samedi 17 décembre 2011

Paula Fox - Les enfants de la veuve

Éditeur : Joëlle Losfeld - Date de parution : 2010- 216 pages féroces !
 
A la veille de leur départ pour l’Afrique,  Laura et son mari Desmond attendent leurs invités dans une  chambre d’hôtel new-yorkaise. Laura vitupère tandis que Desmond s’enfonce dans les vapeurs d’alcool. Ils attendent Clara, la fille de Laura, Peter Rice un ami éditeur et Carlos le frère de Laura. Si certains individus sont doués dans des domaines, Laura excelle dans l’art de la manipulation. Rien ou plutôt personne n’échappe à ses remarques. Mielleuses pour mieux  se faire assassines, faussement gentilles avant d’être glaciales. 

Avertissement : Attention, âmes sensibles vivant dans un pays où tout le monde s’aime (même si l’on s’approche de  Noël), veuillez-vous abstenir de cette lecture sous peine de grand choc. 
 
Malgré la date de parution de ce livre, que l’on ne s’y trompe pas, Paula Fox n’est pas une nouvelle auteure. Dans ce roman dont l’action se situe dans les années 1950,  Laura domine les quatre autres personnages par sa présence et son imprévisible caractère que tout le monde craint et redoute. Son mari se noie dans l’alcool, son frère Carlos est la  gentillesse même et Peter Rice nourrit envers elle un amour depuis plus de trente ans. Elevée depuis toute petite par sa grand-mère maternelle Alma, Clara est partagée entre admiration et une forme de dégoût pour sa mère. Mais, la jeune femme préfère s’effacer de peur de paraître gauche. Chacun joue son rôle devant Laura et Desmond se saoule. On discute, on demande des nouvelles d'une connaissance commune ou d'Alma. Laura juge tout son petit monde et s’amuse avec une ironie féroce. 
Alors que la  tension devient de plus en plus étouffante dans cette chambre d’hôtel, le départ pour le restaurant pourrait être libérateur. Du moins c’est que l’on souhaiterait pour les invités. Et bien non. Les lendemains de fête sans fard révèlent ou endorment un peu plus la nature de chacun. Surtout quand celle qui orchestre s’est bien gardée d’annoncer une nouvelle familiale...

Avec un tranchant de lame de couteau, Paula Fox décortique, pose un regard sans concession sur les relations mères-fille, analyse les comportements et les vieilles amitiés.  Ca claque ! L’auteure ne nous laisse aucun répit, quitte à frôler un sentiment d'oppression.

En fait, Clara n’avait entendu parler de ce coffre que quelques années plus tard. Elle s’était sentie exaltée à l’idée que son nom avait été noté sut un document authentique par une vieille dame riche qu’elle ne connaissait pas. Et elle était, immédiatement, tombée d’accord avec Eugenio : elle n’aurait probablement  jamais pu mettre ces vieilleries démodées et dignes d’un musée ; elle avait rarement l’occasion de porter de la mousseline. Alors elle  s’était dépêcher d’oublier l’héritage volé, mais il s’était logé quelque part dans ses pensées, grande boîte oblongue à la serrure coincée et au couvercle bloqué par la rouille. La déception fit place, avec les années, au triomphe amer que l’on ressent quelquefois devant le mauvais sort, lorsqu’il s’acharne.

Le billet d'Antigone.
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