loin, le soldat Werner Pfennig est bloqué sous des débris en compagnie d'un autre soldat. Depuis plusieurs jours, Marie-Laure se cache dans le double-fond d'une armoire car un allemand s'est introduit dans la maison. Elle pense à son père qui  été arrêté. Werner dont la mission est de trouver les émetteurs-récepteurs ennemis tente d'entendre un signal sur sa radio.

Voilà le point de départ de ce roman et ensuite l'auteur nous projette dix plus tôt. 1934, Marie-Laure est devenue aveugle. Son père serrurier au Muséum d'Histoire Naturelle lui fabrique une maquette du quartier car elle doit pouvoir malgré son handicap se repérer dans une rue. Werner et sa petite soeur Jutta sont orphelins. Le destin de Werner est déjà tout tracé : à quinze ans, il devra aller travailler à la mine comme son père. Mais Werner est passionné et doué pour les transmissions. Son don le fera remarquer et il intègrera une école d'élites. En 1940, Marie-Laure et son père quitteront Paris pour se réfugier à Saint-Malo. Ce qui ne devait qu'être qu'une question de semaines se transformera en années.

Basé sur des flash-backs entre présent et passé judicieusement placés dans le récit, et avec une écriture aux phrases courtes et sans fioritures, il est difficile de ne pas être ferré par ce roman.  De plus, l'auteur distille des interrogations sur l'avenir de ses deux personnages que le contexte oppose.
Sans aucun doute, il s'agit d'un page-turner efficace (même si à force la répétition de la construction se fait sentir) mais j'en attendais plus.
Si j'ai été prise dans les mailles de l'histoire,  je suis un peu déçue (forcément). Car je n'ai pas vibré, je n'ai pas relu une phrase pour sa beauté, mes yeux n'ont pas abrité de poissons d'eau de bonheur malgré la luminosité qu'il dégage.

Quelques fois, plusieurs journées s'écoulent   après une première transmission avant de capter la suivante. Cela représente un problème à résoudre, quelque chose à méditer :  c'est mieux, assurément, que de combattre dans une tranchée glaciale et qui empeste, infectée de poux, comme en leur temps les vieux instructeurs qu'il avait à l'école, les rescapés de la Grande Guerre. C'est plus propre, plus mécanique, une guerre qui se livre dans les airs de façon invisible, et les lignes du front sont n'importe où. N'y a-t-il pas du plaisir dans cette chasse? 

Les billets de Jérôme (avec qui nous somme sur la même longueur d'ondes),Mimi a eu du plaisir à le lire, Miss Alfie pour qui c'est un coup de cœur.
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