samedi 12 février 2011

Fabienne Juhel - Les hommes sirènes

Éditeur : Rouergue - Date de parution : 08/01/2011 - 300 pages sublimes et d'une puissance incroyable...

Antoine, la quarantaine, apprend qu’il a un problème cardiaque. "Un caillou, un scrupule, un caillot, un remords, au choix... ". Une inscription sur une palissade  "Défense de déposer des ordures" et il laisse sa femme Maryse, son fils et  son ami Brian. Il part, il marche vers la mer qu’il veut voir. Lui, L’Homme aux origines indiennes, cherche  à comprendre son enfance pour se découvrir lui-même.
Comment parler de ce livre ? Je suis ressortie éblouie, ébranlée, stupéfaite et conquise ! Eblouie car dans  ce livre, Fabienne Juhel crée un univers à part. Un monde bien réel mais où les rebouteux à moitié sorciers, les loups et  une maison aux 113 fenêtres ont leur place. Elle nous plonge dans cet univers où L’Homme, Antoine, a grandi. Une enfance qui se dévoile peu à peu étrange, mystérieuse.  Des parents adoptifs qu’il appelle les Ténébreux, les Alpha. Eli et Eve Eckert  un couple aux  attitudes surprenantes, malsaines. Frère et sœur, ils portent en eux les traces indélébiles des camps d’extermination. De ce passé, ils entretiennent  une relation singulière avec la mort et portent un regard froid, sordide sur la condition des hommes.  Une enfance conditionnée sèche, aride qui sèmera le trouble  au plus profond d’Antoine. Auprès d’Eugénie la cuisinière, il trouvera de l’amour. Du vrai. Poète sans renommée, le déclic de partir  lui vient  en lisant des lettres peintes aux abord d'un chantier. Antoine disparait pour laisser place à Abhra, son vrai prénom qui signifie "nuage" :
 "Prêt à récupérer son nom d’Indien, à se laisser pousser les cheveux et à mesurer le monde sous sa semelle. Nuage pour mieux se fondre dans le paysage. Oui, il est prêt à prendre le pouls de la Terre, à en capter les vibrations. A voler de ses propres ailes, avec ce qui lui reste de cœur et de courage, jusqu’à la première mer qui voudra bien le coucher sous son édredon d’écume". L’homme marche, part sur les chemins pour se reconstruire, se nourrir de ses racines. 
J’ai été bousculée par la noirceur qui côtoie le lumineux, la beauté et la pureté.  Ce livre est hypnotique, l’écriture de Fabienne Juhel est stupéfiante. Elle arrive à marier la poésie,  l’âpreté des mots, la délicatesse pour en faire une écriture qui nous enveloppe, qui nous berce ou nous chavire. L’histoire, la quête d’Antoine pour s’approprier son identité d'Abhra  et se trouver m’a interpellée, conquise…
Il s’agit d’une lecture magnifique, aux accents atypiques, puissante. C’est tout simplement sublime… Un gros coup de cœur ! Un livre dont on ne sort pas indemne...

Le billet de Pascale.
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