lundi 8 octobre 2012

Claude Arnaud - Qu'as-tu fais de tes frères ?


Editeur : Le livre de poche - Date de parution : Août 2012 - 377 pages et un très beau témoignage !  

Claude Arnaud est issu d’un milieu bourgeois.  Ses frères aînés Pierre et Philippe sont brillants et se destinent à de  hautes études. Leur père est un homme rigide et  autoritaire tandis que leur mère est douce et compréhensive.  Claude et ses frères passent les étés  en Corse dans la famille maternelle.  Loin des conventions et  des étiquettes.  Mai 68 se profile et Claude âgé de douze ans  se précipite dans cette brèche de liberté. Se découvrir, se rebeller contre le modèle du père et celui d’une France sur la sellette. 

Dans ce récit autobiographique, Claude Arnaud  nous raconte comment il a vécu les évènements de Mai 68 et  l’implosion de sa famille. Hubert Arnaud avait sûrement planifié le destin de ses quatre fils : Pierre, Philippe, Claude et Jérôme le petit dernier.  Claude admire ses deux aînés, brillants et intelligents. En Mai 68, Claude âgé de seulement de douze ans  rejoint les mouvements protestataires. Il hurle des slogans, distribue des tracts et  s’insurge. Son père tente de rétablir l’ordre tant bien que mal alors que sa mère tombe gravement malade. Les aînés découvrent eux-aussi cette liberté soudaine, cette possibilité de vivre comme bon leur semble. Claude devient Arnulf rangeant  au placard l’autorité d’un père. Sexualité, drogues, politique.. Claude touche à tout. Sans aucune limite. Il  évolue comme un électron libre, avide et ayant la vie devant lui. La famille n’en est plus une. Le cancer a emporté sa mère, Pierre devenu un clochard s’est isolé dans une bulle de folie et  Philippe est parti à l’étranger sans but précis.

Avec une écriture directe et sans fioriture, Claude Arnaud nous fait revivre tout ce qui a été semé dans le sillage d'une époque. On y trouve la fougue de la jeunesse, le non d’une France, la liberté proclamée et déclinée. Avec recul et honnêteté, il  revient sur sa vie et celle de ses frères. Frères de sang ou d’une génération avec des combats pour des idéaux et des espoirs. Un très beau témoignage où la sincérité est vibrante ! 

Ma génération s'est pensée en bloc, il n'y avait de place que pour les collectifs, les communes et les groupes.  La solidarité était censée faire taire les intérêts privés, l'ambition, la jalousie. Qui aurait osé dire que le nuage stupéfiant où nous vivions n'était pas la "vraie vie"?

Le billet de Mango
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