samedi 22 septembre 2012

Helene Uri - Trouble


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : 2011 - 360 pages dont on ne sort pas indemne !

Six personnes assistent à l’enterrement de Karsten Wiig dont l’ancien procureur Edvard Frisbakke qui l’a condamné à la prison des années auparavant pour abus sexuels sur ses deux fillettes. 

Karsten et Marianne Wiig est un couple comme tant d’autres mais le temps a œuvré en leur défaveur. Marianne soupçonne son époux d’infidélité par des petits gestes ou des attitudes de tous les jours. Et Karsten finit par avouer. Oui, il l’a déjà trompé et oui, il a une maitresse plus jeune qu'elle Barbara. Se sentant trahie, elle met Karsten à la porte. Une question l'assaille : si son mari a bafoué les règles du mariage, il s’en est peut-être pris à leurs filles Elise âgée de dix ans et Henriette huit ans. La machine judiciaire se met en route quand Marianne  se rend chez le procureur Edvard. Ce dernier a fait des abus sexuel sur mineurs son combat. Au procès, Karsten sera condamné. Vingt ans plus tard, l’enterrement de Karsten les replonge dans leurs propres souvenirs. 

Dès le début de ce livre, nous sommes plongés dans le doute. Est-ce que Marianne a réagi seulement sous le coup de la colère ou a-t-elle vraiment voulu protéger ses filles ? Pourquoi  le procureur Edvard Frisbakke s’est-il autant investi dans les affaires liées aux mineurs abusés ? Les faits racontés  par Elise et Henriette sont-ils à prendre pour argent comptant ? Barbara a t-elle été toujours convaincue de l'innocence de Karsten? Par fragments, chacun revit les évènements du passé et plus ceux plus récents. Après révision de son procès, Karsten sortira de prison blanchi  mais  sa fille Elise refusera de le voir. Le mal est fait et  Karsten est un homme dont la vie a été anéantie. Inceste? Erreur judiciaire? Entre persuasion ou auto-persuasion, rejet ou  scepticisme, la vérité apparaît à la fin du roman.   
Sans tomber dans le voyeurisme, ce livre malmène les avis  hâtifs l'on peut se faire au fil des pages. On avance en équilibre tiraillé par le fait de n'avoir aucune certitude. 
L’auteure creuse et décortique la psychologie de chacun ses personnages et leur évolution.
Le rythme n’est jamais pressant, l’écriture d’Helene Uri enveloppante contraste avec la dureté des thèmes. Un roman sombre, dérangeant, déstabilisant mais tout en pudeur. Une lecture dont on ne sort pas indemne !

Les billets de Cynthia, HélèneLiliba 

 
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