mercredi 1 février 2012

Grégoire Delacourt - La liste de mes envies


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Février 2012 - 186 pages touchantes et délicates! 

Jocelyne, appelée Jo,  quarante-sept ans tient une mercerie à Arras.  Mariée à Jocelyn et les deux enfants partis de la maison.  Elle mène une  existence simple comme tant d’autres où elle a trouvé sa place. Un blog pour partager sur la couture et le tricot et deux amies jumelles qui mettent un peu de fantaisie dans sa vie. Ce sont elles qui la poussent à jouer une fois à l’Euromillions. Une seule fois, une chance sur des millions et Jocelyne remporte un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes.

Avec une telle somme, Jocelyne pourrait acheter l’écran plat et la Porsche que son mari aimerait tant avoir, un joli manteau pour elle, un nouveau micro-ondes…Son chèque caché dans une semelle de chaussure reste une liste de besoins et d’envies. Seul son père qui perd la mémoire toutes les six minutes a entendu son secret.  A l’adolescence, la mort de sa mère et la maladie  de son père l’ont aiguillée dans une vie qu’elle n’avait pas imaginée. Elle qui voulait devenir  styliste a dû ravaler son ambition. Lorsqu'elle a accouché d’un enfant mort, Jocelyn est devenu méchant, violent. Jocelyne a courbé l’échine, encaissé les mots durs. Elle ne parle jamais du prix de cette souffrance passée mais elle sait que le bonheur sans être doré de millions est fragile.  Sans vouloir occuper le devant de la scène, elle apporte beaucoup aux autres et à sa famille. Sur la pointe des pieds, Jocelyne se contente d’imaginer ce que sa vie serait si elle encaissait ce chèque. On pourrait presque imaginer la suite comme un conte de fée. Et bien non.

Avec une  écriture sans fioriture et sensible, Grégoire Delacourt  colle au plus près des émotions ! A travers Jocelyne,  il  nous interpelle sur nos éternels besoins, l’amour et nos rêves avortés. Si deux détails m’ont gênée (le salaire de son mari en tant qu’ouvrier et  l’apparition finale d’un personnage), ils ont été balayés par l’ensemble du livre ! Après l‘écrivain de la famille, ce roman m’a beaucoup touchée (mes yeux ont hébergé des poissons remplis d'eau) !

Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. Mais je ne suis pas riche. Je possède juste un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes, plié en huit, caché au fond d’une chaussure. Je possède juste la tentation. Une autre vie possible. Une nouvelle maison. Une nouvelle télévision. Plein de choses nouvelles. Mais rien de différent.
 

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