mardi 7 juin 2011

Nicole Krauss - La grande maison

Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Avril 2011 - 335 pages

Ce livre est un roman à tiroirs livrant quatre histoires. Le dénominateur commun est un immense bureau, un peu insolite, à  dix-neuf tiroirs dont un est toujours fermé à clé.
Dans la première partie, on découvre chacune des quatre histoires. La première met en scène une écrivaine à New-York quittée par son mari. Dans l’appartement de Nadia , il ne reste pour ainsi dire que son bureau.  Son mari a presque tout emporté sauf ce meuble. Vint-cinq ans plus tôt, un poète chilien Daniel Varsky lui avait  demandé de le garder au lieu de l’entreposer dans un garde-meubles. Nadia s’est peu à peu isolée du monde, renfermée sur elle –même et son acte d’écriture. Le bureau l’a accompagné dans sa démarche d’auteur. Bien plus qu’une source d’inspiration, elle a développé avec  cet objet une relation étrange.  Les années ont passé sans aucune nouvelle de Daniel Varsky. Jusqu’au jour où se présente la fille de celui-ci réclamant le bureau. Puis, Nicole Krauss nous amène à Jérusalem. Aaron vient de perdre sa femme. Il s’agit d’un homme qui veut écrire à son fils Dov installé en Angleterre.  La relation père-fils est froide, inexistante. Aaron n’a jamais  su comment exprimer son amour ou se comporter avec son fils Dov. Deux inconnus reliés par les liens de la chair et du sang. A Londres, Lotte l’épouse d’Artur est décédée. Des années de non-dits, d’un secret gardé par Lotte qui finira par être  dévoiler quand Lotte atteinte d’Alzheimer en parlera à une inconnue. Artur revient sur leur vie commune. Il se remémore le soir  où un jeune homme avait  demandé à parler à Lotte et comment elle avait donné le bureau auquel elle tenait tant.  Et la quatrième histoire : Isabel a perdu son amour Yoav après  avoir rencontré son père. Un antiquaire qui parcourt le monde à la recherche d’objets volés aux juifs durant la seconde guerre mondiale. Des années plus tard, la sœur de Yoav la recontacte.
J’ai terminé la première partie en me demandant ce qu’allait me réserver la suite car l’auteure crée un suspense, une intrigue autour de ses personnages et  de ce bureau. Comme dans un puzzle, les éléments s’assemblent petit à petit mais sans que toutes les clés nous soient données. Les destins des personnages se croisent, s'entremêlent furtivement et les portes s’ouvrent quelquefois sur d’autres ouvertures.
Il s’agit d’un  roman exigeant tant par sa construction que par l’écriture. Les thèmes de l’écriture et sa genèse, le souvenir, la mémoire, la seconde guerre mondiale, les souffrances du peuple juif sont quelques uns des thèmes forts abordés dans ce livre.  
Il faut prendre son temps pour le lire, être attentif et écouter ces personnages meurtris, blessés dans leur âme  qui se livrent avec pudeur, déchirement ou amour.
Les billets d'Emeraude Marie ( du blog la page déchirée), Papillon
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