jeudi 8 avril 2010

Erri De Luca - Trois chevaux



Le narrateur est revenu dans son pays natal : l’Italie. Il a fui l’Argentine où il avait suivi par amour une femme. La dictature lui a pris son amour, elle qui « a vécu pour lui, qui est morte pour offrir des yeux aux poissons ». Il a erré, s’est caché, lui qui n’était plus qu’un corps en fuite et en furie. Cet homme meurtri dans son âme aime s’échapper par la lecture et travaille comme jardinier. Il s’éprend de Laila qui vend son corps contre des rendez-vous avec des hommes. Il n’aime pas parler de son passé, mais quand il raconte, il court derrières ses mots, impuissant. Alors, il dévoile par lambeaux, par bribes cette existence et cet ailleurs, l’amour et l’amitié.
Je ne sais pas par où commencer…
Des tournures délicates, fortes ou fragiles qui dégagent de la grâce et une poésie ensorcelante. Chaque phrase m’a estomaquée par sa puissance. J’avais commencé à relever des passages mais mon carnet se noircissait à chaque page tournée. L’histoire est magnifique, intemporelle et portée par un style pur, ciselé à l’extrême.
On se laisse imprégner par ce texte magistral, inclassable. On le savoure sans se précipiter en prenant son temps pour que les mots dégagent toute leur puissance. C’est une lecture merveilleusement belle qui m’a ébahie et transportée. Et, je l’ai terminé comme dans un état second…
Un très, très gros coup de cœur ! A lire et à délecter absolument !

Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marques par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d’un livre peut appartenir à plusieurs vies.

Un arbre ressemble à un peuple, plus qu’à une personne. Il s’implante avec effort, il s’enracine en secret. S’il résiste, alors commencent les générations de feuilles.
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