dimanche 2 septembre 2012

Agnès Desarthe - Une partie de chasse


Éditeur : L'Olivier - Date de parution : Août 2012- 153 belles pages !

Pour faire plaisir à sa femme, Tristan accepte de participer à une partie de chasse avec trois hommes du village. Ils ont arrivés depuis peu dans ce village et Emma voit l’occasion de s’intégrer. Tristan s’y rend à contre cœur. Mal à l’aise avec les trois chasseurs à l’humour gras, il essaie tant bien que mal de donner change.  Par mégarde, il tire  sur un lapin qu‘il blesse. Au lieu d’exhiber ce qui pourrait être un trophée, il le cache dans sa gibecière en lui promettant la vie.

Voilà un roman que j’appelle livre à univers. Car Tristan et le lapin échangent des réflexions sur la condition de l’homme et celle de l’anima. Instincts primaire, finalité de la vie que l'on peut ou non modifier et de qu'elle offre. Un animal au début apeuré qui devient le confident du jeune homme. Peu à peu, il se sent en sécurité avec Tristan. Il a compris qu’il était dans un sens différent des autres. Mais un incident survient et Dumestre un des trois chasseurs tombe dans un trou. Blessé, il ne peut pas s’extraire de la cavité.  Tristan s’y glisse pour l’aider tandis que les deux autres partent chercher des secours.  Il se remémore son enfance. A partir de six ans,  il s’est occupé de sa mère et de la maison. Une mère accro aux plaisirs artificiels qui feront de Tristan à seize ans un orphelin. Puis par obligation de son tuteur, il ira à Londres pour apprendre l’anglais. Sa rencontre avec Emma dans un pub changera le cours de son existence. Elle est son grand amour.  L’arrêt de sa scolarité marquant la fin de sa rente, Emma  décide pour eux deux qu’il vaut mieux renter en France où elle a hérité d’une maison dans un petit village.  Alors que Tristan tente de son mieux d’aider Dumestre, une tempête d’une violence inouïe survient brusquement. Les eaux sortent de leurs lits dévastant le village. En guise de protection, Tristan creuse une sorte de terrier. Enfouis dans la terre tels des animaux, il apprend par Dumestre certaines vérités. Il n'éprouve pas de haine, non, et quand enfin le déluge se termine, il est devenu un homme grandi prêt à affronter la vie sans la subir.

Après dans la nuit brune qui avait été une lecture en demi-teinte, je me suis  glissée dans ce très beau roman que j’ai lu en  prenant mon temps. D’ailleurs, on se cale instantanément sur le rythme du livre et la narration par différents personnages nous permet d'entrer dans leurs vies.
L’écriture d’Agnès Desarthe aux accents poétiques se savoure. On se situe dans  un univers où  réalité et fable se chevauchent ou se croisent. La paroi entre le réel et l’irréel est mince et tout devient possible sans que cela ne paraisse étrange. L'auteure mène avec finesse et charme ce roman qui résonne longtemps encore après sa lecture.  

Tristan n'a pas la moindre expérience de ce genre d'évènement, mais c'est comme si une fibre en lui, jusqu'alors restée en sommeil, s'était soudain éveillée, captait les vibrations, les ondulations, les cliquetis, les roulis, les claquements, les grincements. Plus les mains tâtent la terre, plus elles apprennent sur la nature de ce qui va déferler sur eux.

Les billets de Leiloona, Lucie

Un livre de plus pour le challenge d'Herisson08 et de Mimipinson


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