samedi 19 janvier 2013

Shalom Auslander - L'espoir, cette tragédie


Éditeur : Belfond - Date de parution : Janvier 2013 - 327 pages et avis très mitigé...

Solomon Kugel achète une vieille maison au calme pour une vie tranquille avec sa femme et son fils. Mais sa mère déclarée à l'article de la mort par les médecins s'installe avec eux ce qui n'est pas pour plaire à son épouse. La vieille femme s'est depuis toujours inventée un passé des plus horribles. A elle seule, elle porte toutes les horreurs de l'Holocauste.
Dans la charmante maison,  une odeur dégoûtante persiste et des bruits étranges proviennent du grenier. Kugel découvre alors l'inimaginable. Derrière les cartons entassés au grenier, une vieille femme s'est installée un coin pour vivre. Décharnée, sale, tapant sans arrêt sur les touches du clavier d'un ordinateur et qui prétend être Anne Frank.  Surpris, Kugel  croit à une mauvaise farce. Qui oserait se faire passer pour Anne Frank? Mais la vieille femme lui montre son bras tatoué.

La mère de Kugel l'a élevé en se faisant passer elle et sa famille pour des victimes de l'Holocauste alors qu'elle a passé une enfance et une adolescence tranquille à Brooklyn avec ses parents. Elle pousse ses affabulations jusqu'à reproduire les séquelles des rescapés des camps de concentration. La vieille femme dans le grenier qui perturbe soudainement la vie de Kugel une est figure de l'Histoire. Anne Frank elle-même. Elle aurait survécu et veut écrire un livre pour y raconter son histoire mais aussi ses pensées. Loin de de se montrer apeurée, elle a des exigences et ordonne Kugel de s'y soumettre. Il se sent coincé. Un Juif n'a pas le droit de chasser Anne Frank de son grenier, ce serait un comble. Et Anne Frank a un pari à relever. Vendre son livre à plus de 32 millions  d'exemplaires, nombre auquel s'est vendu son journal.
Enchaînant situations incongrues et du politiquement incorrect, le couple est sur le point d'imploser tandis que la mère de Kugel retrouve la santé quand elle apprend qui vit dans le grenier. Kugel devient un autre homme ne sachant plus que faire ou comment.

Le devoir de mémoire, la religion et la famille sont passés à l'humour corrosif. Et ça fonctionne dans un premier temps.
Mais l'histoire s'enlise et  Shalom Auslander utilise les mêmes procédés tout au long de son roman. La dérision, la provocation  tuent à petit feu l'originalité. Si l'idée de départ était d'utiliser le rire comme arme pour parler d'un thème grave, elle est très vite noyée par un comique qui tourne au grotesque sans compter une fin décevante... 
De cet auteur, j'ai largement  préféré La lamentation du prépuce. 
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