lundi 7 novembre 2016

Dermot Bolger - Ensemble séparés

Éditeur : Joëlle Losfeld Editions - Traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas - Date de parution : Août 2016 - 367 pages prenantes.

Nous sommes en 2007 dans une banlieue devenue très en vue de Dublin, Alice et Chris y habitent depuis longtemps dans une petite maison. Parce qu’Alice ne supporte plus d’y vivre, son mari tente d’acheter ailleurs mais les prix ne font que grimper car l’Irlande est à son tour gagnée par la frénésie spéculative de l’immobilier. Si Chris aime toujours sa femme, Alice s’est détachée de lui et s’est enfermée dans une bulle dépressive. Leur voisin Ronan propose à Chris de s’associer avec lui dans une affaire immobilière incluant les deux jardins mitoyens. Affaire qui selon lui permettrait à Chris de réaliser le rêve de sa femme et de sauver ainsi son couple.

Trois personnages et des tempéraments différents. Chris très influençable et assez crédule, Alice assez froide voire dure envers son mari et qui voit dans un changement de lieu la possibilité de tourner une page sur un drame dont elle responsable. Et enfin Ronan manipulateur aux dents longues, peu scrupuleux et avide d’argent, divorcé et remarié à une femme philippine plus jeune que lui. Chris va accepter l’offre d’association immobilière de Ronan mais un ouvrier clandestin employé illégalement (comme tous les autres) meurt sur le chantier.
S'étendant sur des tranches durant deux ans,  la fièvre de l’argent dans cette Irlande contemporaine et ses conséquences sont très bien décrites tout comme les conditions des immigrants et des immigrés, l’introspection du couple, le poids ou la place de la famille. J'ai trouvé très intéressant le personnage d’Alice : sa complexité, ce qu’elle a vécu (elle qui aura tenté de s’installer au Canada, fille unique qui a beaucoup sacrifié pour ses parents) et comment à cinquante ans elle regarde l’avenir.
L'auteur manie l’ironie, la causticité et n’est pas tendre avec ses personnages.
Malgré deux bémols (la naïveté de Chris a eu tendance à m’agacer et quelques longueurs), ce roman dont la construction fait la part belle à la psychologie est prenant ! 

Alice gardait de ses parents l'image ineffaçable d'une femme et d'un homme qui se tenaient la main, stoïques - elle allongée et lui ainsi assis-, attendant la mort aussi tranquillement qu'ils auraient attendu le bus 46A pour aller au Gaiety voir Maureen Potter.

Lu de cet auteur : Une seconde vie

7 commentaires:

keisha a dit…

Mais franchement, quelle couverture!!!!

Clara Et les mots a dit…

@ Keisha: oui mais à la lecture elle prend toute sa signification.

Kathel a dit…

Tentant... je crois avoir déjà lu l'auteur, mais je m'embrouille un peu dans les irlandais ! (Babelio me dit que j'ai lu "Une seconde vie")

Aifelle a dit…

Ils en parlaient justement cette semaine dans Télérama. J'ai noté de lire l'auteur de toute façon, il a souvent de bons échos.

Clara Et les mots a dit…

@ Kathel : mais tu lis beaucoup d'auteurs irlandais:).

@ Aifelle : je vais lire l'article alors, merci Aifelle !

Violette a dit…

Bizarrement, je ne suis que moyennement tentée, ... serait-ce dû à cette PAL si effrontément obèse? :)

Clara Et les mots a dit…

@ Violette : obèse? :))) Fichtre !!!

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