mardi 2 avril 2013

Dorothée Werner - A la santé du feu


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Janvier 2013 - 316 pages à vif !

Après avoir combattu et gagné contre la maladie, l'auteure passe un examen. Le résultat demande des analyses poussées et quarante jours d'attente. Des analyses qui seront un couperet. Au jeu pile ou face, elle gagne soit de retour la maladie soit la tranquillité. Elle a décidé de consigner ces quarante jours d'attente dans un journal. Une éternité où sa vie se joue. Reprendre le chemin d'une guerre qui sera encore plus dure, plus féroce ou alors être un soldat exempté. Tromper l'éternité de l'attente avec la rage et l'espoir à fleur de peau, supporter les remarques maladroites d'un entourage et comme il n'y à plus rien à perdre, se tourner vers des médecines dites parallèles. Grand reporter, Dorothée Werner plonge dans ses souvenirs et la question légitime "pourquoi moi?" est là. Brûlante, douloureuse. Pour rompre l'attente, la légèreté et l'humour s'invitent.

Je ne suis pas très fan des phrases où des mots anglophones viennent se glisser mais ici j'ai compris qu'ils représentaient la bouffée d'espoir de l'auteure. Dans ce livre écrit à vif, l'urgence se ressent et quelquefois j'ai eu l'impression de me perdre un peu dans le dédale de ses réflexions. Mais justement  s'immerger permet de revenir à l'essentiel dans des moments où la pression est forte. Insoutenable. Et  me suis retrouvée par fragments dans ce livre où l'intime de l'auteur a été un miroir tendu. Des passages poignants, si justes comme écrits sur le fil du rasoir qui transmettent des paquets d'émotions !

Et tant pis si ce livre n'est pas parfait car à mes yeux, il exprime le combat, la rage et l'espoir contre la maladie. Un livre hérisson qui est comme une claque tant il y a de passages qui prennent aux tripes ! 

Comment vivre désormais ? Dans les conditions ordinaires, ce n'était pas déjà gagné, mais là coincée sous la semelle d'un tel compte à rebours, un flingue braqué sur la tempe ? Comment passer ne serait-ce qu'une heure  à avoir l'air normale, dans la vie normale, autour de gens normaux si tant que ça existe, si on exclut que nous somme tous cinglés et assoiffés d'amour, comment continuer sous la menace du pire ? 



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