jeudi 23 février 2012

Sylvette Heurtel - Contes déraisonnables


Éditeur : Henry des Abbayes - Date de parution : Novembre 2011 - 139 pages ciselées empreintes de sensibilité !

A mi-chemin entre le recueil de nouvelles et le roman, Clara attend le retour de son mari marin pêcheur. Au port, Lili une retraitée effectue sa promenade quotidienne tandis qu’un soir Maurice ayant bu plus que de raison prétend avoir entendu la cloche de l’Ourse. Celle qui annonce un décès. 

Dix-neuf histoires courtes et autant de personnages nous entraînent dans leur quotidien marqué par l’absence. Avec une écriture sensible, très posée, l’auteure nous introduit dans la farandole de la vie. Sous le le thème est l’absence, il y a la mort mais aussi l'indifférence,  l'éloignement volontaire ou  non. Il ressort de ce livre bien entendu une pointe mélancolie mais surtout le souffle, l’essence même de la vie. J’ai été émue  par cette  ronde où les personnages  sont unis par les liens du sang, par ceux de l’amitié ou ceux du voisinage.  L'écriture fait appel à tous les sens : on visualise l'océan, on ressent sur son visage les embruns ou le vent.

Avec un style ciselé et de la douceur, Sylvette Heurtel évoque habilement  les émotions les plus douloureuses.  Et, j’ai beaucoup aimé ! La dernière histoire conclue brillamment l'ensemble!

Elle redit  tous ces matins de solitude à deux, chacun reprenant son fil, tourné contre l'intérieur, les yeux vers rien, les mains vacantes. Ce n'est pas douloureux, ça ne ressemble pas à la guerre, c'est seulement quelques chose d'éteint, quelques cendres grises, douces, légères qui poudrent leurs vies et ternissent les couleurs tout doucement. Il y a sa main qu'elle n'aime plus sentir la toucher, le poids de son corps devenu trop lourd, les étreintes qui les laissent séparés, plus éloignés encore dès que leurs peaux ne se frottent plus.



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...