mercredi 22 février 2012

Uwe Tellkamp - La tour


Éditeur : Grasset - Date de parution : Février 2012 - 965 pages et une plongée dans la RDA.


RDA, 1982. A Dresde,  Christian Hoffman fils d’un chirurgien entame ses études supérieures. Sa famille réside dans un quartier luxueux de la ville. Sous les apparats d’une vie tournée vers la culture et les arts, la censure est bien réelle ainsi que la stasi, organe policier qui surveille les habitants et leurs activités. Le rêve de l’ouest est murmuré, les années passent et un vent de liberté commence à s’agiter.

Je ne sais pas comment parler de ce livre dense.  Car au départ, nous avons du mal à croire que nous sommes en RDA. La famille Hoffmann, famille bourgeoise par excellence reçoit et donne des dîners. Richard Hoffmann chirurgien est un homme raffiné qui aime les arts  et si son fils joue de la musique, il y est pour beaucoup. Son beau-frèreMeno travaille dans une maison d’édition en tant que correcteur. Christian veut devenir médecin comme son père. Aux premiers abords, rien ne différencie cette famille d’une autre. Parce qu'Uwe Tellkamp prend le temps de bien camper ses personnages avant de dresser le portait de la RDA. Ce roman ambitieux desservi par une écriture magnifique, très riche en détails, nous fournit la chronique de cette famille durant les sept dernières années de la RDA. Et cette famille presque parfaite révèle ses fissures. Richard Hoffman a une maitresse dont il a une fille. Meno exerce son activité en réécrivant des livres pour appliquer la censure.  Et Christian , le fils discipliné, ira contre l’autorité. Dresde se révèle comme un monde qui semble appartenir au passé. On découvre  le vrai visage de la RDA : les contrôles, la peur de la stasi, l'envie et l'appréhension envers l'ouest. Mais par moments, j’ai eu l’impression de piétiner  dans ces presque mille pages. En même temps, est-il possible d’éviter des longueurs sur un tel roman ( pour Christian " les vrais romans commençaient à cinq cents pages. C'est avec cinq cent pages que débutait l'océan : en dessous, c'était du cabotage en eau douce") ?  Mais, je pense que  j’aurais d'avantage apprécié cette lecture si elle avait comporté trois cents pages de moins...  

Ce roman dont la construction est remarquable avec une galerie de personnages époustouflante est une immersion totale dans une bulle privilégiée de la RDV sur le point de s’éclater. Un livre dont on sort à la fois fasciné et effrayé! Et l'écriture d'Uwe Tellkamp est à découvrir! 


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