jeudi 23 décembre 2010

Annie Ernaux - Les années

Éditeur : Gallimard - Date de parution : 14/01/2010 - 254 pages

Extrait de la quatrième de couverture :Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.
Je crois que cet extrait de la quatrième de couverture résume on ne peut mieux ce livre. Et quel livre ! A partir d’une première photo sépia qui représente un bébé en 1941 à  des photos de famille qui jalonnent sa vie, Annie Ernaux nous livre une chronique sociale et culturelle de notre pays. La facilité  aurait été de s’en tenir  à des faits historiques et  politiques. Elle va beaucoup plus loin étayant ce récit d’une multitude de détails. La France après guerre, les classes moyennes, le changement des mentalités, la soif de consommation et surtout la place de la femme. Des femmes ayant accès aux études, qui travaillent et qui ont des enfants mais aussi le droit à l’avortement. Son parcours n’est plus personnel, le « je » s’efface et fait place  à  « on », « nous ».  Une narration représentant le chemin de  femmes et  d’une génération.  L’histoire personnelle de l’auteure se glisse à travers les années.  Cette lecture ouvre les portes de notre mémoire et des souvenirs que je croyais oubliés ont surgi… L’écriture percute, on revit  tous ces changements si nombreux effectués en quelques dizaines d’années.
Une fois de plus et bien qu’en étant plus jeune qu’Annie Ernaux, je me suis retrouvée dans ce livre sur bien des points. Un livre indispensable qui m’a fait vibrer … Je pense que ce livre s’adresse à tout le monde car  il s’agit d’une autobiographie collective.
Le progrès était dans l’horizon des existences. Il signifiait le bien-être, la santé des enfants, le savoir, tout ce qui tournait le dos aux choses noires de la campagne et à la guerre. Il était dans le plastique et le Formica, les antibiotiques et les indemnités de la sécurité sociale, l’eau courante sur l’évier et le tout- à-l’égout, les colonies de vacances, la continuation des études et l’atome. Il faut être de son temps, disait-on à l’envi, comme une preuve d’intelligence et d’ouverture d’esprit.
Merci à Canel qui m’a offert ce livre, il y a bien des mois. J’ai attendu de le lire mais j’ai profité de chaque mot de ce livre….. et un de moins dans ma PAL ! Alors qu'est ce qu'on dit Antigone?
De nombreux avis chez l'ami BOB

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