dimanche 2 janvier 2011

Les émotifs anonymes

Film de  Jean-Pierre Améris, avec Isabele Carré et Benoît Poelvoorde
Synopsis : Jean-René, patron d’une fabrique de chocolat, et Angélique, chocolatière de talent, sont deux grands émotifs.
C’est leur passion commune pour le chocolat qui les rapproche. Ils tombent amoureux l’un de l’autre sans oser se l’avouer. Hélas, leur timidité maladive tend à les éloigner.

Peu de monde au cinéma ce 1er janvier . Le manque de population mangeant du pop-corn ne m’a pas dérangée, bien au contraire ! Bon, venons-en au film. A la lecture du synospis, on pourrait croire à un film neuneu ou qui se traîne longuement dans la guimauve. Et bien non, il s’agit d’une comédie charmante ( j’ai dit charmante et pas kitsch) ! Benoît Poelvoorde  est excellent dans son rôle de grand émotif. A travers une multitude d’expressions du visage et du corps, le stress et l'anxiété de l'émotif apparaissent.  Il endosse parfaitement ce rôle et Isabelle Carré est d’une fraîcheur spontanée ! Même si la fin est prévisible, et bien, ce film est drôle et  tendre.  Monsieur, lui, a beaucoup aimé !

jeudi 30 décembre 2010

Louise Erdrich - La chorale des maîtres bouchers

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 16/05/2007 - 568 pages

1918, Allemagne. De retour du front, Fidelis, jeune soldat, décide de partir s’installer en Amérique. Il possède un peu d’argent mais surtout une valise remplie de couteaux de bouchers et de saucisses car dans sa famille, on est boucher de père en fils. Il se pose à Argus, dans le Dakota du Nord. A force de travail, il parvient à monter sa propre affaire et à faire venir sa femme et son fils d’Allemagne.

Voilà comment débute ce roman riche et foisonnant. Car l’histoire de Fidelis, de sa femme Eva et ses quatre garçons se poursuit jusqu’en 1950. Loin d’être uniquement centrée sur cette famille, il y également Delphine et Cyprian qui présentent des numéros de cirque, sillonnant le pays. En revenant à Argus où le père de Delphine vit toujours, ils y resteront. Delphine va s’occuper de son père Roy, alcoolique notoire, et nouera une amitié forte avec Eva. Le couple qu’elle forme avec Cyprian est atypique. Delphine est avec Fidelis un pivot central de ce roman. La boucherie de Fidelis prospèrera mais Argus n’échappera pas à la Grande Dépression. Puis, la Seconde Guerre Mondiale alors que deux des fils de Fidelis sont retournés en Allemagne. Tout au long du livre, les blessures et les plaies morales de la Première Guerre Mondiale hantent Fidelis et jalonnent le récit. Il y a autant de personnages secondaires comme Tante, femme aigrie venue d’Allemagne, Clarisse, l’amie d’enfance de Delphine qui travaille dans les pompes funèbres, Un-Pas-et-Demi la clocharde un peu inquiétante qui font la diversité et la richesse de ce roman. Bien plus qu’une saga familiale inscrite dans la Grande Histoire, c’est l’histoire de toute une communauté et j'ai vécu un immersion totale ! J’ai été emballée, conquise et j’avais presque envie de dire voilà un vrai bon roman ! Sauf que les cent cinquante dernières pages me sont apparues un peu trop rapides et moins étoffées que le reste. Dommage...il n’empêche que j’ai passé un superbe moment de lecture !

Merci à Sylire de m’avoir offert ce livre,  je vais aller lire le billet de Théo (du blog Blogoculture) avec qui nous en avons fait une lecture commune.

mardi 28 décembre 2010

Jeanne Benameur - Laver les ombres

Éditeur : Actes sud - Date de parution : 15/08/2010 - 157 pages sublimes...

Léa, 38 ans est chorégraphe et  danseuse. La danse c’est sa vie et le moyen pour elle de maintenir un équilibre. Mais, quelque chose au plus profond d’elle même l’empêche de s’investir dans sa relation avec Bruno. Sa mère l’appelle, dit qu’elle aura quelque chose à lui dire. Malgré la  tempête qui s’annonce, Léa rejoint Romilda dans sa maison près de la mer.
Après Les Demeurées et Les mains libres , quel bonheur de retrouver l’écriture d’orfèvre de Jeanne Benameur ! Des phrases courtes, concises, des mots portés à leur apogée par cette écriture ciselée. Onze tableaux pour partager, découvrir Léa, sa mère et Bruno. Léa se sert de son corps comme créateur d’émotions par la danse. Maîtrise absolue des mouvements pour atteindre la perfection. Mais, Léa craint de vivre pleinement son amour avec Bruno. Lui qui  fixe dans l’immobilité de la peinture les expressions.  Quand il lui demande de poser pour lui, Léa s’enfuit. En parallèle, entre passé et présent,  l’histoire de Romilda apparait. La honte qu’elle éprouve est un fardeau. Elle a décidé de tout raconter à Léa. Mère et  fille vont se retrouver, elles qui sont distantes et si liées. Romilda va confier son lourd secret à sa fille et lui dévoiler l’autre facette de son père.
Je n’en dirai pas plus… Les mots au cœur de la tempête vont trouver leur place et permettre à Léa de comprendre. Admirable…
Une fois de plus, j’ai vibré à la lecture de ce roman. J’ai relu certains passages par pur plaisir …Un coup de cœur !
D’autres avis chez l’ami BOB.
Danser c’est se trouver, seule, à croisée du vertical et de l’horizontal. C’est la seule place qu’elle, Léa, sait tenir.
Elle imagine. De toute sa force, elle imagine. Dans le corps de sa mère, elle pénètre, elle se lève. Elle insuffle la danse. Parce que la danse, c’est ça. C’est toujours ça, des corps qui se relèvent.