lundi 8 avril 2013

Kevin Powers - Yellow birds


Éditeur : Stock - Traduit de l'anglais (Etats-unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson - Date de parution : Février 2013 - 248 pages et un très grand livre ! 

Dès le camp d'entraînement, Bartle vingt et un ans  est devenu copain avec Muphy âgé de dix-huit ans. Le sergent Sterling a recommandé à Bartle de veiller sur lui comme la mère de Murphy à qui il fait la promesse que son fils rentrera sain et sauf. Au bout de presque deux années années passées Irak à Al Tafar, le soldat Bartle rentre chez lui. Direction Richmond et la maison de sa mère. Murphy et le sergent Sterling sont morts. Engagé volontaire dans cette "sale petite guerre", il voudrait retrouver une vie normale mais comment. Aux yeux des autres, c'est un soldat  respecté comme tout  ceux revenus d'Irak mais ils ignorent ce que Bartle a vécu là-bas. Et surtout comment c'est dur d'oublier.

Rien n'est épargné au lecteur qui est transporté aux cotés du soldat Bartle. La peur trompée ou dissimulée par l'humour, la solidarité mais aussi ce détachement froid. Car en Irak pour ne pas craquer, il faut tenir ses distances avec la mort qui est une composante de la guerre.
La construction alterne les souvenirs d'Irak et la vie après le retour aux Etats-Unis, on assiste impuissant à la métamorphose de Bartle. Le jeune homme engagé pensait devenir "un homme" en participant à cette guerre. Il  en est revenu complètement dévasté. Comme ayant perdu le mode d'emploi de la vie et avec le poids de la culpabilité. On ne découvre que dans les dernières pages les circonstances de la mort de Murphy.  La suite comme l'ensemble du livre marque les esprits de façon indélébile.

Le lecteur est  le soldat Bartle  grâce à une écriture qui fait appel à tous les sens. La brutalité côtoie un lyrisme dans ce roman puissant, direct et sans concession. 
Kevin Powers a lui-même participé à cette guerre et nous offre un très grand livre sans fioriture ! A lire absolument! 
Je n'ai pas lu ce livre,  je l'ai ressenti.

J'étais devenu une espèce d’infirme.  Ils étaient  mes amis, n'est ce pas? Pourquoi ne pouvais-je  tout simplement pas nager à leur rencontre. Qu'est ce que je  leur dirais ,"Hé, comment ça va? " s’exclameraient-ils en me voyant. Et je répondrais, "J'ai l'impression que quelque chose me bouffe de l'intérieur et je ne peux rien dire à personne parce que tout le monde est si reconnaissant envers moi ; je me sentirais trop ingrat si je me  plaignais de quoi que ce soit". Ou un truc du genre, "Je ne mérite la gratitude de personne, et en vérité les gens  devraient me détester à cause de ce que j'ai fait, mais tout le monde s'en fout de ce que j'ai fait, mais le tout le monde m'adore et ça me rend fou".

Ce livre fait partie  de la sélection d'avril du prix Relay des Voyageurs





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