vendredi 8 avril 2011

Sylvie Germain - Le monde sans vous

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Avril 2011 - 129 pages vibrantes et magnifiques...

Comment vous parler de ce livre ? Il s’agit d’un des plus beaux hommages qu’il m’ait été permis de lire. L’année dernière, Sylvie Germain a voyagé à bord du Transsibérien. Un voyage à travers la Sibérie qui l’a mené  jusqu’à Vladivostok. Imprégnée par cette nature, ces terres porteuses d’un passé, variation sibériennes a vu le jour.  Premier récit  intimiste d’une alchimie rare où elle convie des poètes comme Pasternak , Cendrars ou Madestalm et les esprits qui dorment dans  cette terre. Et il s’agit d’une apothéose des mots qui se marie à l’histoire d’une terre, d’un pays. De ce texte où elle parle de sa mère avec sensibilité, l’émotion, la pudeur perlent entre chaque ligne. Eblouie, j’ai lu, j’ai contemplé et  je me suis abreuvée de ce récit respectueux. Respect des  morts qui gisent  dans ces terres, célébrations de ces peuples disparus et de leurs croyances  et de l'hommage porté à sa mère. Tout simplement époustouflant. Dans le second récit Kaléidoscope , elle nous parle de son père. Un homme passionné par les mots, par leur grâce. Fils et petit fils d’horticulteurs des hommes au  service de la beauté de la rose.  Et ce sont autant de mots qui s’ancrent, distillent toute leur magnificence..
Je fais court car la magie et puissance de ce livre sont uniques. A chacun de les apprécier comme il se doit.  Le souffle coupé, je remercie Sylvie Germain de m’avoir fait autant vibrer par la beauté de ce livre. Et surtout ne me secouez pas,  je suis remplie d’émotions et de larmes…
Toi, ma mère, ta chambre funéraire est étroite, sans aucun faste, ton vêtement est simple, et pour tout bijou , tu portes quatre brins de muguet sur la poitrine.
La lyre de l’amoureux n’a pas sa place en Sibérie, et il n’est pas besoin de crécelle du lépreux – le cri aigu d’un aigle striant le ciel, le craquement d’un arbre disloqué par le gel, le grondement des fleuves en  débâcle, l’écho lointain d’un hululement d’esprit ou de loup errant, d’un chant de femme veillant sur les braises du foyer, suffisent. Ce sont le vent, les bêtes, les fleuves et les forêts qui tiennent la lyre et tournent la crécelle.
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