jeudi 16 février 2012

Christel Diehl - Enola game


Éditeur : Editions dialogues - Date de parution : Février 2012 - 118 pages bouleversantes!

Une mère et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison depuis une catastrophe. Les ordres donnés par une patrouille sont clairs : rester chez soi, ne pas s‘aventurer à l’extérieur. Les moyens de communication et l’électricité sont coupés. Sans aucune nouvelle de son compagnon et de sa fille aînée, la jeune femme lutte contre l'angoisse grandissante.

Dans un décor apocalyptique où l'on ne sait pas ce qui s'est passé, cette mère a décidé de nommer le jour de la catastrophe Enola Game. En proie à de nombreuses questions, il lui faut occuper sa fille de quatre ans, établir un rythme au cours de ces journées longues et semblables les unes aux autres. Régulièrement, un char sillonne les rues en déposant devant les portes quelques vivres. Tiraillée par la peur, elle écrit. Puise dans ses souvenirs et ses anciennes lectures pour compenser l’inacceptable. Au fil des semaines, la situation prend un tournant alarmant. Des bandes pillent des maisons, la nourriture manque. La jeune femme repense à sa vie, trie le superflu du nécessaire et tente malgré tout pour sa fille, de faire comme si tout cela n'était qu'un jeu. Mais combien de joueurs sont-ils ? Et l'espoir que la fin de la partie permette un retour à la vie d'avant s'amenuise.

Dans ce premier roman à l’écriture où les mots résonnent d’angoisse et  des jours heureux, Christel Diehl nous interroge sur "ce qui reste quand il ne reste rien". Dès les premières lignes, l’ambiance saisit à la gorge et la tension va en crescendo. 
Entre l'amour omniprésent et  le rêve d'un avenir radieux qui s'éloigne, l’étau se resserre autour du lecteur.
La fin inéluctable est un au coup de poing (vous êtes prévenus) et j’ai reposé ce livre bouleversée.

Sur des thèmes déjà exploités, l’écriture  aux mots choisis, pesés donne une dimension très forte où la réflexion s’invite. J’ai relu des passages rien que pour le plaisir  ! A lire absolument!

Elle s'aperçoit qu' Enola Game revêt maintenant deux sens dans sa sémantique intime. Elle a d'abord choisi ces mots pour pour désigner un repère chronologique, et petit à petit, Enola Game est devenue l'ère qu'elle a inaugurée. Enola Game comme une pâte de temps qui s'étire depuis le premier jour, invasive et informe, constituée de molécules dont on ne connaît pas le degré de nocivité. Intuitivement, elle a choisi le gendre féminin. Le même que celui du mot tumeur, qui peut comme chacun sait être bénigne ou faire la maligne.

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