lundi 11 février 2013

Claire-Lise Marguier - Les noces clandestines


Éditeur : Éditions du Rouergue - Date de parution : Février 2013 - 121 pages dont on en sort pas indemne !

Il sait que Bonne-maman connaît ses dernières semaines. Pendant ce temps, il aménage une chambre au sous-sol. Une pièce cachée. Ce professeur d’histoire célibataire vit depuis toujours avec sa grand-mère qui l’a élevé. Après la mort de Bonne-maman, il devient obsédé par l’idée que la chambre rouge soit occupée. Seule une personne digne peut l’habiter, une personne parfaite à ses yeux. Quelqu’un vers qui il pourrait porter une adoration. Ses recherches sont vaines jusqu’à ce que le hasard s’en mêle. Il remarque un adolescent vivant dans la rue et sous prétexte d’un repas, il invite Joël. Le jeune garçon drogué le premier soir se réveille le lendemain dans la chambre rouge. Durant son sommeil, il a été lavé avec soin, contemplé avec un regard de dévotion. A son réveil, il ne cherche pas à s’enfuir.

Ce livre n’est pas un énième récit sur un kidnapping. Ici, les rôles de victime et de bourreau se superposent, s’inversent dans une ambiance de dévotion et de malaise quasi-palpable. On est spectateur de ce huit-clos étrange. Sur ses gardes, Joël accepte cette vie cloisonnée et joue le jeu. A travers les rites installés où le mystique a sa place, chacun trouve ce qu'il attend. L'adolescent demande des punitions, l'adulte lui en donne en y prenant du plaisir. De quelle faute veut-il s'expier ?  Presque pas de mots entre ces deux personnages, tout est dans les gestes et les regards.  La folie jouxte la quête de la perfection et la relation de domination glisse, permute.

Dès le départ, Claire-Lise Marguier installe une ambiance troublante. On se tient sur le fil du rasoir bousculé par des sentiments dérangeants, contradictoires. Avec une écriture classique, riche et aux accents poétiques, on se retrouve piégé dans la toile d’araignée qu’elle tisse. L’ambiguïté de cet amour porté comme un sacre est dévoilée sous toutes ses facettes tandis que  la personnalité de l'adolescent énigmatique aux allures candides se dessine. Parce que l'envoûtement et la fascination  ne peuvent pas être que lumière, la fin en sera d'autant plus sombre.

Je n'étais pas sortie indemne de Le faire ou mourir, ça a été le cas ici également. 
Une lecture qui agit comme un uppercut, vous êtes prévenus !

Chaque jour, la beauté de Joël m'éblouissait comme si je la découvrais. Joël était un ravissement  de tous les instants ; il donnait un sens à l'existence des autres.



18 commentaires:

Adalana a dit…

J'ai absolument adoré Le faire ou mourir donc je vais me jeter sur celui-ci sans hésitation vu ton avis plus qu'enthousiaste !

luocine a dit…

hum! je comprends ta gêne mais tu donnes aussi envie de lire
je ne crois pas que je vais aller vers ce livre il me fait un peu peur
Luocine

Philisine Cave a dit…

Hum hum, le syndrome de Stockholm. À te lire, j'ai éprouvé le même sentiment avec Room d'Emma Donoghue (au moins au début de l'histoire). Là, pour l'instant, je bloque.

Jérôme a dit…

Ce sujet ne me tente vraiment pas. Tu as pourtant l'air d'avoir apprécié.

Theoma a dit…

évidemment, je veux !!

Alex Mot-à-Mots a dit…

Comme Theoma..... A croire qu'on aime se faire mal.

Irrégulière a dit…

ça m'a l'air très anxiogène, comme roman...

Clara a dit…

@ Adalana : il s'agit de son premier roman pour adultes !

@ Luocine : il s'en dégage quelque chose chose de magnétique...impossible de le poser même si j'avais le souffle coupé.

@ Philisine : attention, ce livre ne ressemble pas à Room !

@ Jérôme : oui ! et tout le talent de Marie-Claire Marguier est de nous plonger dans cette relation à la fois déroutante, étrange d'où s'élève une beauté triste !

@ Theoma : je me disais bien :)!

@ Alex : je me suis prise une claque ( et oui, et le pire est comme tu le dis...)

@ Irrégulière : j'entendais ma propre respiration lors de ma lecture. Et je n'ai pas vu la fin se profiler...

sylire a dit…

Toujours pas lu le précédent, donc maintenant c'est 2 de l'auteur que je dois lire !

Gwenaelle a dit…

Le sujet me laisse perplexe... On n'en finira jamais de sonder l'imaginaire infini des auteurs et c'est un peu comme jeter une pierre dans un puits : pas sûr de l'entendre toucher le fond... ;-)

DeL a dit…

"Le faire ou mourir" est toujours dans ma PAL, mais je note quand même celui-ci :)

Cristie a dit…

Je crois que je vais commencer par : "Le faire ou mourir". Là, le sujet me gène un peu !

bladelor a dit…

Et bien c'est noté ! Lecture coup de poing, c'est pour moi ! Et comme j'ai eu un énorme coup de coeur pour Le faire ou mourir, je me dois de le lire, c'est une évidence !!!

In Cold Blog a dit…

Malgré le sujet "scabreux", C-L Marguier s'en tire comme un chef. Elle joue avec brio sur l'ambiguïté, la fascination... N'est pas forcément dominé celui qu'on croit. Très fort !

Philisine Cave a dit…

J'ai bien entendu, ma Clara, mais je voulais parler du sentiment de malaise (comme celui ressenti au début de Room).

antigone a dit…

Ah là là, ça me fait peur cette histoire, c'est sûrement bien fait mais je passe...

Clara a dit…

@ Sylire : il sont différents !

@ Gwen : l'imaginaire se tient, je ee rassure!

@ DeL : le faire ou mourir est superbe et si terrible !

@ Cristie : je comprends que le sujet puisse mettre mal l'aise.

@ Bladelor : elle frappe encore très fort !

@ In Cold Blog : tu as tout compris !

@ Philisine : d'accord, pardon du malentendu...

@ Antigone : tu y viendras peut-être un jour. De ce thème pas facile, un chant étrange d'amour et de tristesse s'élève...

Clara a dit…

@ Sylire : il sont différents !

@ Gwen : l'imaginaire se tient, je ee rassure!

@ DeL : le faire ou mourir est superbe et si terrible !

@ Cristie : je comprends que le sujet puisse mettre mal l'aise.

@ Bladelor : elle frappe encore très fort !

@ In Cold Blog : tu as tout compris !

@ Philisine : d'accord, pardon du malentendu...

@ Antigone : tu y viendras peut-être un jour. De ce thème pas facile, un chant étrange d'amour et de tristesse s'élève...

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