vendredi 16 janvier 2015

Virginie Despentes - Vernon Subutex

Éditeur : Grasset - Date de parution : Janvier 2015 - 397 pages réussies ! 

Après avoir lu Apocalypse Bébé de Virginie Despentes, j'étais restée sur trop de trash, trop de provocation. Soit avec le nombre des années, il faut plus pour me choquer soit en effet ce nouveau livre de l'auteure est un plus sage.

A vingt ans, Vernon Subutex était disquaire spécialisé dans le rock. Maintenant âgé de cinquante ans, son magasin le Révolver a fermé depuis belle lurette en 2006. Il touche le RSA et un ami Alex Bleach chanteur et ancien fondateur d'un groupe de rock lui paie son loyer. Sauf que ce dernier meurt d'une overdose. Et voilà Vernon à la rue avec quelques affaires dont des vidéos inédites d'Alex. Sans qu'il soit au courant, beaucoup de personnes aimeraient mettre la main sur ces enregistrements.

Il squatte pour une nuit ou plus, à gauche et à droite,  chez des anciens du groupe d'Alex ou chez des ancienne copines ou chez un ami d'une copine. Du transsexuel qui a réussi une reconversion dans le cinéma derrière les manettes, aux copains désormais dont les femmes grincent des dents  en voyant Vernon, des soirées dans le Paris branché saupoudrées de drogue et où l'alcool verse à flots, des lendemains difficiles où il se fait éjecter, des copines hétéros ou non qui veulent coucher avec lui, du gars raciste ou violent avec sa copine, de la fille complètement barrée à l'adolescente  de confession musulmane. Et ce sont autant de personnages qui nous emportent dans des univers différents mais à chaque fois ça sonne juste !
Vernon erre et cherche un toit alors que la toile pour le retrouver se resserre. A l'heure de Facebook, il est traqué sur le Net. Il a laissé les vidéos tant convoitées chez la première fille qui l'a hébergé et n'a plus d'endroit pour dormir.

Il est difficile de situer ce livre : chronique sociale que Virginie Despentes radioscopie avec un soupçon de roman policier. Et peu importe car il est terriblement réussi et il ferre le lecteur ! L'écriture est vive ( avec un peu de trash), déborde d'énergie ou de colère et ce sont autant de réflexions qui interpellent ou qui touchent. On n'a pas le temps de s'ennuyer dans cette comédie humaine actuelle qui dérange à plus d'un titre.  Je l'ai dévoré ! 
Et vivement mars pour la suite !

Lydia n'aime pas s'afficher avec avec des gens qui ne l'épatent pas. Elle ne croit pas plus au confort relationnel qu'à l'avantage des Nike sur les escarpins. Les baskets sont plus confortables et meilleures pour le dos, n'empêche qu'on a toujours plus d'allure sur des stilettos. C'est pareil pour les fréquentations : si ça ne fait pas rêver, vu de l'extérieur, c'est qu'on n'est assise à la bonne table. Là, par exemple, elle est juste madame nobody assise à la table d'anonymes mal sapés. Pas de quoi se sentir valorisée.

Merci Cath !
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