vendredi 6 août 2010

Théo Diricq - Encore un jour sans massacre


Editeur : Pocket - Date de parution : 07/2010 - 96 pages grinçantes...

Artus 16 ans entre en seconde. Cynique, arrogant, il n’aime personne. Son passe temps favori : dénigrer ceux de sa classe, les profs, ses parents… Evidemment, Artus a un avis sur tout et retourne sa veste quand il le faut. Par contre, Artus, le rebelle, n’avait pas prévu d’éprouver des sentiments pour Lola… Misanthrope, hautain, il confie à son journal ses journées.

En comparaison à ce livre, la crise d’adolescence est une partie de plaisir ! Certes, Artus à l’esprit de contradiction comme tout adolescent et les autres sont des nuls qui n’ont rien compris. Mais dans son journal ou au lycée, Artus aime provoquer par des remarques sur des sujets comme le racisme, la religion, la société… Tout le monde est passé au vitriol ce qui donne un florilège de pensées assassines. L’amour rend souvent bête à cet âge et Artus nous le démontre.

Mais finalement, je me suis lassée de toutes ces remarques souvent gratuites...

Il n’empêche que dans ce livre, l’impudence de la jeunesse est présente avec beaucoup, beaucoup d’humour noir et l’écriture ne prend pas les chemins de traverse
.

Jeune auteur, Théo Diricq a écrit ce livre à 20 ans.

5 septembre : je déteste le sport parce que c’est la glorification du vide. Et on coudrait nous faire croire que c’est porteur de valeurs ou même d’une « philosophie », alors que c’est le seule discipline, avec peut-être la guerre, qui réunit des dizaines de milliers de personnes décidant d’être stupides au même moment. (…) Demain, il va falloir que je dresse la liste des postulants qui sont susceptibles d’avoir l’honneur de m’écouter pendant toute la journée.

5 décembre : Noël approche. Les décorations sont sorties dans les rues depuis déjà deux semaines. Fin novembre, c'est peut-être un peu précoce, mais si ça peut contribuer à faire oublier aux gens leur envie d'épargner, le plus tôt est le mieux. Et puis tout est bon pour nous faire oublier la morosité de l'hiver, son froid, sa nuit à 5 heures, ses traditionnelles échauffourées en banlieue. Cloitrés chez eux, les gens seuls envisagent les aspects positifs du suicide et les familles s'engueulent en prévision d'une réconciliation le 24. Tous ces éléments favorables contribuent à donner un aspect de ville fantôme. C'est le seul moment de l'année où j'aime me promener dans la rue.

26 janvier : j’ai vu une psychologue. J’ai commencé par lui faire remarquer qu’il n’y avait ni diplôme ni photo d’elle en mission humanitaire en Afrique accroché sur son mur, ce qui démontre un manque conjuré de compétences et de cœur. Elle m’a souri comme on sourit à un simplet, m’a fait assoir et m’a montré une tâche d’encre en me demandant ce que je voyais. J’ai distingué un sabre laser et une tête tranchée parce que j’avais revu "L’empire contre-attaque » la veille. (…)Elle m’a donné plusieurs conseils dont un qui m’a plu. Il faut que je fixe des objectifs et que je fasse le maximum pour les atteindre. J’ai fait remarquer qu’il était probable qu’un jour un de ses confrères avait donné le même conseil à Hitler et qu’on avait vu le résultat.


Merci à Bob et aux éditions Pocket pour ce partenariat !
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