mercredi 12 septembre 2012

Louise Erdrich - Le jeu des ombres


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Août 2012 - 253 pages électrocutantes!

Quand Irene découvre que son mari Gil l’espionne en lisant son journal intime, elle le met à l'abri et débute un nouveau carnet où elle  pouvait écrire des choses visant à le manipuler. Et même à lui faire du mal. Irène veut que Gil parte mais il refuse.  

Ce livre est loin, très loin d’être qu’une simple histoire de séparation d’un couple. Depuis la la naissance de ses trois enfants, Irène a mis entre parenthèses sa vie professionnelle et continue toujours la rédaction de sa thèse sur George Catlin, le peintre des Indiens.Gil est lui-même un peintre renommé et Irène lui sert  de modèle depuis toujours dans des positions provocantes ou  sulfureuses. Irène se sent dépossédée de son image par ces peintures. Tous deux sont de descendance indienne  mais Gil a toujours refusé d’être considéré comme un artiste indien. Leur histoire d’amour est celle d’une passion incandescente, brûlante, destructive et  Irène veut y mettre fin. Gil se montre possessif, jaloux, violent. Les enfants le craignent, entendent les disputes tandis qu’Irène devient dépendante de  l’alcool. Elle veut protéger ses enfants et rendre à Gil le mal qu’il lui a fait. Si Gil est toujours amoureux de sa femme, les sentiments d'Irène vont de l'indifférence en passant par l'affection au rejet. Elle connaît des soubresauts comme si tirer un trait sur son couple était plus dur qu’elle ne le pensait.  Les enfants comprennent ce qui se passe, les aînés  nourrissant  des sentiments d’incompréhension. Ou pire.

Habilement construit, le livre alterne les deux journaux  intimes d’Irène et un récit. On découvre à la fin du roman qui est ce narrateur.  
Louise Erdrich excelle dans ce roman ! Le couple,  la famille, l’amour sous toutes ses facettes sont décrits brillamment avec en filigrane l’histoire des amérindiens et le rôle des origines. 
Riche par la  complexité du rapport de ce couple déchiré, puissant et violent par les sentiments contradictoires, ce livre m’a laissée sans voix. Et la fin est un uppercut !

Après la malédiction des colombes et la chorale des  maîtres bouchers, cette auteure me fascine !

 
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