jeudi 15 mars 2012

Dany Laferrière - Chronique de la dérive douce


Éditeur : Grasset - Date de parution : Février 2012 - 221 pages attachantes !

En 1976, Dany Laferrière fuit Haïti et sa dictature. Agé de 23 ans, il arrive à Montréal. Sous forme de sonnets, il nous raconte l'exil et son entrée dans une nouvelle vie.

J'ai vingt-trois ans aujourd'hui
et je ne demande rien à la vie,
sinon qu'elle fasse son boulot. 
J'ai quitté Port-au-Prince parce
qu'un de mes amis a été trouvé
sur une plage la tête fracassée
et qu'un autre croupit dans une
cellule souterraine. Nous sommes
tous les trois nés la même année, 1953. 
Bilan : un mort, un en prison
et le dernier en fuite.

De cet auteur, je n'ai lu que Le charme des après-midi sans fin et Tout bouge autour de moi. Avec ce livre, je découvre une nouvelle facette de l'écriture de Dany Laferrière. Cet exil à Montréal  a façonné l'homme et l'auteur. Il connaît à son arrivée la soupe populaire avant de trouver un travail à l'usine.
A Montréal, il trouve la solidarité entre immigrants mais il y a également la peur, la pauvreté. L'alcool, les femmes et la  littérature l'aident à affronter tous ces changements.
Avec un regard franc et audacieux, ce roman initiatique m'a rappelé par le fond et la forme  l'amour est un chien de l'enfer de Charles Bukowsky. Ici, le ton est différent mais il y a cette même volonté d'aboutir à son rêve. Celui de venir écrivain.

Ce n'est pas toujours simple
pour celui qui vient d'un pays d'été 
où tout le monde est noir 
de se réveiller dans un pays d'hiver 
où tout le monde est blanc. 
Certains jours, on ne voit les choses 
qu'en noir et blanc.

J'aime la sincérité de cet auteur ! Et j'ai été particulièrement touchée par ces textes non dénués de poésie et d'humour. 

Le billet de Jérôme
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