lundi 18 juillet 2011

Silvia Avallone - D'acier

Éditeur : LIANA LEVI - Date de parution : avril 2011 - 387 pages qui prennent aux tripes...

Elles sont deux : amies depuis toujours, amies pour toujours. Anna et Francesca, la brune et la blonde, treize ans. Presque quatorze. Elles habitent la via Stalingrado à Piombino où les hauts fourneaux de l’usine se dressent. Des barres d’immeubles semblables les unes aux autres  et un coin de plage. Dans la ville, l’acier est omniprésent. L’usine occupe les mains et les esprits. Des vies souvent toutes tracées où l’on ne quitte pas Piombino .  L’été, Anna  et  Francesca vont à la plage. En face se dresse l’île d’Elbe, un endroit pour touristes. Pas pour elles. Bercées de rêves, elles s’imaginent un jour partir. Echapper à ce quotidien et  se construire un autre avenir.
Le décor est planté : une ville d’Italie flanquée au bord de la mer. Une ville qui vit par l’acier de l’usine. Un endroit  où tout le monde se connaît. Rares sont ceux qui partent. Anna et Francesca habitent dans les barres d’immeubles qui donnent sur la plage. Les magouilles, les gosses qui pleurent dans la cage d’immeuble, la drogue, les combines des uns et des autres. Un environnement où les  hommes ont souvent tous les droits. Les fille se sont retrouvées mères trop tôt, piégées par la vie. Le père de Francesca a la main lourde. Le père d’Anna est souvent absent pour ses trafics. Son frère Alessio croit régner sur via Stalingrado où il est respecté par les plus jeunes : la drogue, les filles, la frime et l'argent souvent obtenu par des petits vols. Anne et Franscesca sont belles, leur corps sorti de l’enfance est sculpté par la féminité. Conscientes de leur pouvoir de séduction, elles s’amusent. Attirer les regards, susciter la convoitise des hommes. Un jeu où l’innocence a disparue. Inséparables, elles sont à un âge où l’amitié est plus forte que tout. Elles sont impatientes de consommer la vie, de grandir pour enfin accéder à leurs rêves, à leurs envies. Mais la via Stalingrado rattrapent ceux qui veulent partir. Anna et Fransca sont cantonnées à une vie où les rêves  se cassent brutalement et où l’adolescence est un laps de temps brûlé trop vite.  

Il s’agit d’un roman qui m’a ferrée dès les premières lignes. Pourtant, l’écriture est complètement différente des styles que  j’affectionne généralement.  Silvia Avallone possède une écriture viscérale, brûlante qui colle au plus près de ses personnages.  Elle prend à témoin le lecteur de ces tranches de vie. Même si l’action se passe en Italie,  elle peut  être transposée dans n’importe quel pays. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteure nous dépeint des vies où l’ennui, les désillusions sont incendiairesJe n’ai pas lu ce livre, je l’ai ressenti  ! Et, j'ai très vite oublié les petits bémols caricaturaux que l'on trouve assez souvent dans des premiers romans ...
Les billets d'Amanda, Hélène,  Yves

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