lundi 14 janvier 2013

Hélène Gestern - La part du feu


Éditeur : Arléa - Date Parution : Janvier 2013 - 219 pages  

Laurence Emmanuel apprend par hasard que Jacques n'est son son père biologique. Il aura fallu plus d'un an pour qu'elle s'intéresse à cette révélation. Sa mère dont la santé décline a toujours eu l'habitude de tout garder. Dans une boîte, elle trouve des lettres écrites par un certain Guillermo Zorgen un militant d'extrême gauche des années 1970. En effectuant des recherches, elle apprend que l'homme et son groupe ont tué. Une question l'obsède : quel est le lien entre ses parent et ce groupe anarchiste?

Dans son premier roman Eux sur la photo, Hélène Gestern affirmait une belle écriture et un goût pour les histoires de famille passées sous silence. Avec ce nouveau roman, elle nous plonge dans une double quête. Celle de la filiation et celle  d'une  France post mai 68 où des groupements politiques, idéologiques voient le jour. Avec une soif de liberté, l'envie de faire bouger la société de l'époque et de renverser les rouages des mécanismes pour une prise de conscience. Mais l'envie peut revêtir le visage de la rage, de la rancoeur et d'actions dangereuses. Quel est le rapport entre ses parents modèles et ce Guillermo anarchiste et terroriste? Laurence est bien décidée à le découvrir.
Alternant habilement le récit de plusieurs personnages, les recherches de Laurence, les écrits ( lettres, recueil de poésie de Guillermo, livres), Helène Gestern réussit à établir une intrigue tout en dévoilant comment une simple recherche peur avoir des conséquences importantes à bien des niveaux. Son père lui intime l'odre d'arrêter, des hommes bien placés s'en mêlent également mais elle ira jusqu'au bout de sa démarche en n'étant pas à l'abri de surprises et de révélations qui prennent des tournants inattendus.

Le pari est réussi pour Hélène Gestern, elle nous montre que réveiller les fantômes du passé peut s'avérer dangereux, une danse avec le feu dont on peut sortir éclairé ou blessé. Elle revient aussi sur les années 70 et leur sillon où ont germé les idéaux d'une jeunesse s'engageant avec détermination mais sortie déçue, amère. Depuis Eux sur la photo, l' écriture a pris de l'assurance.   Seul petit bémol, j'ai deviné facilement certains des rebondissements. 

Les billets de MimiPhilisinne
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