Avoir un corps ou la
vie d'une femme à travers différentes étapes qui façonnent, forgent,
modifient le corps. Il y a tout d’abord l'enfance et la prise
de conscience de ce corps à travers des jeux, l’éducation des parents
et sa place dans la famille. A treize ans alors qu’elle se prépare un
sandwich, sa mère lui dit qu’elle espère qu’elle ne va pas manger tout ça.
« Cette phrase de ma mère, sa mise en garde brutale me signifie que je
peux décider, maîtriser cette matière-là. C’est le jour où mon corps existe, il
m’appartient. C’est le commencement du tourment, puisque, désormais, je vais y
penser ». La graine est semée et la narratrice se trouve donc forcément pas assez mince. Corps restreint en nourriture et fini de sa passion la gymnastique, la volonté
s'impose, écrasante et avec elle la joie de régner sur ce corps. Puis l’adolescence et le
corps qui se métamorphose, se féminise avec des courbes et des arrondis.
Plaisir de séduire et les premiers émois amoureux qui font vibrer. La fille et
le garçon se voient en cachette, ivresse des sens et des interdits
repoussés plus loin. Mais ce sont aussi les cours de biologie où
les élèves regardent leurs pieds quand il est question des relations
sexuelles entre homme et femme. Sujet mal connu, flou, incertain. Puis,
l’entrée dans la vie active, s'installer en couple « et c’est la
vie domestique qui se tisse à la vie amoureuse », partager le même espace
à deux et les tâches. Le travail qui fait du corps un automate :
gestes répétés des centaines de fois dans la journée. Choisir de devenir
mère avec à nouveau un changement du corps, l’amour pour cet enfant et des
responsabilités. Les premiers pincements au cœur quand elle
laisse Yoto pour aller travailler. Puis sans prévenir le deuil qui fauche
une vie trop tôt, inhibe tout. Des gestes de survie pour s’occuper de Yoto
mais le corps semble sec, aride. Il lui faut réapprendre et ce sont autant de
premières fois.
Il ne faut pas réduire ce livre à un livre sur le corps des femmes car il y a bien plus !
Avec sensibilité, et dans une écriture très sensorielle, sans jamais être grave et avec de l’humour, Brigitte Giraud décrit les liens entre le corps et l'esprit, ces attaches mystérieuses entre ces deux entités ou quelquefois l’un n’obéit pas. Car le corps se rebelle, se révolte ou puise dans sa mémoire.
Un magnifique livre ancré dans l'histoire (je fais partie de cette génération qui enfant n'a pas connu le ceintures de sécurité mais la fumée des paquets de cigarette entiers aux repas de famille ou dans la voiture), roman intime mais tout à la fois social.
Je me suis retrouvée car Brigitte Giraud a vraiment écrit la vie d’une femme à travers le corps et la sphère créée.
J'ai souri, j'ai été émue, j'ai retrouvé des sensations vécues ou une partie de mon adolescence, le corps fatigué du travail des jobs d'été, la joie de donner naissance mais aussi le corps qui devient autre et souffrance.
Il ne faut pas réduire ce livre à un livre sur le corps des femmes car il y a bien plus !
Avec sensibilité, et dans une écriture très sensorielle, sans jamais être grave et avec de l’humour, Brigitte Giraud décrit les liens entre le corps et l'esprit, ces attaches mystérieuses entre ces deux entités ou quelquefois l’un n’obéit pas. Car le corps se rebelle, se révolte ou puise dans sa mémoire.
Un magnifique livre ancré dans l'histoire (je fais partie de cette génération qui enfant n'a pas connu le ceintures de sécurité mais la fumée des paquets de cigarette entiers aux repas de famille ou dans la voiture), roman intime mais tout à la fois social.
Je me suis retrouvée car Brigitte Giraud a vraiment écrit la vie d’une femme à travers le corps et la sphère créée.
J'ai souri, j'ai été émue, j'ai retrouvé des sensations vécues ou une partie de mon adolescence, le corps fatigué du travail des jobs d'été, la joie de donner naissance mais aussi le corps qui devient autre et souffrance.
Ce livre trouvera forcément un ou plusieurs échos chez toutes les lectrices ! Un roman
intemporel qui dans dix ou vingt ans n’aura pas pris une seule ride…
Il paraît que c'est la faute des hormones, du corps qui change.
C'est triste de savoir cela, c'est tellement décevant. Marie-France a des
jambes fines et très blanches, des hanches étroites, des pieds trop longs,
Héléna a des mollets musclés, des épaules larges et de tout petits seins,
Christine a la peau mate et des fesses larges et plates, Françoise a des seins
écrasants et des courbe sinueuses, de la chair qui dépasse du pantalon, Muriel
ressemble à un garçon, sèche et anguleuse, Louisette a la peau blanche parsemée
de grains de beauté, une voix et un décolleté troublants. Si j'étais
un garçon, le corps de Louisette me perturberait.
Lu de la même auteure : Pas d'inquiétude -Une année étrangère

