mercredi 1 juin 2011

Meaghan Delahunt - Le livre rouge

Éditeur : Métailié - Date de parution : Avril 2011 - 281 pages qui laissent sans voix...

Il s’agit d’une lecture qui ne m’a pas laissée indemne et dont je suis ressortie différente … Il faut prendre son temps pour coller au plus près de tout ce qui est dit et de ce qui perle à travers les lignes. Ne pas se presser,  relire certains passages parce qu’ils sont riches de sens ou nous amènent à la réflexion.

Un récit polyphonique où trois personnages se croisent en Inde. Françoise, d’origine Australienne, capte les pensées et les émotions par l’objectif de son appareil photo et les fait ressurgir sur des photos en noir et blanc. Elle est venue dans ce pays pour des recherches sur la catastrophe de Bhopal. Vingt années se sont écoulées depuis que le gaz échappé de l’usine Union Carbide a enveloppé de la mort des milliers d’habitants. Naga, d’origine tibétaine a perdu sa famille dans l’accident, ancien domestique au service d’un riche couple Indien. Et enfin, Arkay venu d’Ecosse, se réfugie dans le bouddhisme et tente de fuir l’alcool. Trois personnages avec un passé, des questions et la recherche du sens de la vie.

Une immersion dans l’Inde avec des allers-retours entre passé et présent de chacun des trois personnages. Au fil des pages, on découvre chacune des histoires avec toujours en toile de fond la catastrophe de Bhopal. Mon regard d’occidentale s’est calqué sur celui de Françoise et j’ai été bousculée, interpellée. Arkay vit avec le spectre d’être un alcoolique comme l’était son père. Pourtant, l’alcool est son compagnon le plus fidèle. Il pense revivre grâce au bouddhisme et décide de se faire moine. Un refuge où il tente d’étouffer son désespoir et sa peur. Et enfin, Naga lui qui a vécu au plus près la tragédie et ses conséquences. L’écriture est limpide, sensorielle et belle. Sans être moralisateur, ce livre nous amène à réfléchir par des personnages terriblement humains sur une vision de deux mondes et de nous même.

Une lecture forte, enrichissante qui m’a beaucoup apportée ! Laissez-vous embarquer…


En 1984, mon grand-père et moi avions donner pour une œuvre caritative. J'avais été émue de cette façon particulière dont seuls les Occidentaux peuvent être émus,submergée par un vague sentiment de culpabilité par procuration.

 
Les billets d'Aifelle ( merci!!!), Cathulu, Dominique, Keiska et Soukee
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