mercredi 17 février 2016

Elsa Flageul - Les mijaurées

Editeur : Julliard - Date de parution : Février 2016 - 228 pages qui m'ont plus que touchée...

Clara et Lucile se sont connues au collège. D'abord le hasard puis elles ont appris à se connaître. Complémentaires, elles se trouvent des points communs et la complicité s’instaure unique et exclusive. Elle sont deux et elles sont une. Elles n’ont pas de secret l’une pour l’autre. Inséparables, et on se promet de l’être toujours. Euphorie de l’amitié, d’être sœurs de cœur pour la vie.
Avec elles, on redécouvre les années 80- 90 et l’adolescence. Les vacances partagées, les petites jalousies vite oubliées, les premiers émois amoureux.
La vie adulte est quelques mètres mais Clara et Lucile ne vont pas briser ce fil précieux. Malgré les coups durs de la vie et ses aléas, dans les bons ou les mauvais moments, elles seront toujours l’une là pour l’autre. Adultes, elles ne sont plus les gamines insouciantes et même si quelquefois la maladresse, la peur de blesser l’autre apparaissent, leur amitié est la plus forte.

C’est une histoire au fil des années qui nous rappelle des faits inscrits dans notre mémoire universelle. Mais aussi et surtout toutes ces petits choses, futiles, importantes, nécessaires qui nourrissent, cimentent la plus profonde des amitiés. Quelquefois, les routes prennent des chemins opposés. On s’éloigne, on promet de se voir, sauf que le temps passe, on oublie celle qui fut toujours présente à nos côtés. D’autre demeurent ou naissent et on les chérit avec amour.

Elsa Flageul nous tend un miroir. On s’y retrouve alors forcément les émotions sincères jaillissent ( avec des regrets, des blessures ou du bonheur). Et on a envie de dire à celles qui nous sont chères, indispensables, à quel point elles comptent pour nous. Dès les premières pages, j’ai retrouvé le style d’Elsa Flageul qui m’avait conquise avec Les araignées du soir.
Une écriture à part portée par un vrai souffle où les phrases s’étirent, font des cabrioles et accrochent la rétine, l’esprit et le cœur.
Pas de guimauve et un roman qui résonne longtemps une fois terminé !

Il y a tant d’errances dans une vie, tant de chemins rebroussés, tant de routes abandonnées et d’autres prises presque par hasard, par accident dirait-on mais justement les accidents mes amis, les échappées, les embardées qui font virer de bord et prendre des chemins de traverse qui se révèlent être des routes, il y a tant de moments d’égarement dans une vie qui ne sont pas des faiblesses non mais des respirations, des ponctuations. 

Avec le temps, nous avions appris à nous méfier donc de nos embrasement estivaux et attendons patiemment notre retour, étonnées et ébahies tout de même par la puissance du fantasme, cette capacité infinie du cœur et de l'esprit à vous faire croire n'importe quoi. 

La pudeur est la politesse des timides.

Les billets de Charlotte, Sabine
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...