samedi 1 juin 2013

Fatou Diome à Brest

"Franco-sénégalaise, mes ailes de pélican demandent toujours plus d'espace."

Fatou Diome  est une habituée de Dialogues et il y a une semaine, elle est venue parler de son dernier livre Impossible de grandir. J'ai eu la chance de pouvoir discuter avec elle en tête à tête et j'en ai profité pour lui poser quelques questions.

De tous vos romans, Impossible de grandir est  le plus intimiste ?
Oui et bizarrement le plus ouvert aussi.

Dans Sallie, il y a beaucoup de Fatou ?
Oui et beaucoup de Sallie dans Fatou  !  La petite c'est mon double enfant avec sa naïveté, ses  révoltes intègres qui pense que le monde peut être autrement.

Est-ce un roman cathartique ?
Non car j'avais pris beaucoup de distance avec mon enfance et  j'étais apaisée pour pouvoir l'écrire  car quand on est dans la colère ou  dans l'amertume, il n'en ressort que du noir.
Ce livre j'aurais pu l'écrire  avant Le ventre de l'Atlantique mais je ne me  sentais pas prête pour  ce travail d'écriture ni dans le bon état d'esprit.

Dans ce livre comme  dans vos autres romans, vous parlez des droits des femmes, des dysfonctionnements et des incohérences de la société. Est-ce un simple constat ou peut-on dire que vous êtes une auteure engagée ?
Je n'ose pas m'attribuer la mot "engagée" car je trouve que ça ne serait pas modeste mais si mes lecteurs ou mes lectrices trouvent que je porte bien une cause, alors c'est tant mieux ! Je dis  les choses comme elles sont car la réalité est comme elle l'est.

Vous m'aviez dit que quand vous aviez terminé un roman vous étiez déjà à l'écriture du suivant ?
Et  c'est toujours le cas !

On sent une exigence littéraire supplémentaire dans ce roman.
Pour que ce roman ne soit pas une tragédie glauque, j'y ai ajouté plus de créativité poétique. La réflexion philosophie, la poésie permettent d'atténuer les drames.

Vous trouvez qu'il y a un manque de communication entre les gens?
Les gens aiment qu'on aille bien  et quand on va mal, ils préfèrent s'éloigner ou partir.  Il y a des cases dans lesquelles il faudrait rentrer, les moules de circonstance, les masques de cire qui cachent les blessures mais qui ne les guérissent pas. Il y a plus de solitude, moins d'écoute et la  communication manque...

Puis, la rencontre au café de Dialogues a été merveilleuse et magique ! Fatou Diome captive son auditoire avec humour et intelligence et quand on entend des personne lui  dirent "je viens à chaque fois vous écouter et c'est toujours un bonheur, vous êtes un rayon de soleil",  je crois que c'est une des plus belles récompenses pour un auteur.
Fatou Diome avant d'être une écrivain est une personne d'une humanité incroyable,  sincère et généreuse... Et parler avec elle, l'écouter est un enrichissement ! 

Son interview sera bientôt disponible sur le site de Dialogues.

Un grand, grand  merci à Fatou Diome, à l'équipe de Dialogues et à Gilles Paris !

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