jeudi 26 août 2010

Thomas B. Reverdy - La montée des eaux



Editeur : POINTS – Date de parution : 26/08/2010- 142 pages d’une très belle découverte…

Dans un hiver interminable, la pluie ne cesse de tomber puissante et violente. Thomas se noie dans l’alcool, dérive dans la boisson pour surmonter le décès récent de sa mère et Eléonore son amour perdue. L’eau monte, les fleuves débordent et Thomas essaie ne pas sombrer pour ne pas se perdre.

Il existe de très belles découvertes fortuites ou hasardeuses. La montée des eaux en fait partie, j’ai lu ce livre en apnée charmée par l’écriture de Thomas B. Reverdy. Une écriture remarquable par sa construction et qui m’a submergée.

Dans l’appartement de sa mère, le contact, la vue des objets déclenche des souvenirs chez Thomas. Les souvenirs qui amènent le passé et le deuil pesant, insurmontable. L’alcool devient sa béquille quotidienne et l’océan dans lequel il plonge. D’Eléonore, il essaie de garder chaque mot de leur rencontre et les détails : trésor sublimé auquel se raccroche comme à une bouée de sauvetage.

Une très belle lecture où l’écriture devient maitresse, dominante et s’élève du récit, sensible, puissante, donnant encore plus de portée aux mots.

Quand j’avais le choix, je préférais , de loin, la côte en hiver, le pluie fine, le ciel gris, léger et dégradé confondu avec la mer bien avant l’horizon, la mer, la mer comme un grand lavoir à cerveaux brassant et ressassant inlassablement dans un bruit de verre pilé toutes les pensées qu’on lui confie et qu’elle nous emporte, la mer comme un tambour lent de lessiveuse à idées noires, gris et plate vue de la côte jusqu’autour de la terre.

Ce sont des villes d’attente et d’ennui, se dit-il, mesurés par des aiguilles aux horloges des gares, sous un ciel gris faible que vient percer l’aube, accordant un répit de lumière pâle, rose dans le ciel sous les nuages et bleue sur les façades, une trêve dans les jours et les nuits de pluie(…)

7 commentaires:

Mango a dit…

Jolie écriture en effet!

Cécile a dit…

Sans doute à noter, mais le deuil, l'alcool, la déprime : depuis quelques temps, j'ai accumulé(dans mes lectures, je précise ;-)! ) Pour un autre temps, alors...

Vero a dit…

Je le note, je le note, je le note! ;-)

Clara a dit…

@ Mango : l'écriture est magnifique!

@ Célile : oui, il vaut meix attendre en effet !

@ Véro : le crayon va chauffer !

Anonyme a dit…

J'avoue ne pas être emballé par ce roman. Il ne s'y passe rien ou pas grand chose, un homme qui pleure, la perte de sa mère, le départ d'une femme qu'il connaît à peine... L'ensemble, je trouve, n'est qu'un prétexte pour dérouler un style stéréotypé, une écriture aux phrases beaucoup trop longues et souvent (mais c'est encore un avis subjectif) vides de sens. Une vraie déception.

Clara a dit…

@ Anonyme : c'est vrai qu'il n'y pas beaucoup d'action et que certaines phrases sont longues. Mais, j'ai été touchée par cette écriture.

Anonyme a dit…

Je sais et comprends que l'on soit touché par ce roman, du moins par le sujet de celui-ci. Le parti de traiter différemment le départ d'Eléonore et la mort d'une mère, le passage du 'je' au 'il', le choix de la distanciation ou, au contraire du rapprochement, de la 'subjectivisation' du point de vue est intéressant. Mais le style est formel, trop formel et au final assez vide. Pourquoi écrire une page sur la manière dont Thomas fume sa cigarette et la façon dont tomble la cendre par exemple ? Le style, la construction des phrases ont sur moi l'effet d'une anesthésie... Il y a beaucoup trop de circonvolutions et d'effets stylistiques dans ce roman par ailleurs assez bref.

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