Éditeur : Michel Lafon - Date de parution : Avril 2019 - 426 pages
Suite à une opération qui a mal tourné, le capitaine Noémie Noémie Chastain, capitaine de la brigade des Stupéfiants à Paris hérite d’une gueule cassée et d’un ex-petit ami.
Ses supérieurs, sous prétexte qu’elle prenne l’air et se refasse une santé, l’envoient dans l’Aveyron avec comme objectif de fermer un commissariat de police qui ne sert plus à grand chose. Il faut dire que dans la région les affaires de meurtres ne sont pas légion. Noémie s’ennuie et prend son mal en patience tant bien que mal avec comme seule envie de retrouver sa brigade à Paris. Mais un fût contentant le corps d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt apparait à la surface d'un lac.
Noémie, cette femme à la personnalité forte et et au tempérament courageux est ébranlée. Son job adoré est du passé tout comme son copain qui n'a pas trouvé mieux que de la laisser en plan en découvrant son visage défiguré. Elle doute et se remet en question mais tente de le cacher à ses nouveaux collègues. Si au départ, elle veut lâcher l'affaire petit à petit des éléments vont la faire changer d'avis.
Avec une intrigue bien ficelée et des personnages humains, la reconstruction morale de Noémie est totalement aussi intéressante que l'enquête.
Sans temps mort et avec des répliques qui font mouche, c'est vif et diablement efficace ! Vous comprendrez pourquoi j’ai tourné les pages avec frénésie.
Mission largement accomplie pour ce polar hautement addictif que j'ai dévoré. Si je devais être la seule à n’avoir jamais lu Olivier Norek et bien désormais, je comprends pourquoi cet auteur a du succès.
- Vous êtes cette officier parisienne, c'est ça ? Et déjà sur le terrain ? Dire que j'ai une infirmière qui s'est collée en arrêt maladie pour un rhume!
- J'aurais fait pareil, c'est très handicapant, les rhumes.
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mercredi 10 juillet 2019
mercredi 26 juin 2019
Fiona Barton - La veuve
2010. Jane est veuve désormais, son mari Glen a été tué accidentellement par un bus. Assaillie par des journalistes à son domicile, elle n’est pas bizarrement éplorée pourtant sa vie vient de basculer. Sauf que quatre ans plus tôt, son mari a été accusé d’avoir enlevé une petite fille de deux ans puis mis hors de cause.
Je recule souvent devant les polars et les thrillers mettant en scène la disparition d’enfants par crainte que ça soit tordu. Mais là, pour ma plus grande surprise, Fiona Barton ne cherche pas le sordide ou le glauque. La vie du couple nous est racontée par Jane sur plusieurs périodes à partir de leur mariage. Réservée, elle était coiffeuse et Glen travaillait dans une banque. Comme bon nombre de couples, ils avaient l’envie de fonder une famille. Les années ont défilé sans que ce désir soit réalisé. Le comportement de Glen a changé, il a perdu son travail et s’est enfermé de plus en plus en souvent devant son ordinateur.
Jane sait-elle quelque chose ? Glen était-il coupable ? Qui est vraiment Jane ? Etait-elle manipulée par son mari comme on le pense? Le policier chargé de l’enquête et une journaliste cherchent à découvrir la vérité. Alternant les trois récits, ce thriller nous harponne habilement et il est difficile à lâcher.
De nombreuses ambiguïtés apparaissent et de nouvelles pistes se dessinent avec une tension bien présente. Fiona Barton évite toute forme de vulgarité et dépeint sans pincettes une certaine forme de journalisme sensationnel. On doute et on s’interroge sur de nombreux points jusqu'aux toutes dernières pages.
Très bien mené avec un suspense psychologique constant, je recommande ! Et en plus, il est paru depuis en poche (et hop, vous n'aurez pas d'excuse).
Le rédacteur en chef reconnaissait un bon titre quand il en écrivait un et, selon lui, un bon titre pouvait être réutilisé à l'infini.
La question dans le titre - "Est-il l'homme le plus mauvais de Grande-Bretagne ?"- était un classique. On était couvert comme ça. On n'affirmait pas, on ne faisait que poser la question.
Une lecture repérée chez Kathel.
lundi 17 juin 2019
Marion Brunet - L'été circulaire
Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution (poche) : Avril 2019 - 256 pages
Dans une petite ville du Midi de la France sous un soleil écrasant, Céline seize ans consciente de sa beauté indécente et sa sœur Jo âgée de quinze ans s’ennuient. Les deux adolescentes subissent un quotidien morne avec peu de distractions hormis des virées nocturnes en catimini dans les piscines des villas, et la fête foraine annuelle. Des vies étriquées avec des accès de violence de la part du père qui verse dans les petits trafics et tient des propos racistes envers le fils des voisins arabes. Leur mère cantinière a brûlé trop vite sa jeunesse et le regrette.
L'histoire est quasiment pliée, la suite est pratiquement courue d’avance comme si rien ne pouvait empêcher la fatalité et le drame. Les différences entre les classes sociales, la honte et la frustration nourrissent une tension papable renforcée par l'écriture sans fioriture de Marion Brunet. Le désœuvrement tout comme la complicité et la solidarité des deux sœurs sont soulignés. Sans prendre des chemins de traverse, c'est direct.
Ce roman social, noir et âpre, sans éclaircie laisse un goût amer en bouche. Je suis bien embêtée car je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Un peu trop prévisible à mon goût, cette lecture diffuse une ambiance qui colle à la peau et j 'ai souvent pensé à Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu et à D'acier de Silvia Avallone. Mais pour moi, il lui manque un supplément d’âme.
Une chose m’échappe cependant, pourquoi ce livre est-il classé dans la catégorie roman policier alors que ça n'en est pas un ?
Ici, tout ce qui sort un peu de l'ordinaire est commenté, décortiqué, devient sujet. Dans le viseur des langues de comptoir, prophétiques et avinées, pas d'expédient sauf l'habitude. Seule l'habitude peut rendre banal ce qui ne l'est pas.
Dans une petite ville du Midi de la France sous un soleil écrasant, Céline seize ans consciente de sa beauté indécente et sa sœur Jo âgée de quinze ans s’ennuient. Les deux adolescentes subissent un quotidien morne avec peu de distractions hormis des virées nocturnes en catimini dans les piscines des villas, et la fête foraine annuelle. Des vies étriquées avec des accès de violence de la part du père qui verse dans les petits trafics et tient des propos racistes envers le fils des voisins arabes. Leur mère cantinière a brûlé trop vite sa jeunesse et le regrette.
L'histoire est quasiment pliée, la suite est pratiquement courue d’avance comme si rien ne pouvait empêcher la fatalité et le drame. Les différences entre les classes sociales, la honte et la frustration nourrissent une tension papable renforcée par l'écriture sans fioriture de Marion Brunet. Le désœuvrement tout comme la complicité et la solidarité des deux sœurs sont soulignés. Sans prendre des chemins de traverse, c'est direct.
Ce roman social, noir et âpre, sans éclaircie laisse un goût amer en bouche. Je suis bien embêtée car je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Un peu trop prévisible à mon goût, cette lecture diffuse une ambiance qui colle à la peau et j 'ai souvent pensé à Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu et à D'acier de Silvia Avallone. Mais pour moi, il lui manque un supplément d’âme.
Une chose m’échappe cependant, pourquoi ce livre est-il classé dans la catégorie roman policier alors que ça n'en est pas un ?
Ici, tout ce qui sort un peu de l'ordinaire est commenté, décortiqué, devient sujet. Dans le viseur des langues de comptoir, prophétiques et avinées, pas d'expédient sauf l'habitude. Seule l'habitude peut rendre banal ce qui ne l'est pas.
vendredi 12 avril 2019
Ouch !
Alors qu'il est Chine à superviser un chantier, Dani apprend la mort accidentelle de son fils âgé de sept ans. Immédiatement, il rentre en France où l'attend sa femme Nora et leurs proches. Entre la douleur, les remord et la colère, il se tient à distance. Présent physiquement mais absent par ses pensées, il laisse sa femme tout gérer. Chacun dans le couple affronte cette épreuve différemment.
Nora voudrait aller de l'avant et s'active à trier les affaires de leur fils tandis que Dani n'accepte pas la mort de son enfant. Dani voit son fils lui apparaître de façon surnaturelle. Son fils qui lui parle et uniquement à lui. Il décide d'offrir à son fils des vacances rien qu'à eux deux en Bretagne.
Je pense qu'écrire sur la mort accidentelle d'un enfant est sûrement un choix réfléchi pour l'auteur. Voire cathartique ou salvateur ou libérateur tant le sujet est délicat. Et il faut croire que ce livre n'était pas pour moi car j'ai été terriblement mal l'aise et j'ai ressenti une vague d'incompréhension face aux réactions de ces parents. Sans vouloir les juger car je suis bien incapable d'imaginer ce que c'est et d'ailleurs car c'est un blocage absolu de ma part. Voilà mais j'ai été suffisamment gênée. Très et trop gênée.
Et surtout j'ai eu la sensation d'être témoin d'une histoire quelquefois un peu maladroite qui cherche sans la trouver une certaine distance qui m'aurait permise de ne pas me sentir voyeuriste avec la gâchette pointée sur le coeur en permanence.
Trouver l'enfant de Rene Denfeld - Éditeur : Rivages - Date de parution : Janvier 2019 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil - 365 pages
En Orégon le petite Madison a disparu depuis trois ans. Trois longues années où les espoirs se sont amenuisés. La probabilité qu'une enfant âgée de cinq ans disparue dans une forêt enneigée soit encore vivante est presque réduite à néant mais ils font appel à Naomi Cottle une détective spécialisée dans les enquêtes d'enfants disparus.
De cette auteure, j'avais beaucoup aimé En ce lieu enchanté pour sa capacité à créer une ambiance et à m'attirer dans ses filets. Un roman noir hypnotique strié d'une poésie envoûtante. Avec Trouver l'enfant, la nature souvent hostile a une place importante. Le tout est parsemé de poésie avec un vrai suspense et plusieurs intrigues. Les récits alternant présent et flashbacks font la part belle à l'introspection car Naomi a un passé douloureux.
Avec son ravisseur, Madison âgée de 8 ans a noué une relation très particulière. Certaines de ses réflexions m'ont plus que bousculée et déstabilisée (comme si c'était une enfant devenue une adolescente aux âges multiples), et d'autres m'ont bloquée. Même si elles ne sont pas légion et malgré l'écriture très belle de Rene Denfeld, je n'ai pas pu en faire abstraction.
La littérature est là pour nous bousculer et nous faire bouger de nos zones de confort, j'en conviens mais ces lectures n'étaient vraiment pas pour moi.
lundi 1 avril 2019
Pascale Dietrich - Les mafieuses
Editeur : Liana Levi - Date de parution : Février 2019 - 151 pages
A Grenoble, Leone Acampora un vieux mafieux est sur le point de rendre l’âme. Hospitalisé et dans le coma, ce n’est plus qu’une question de jours. La famille c’est sacré et particulièrement dans le milieu mafiosique. Parce que sa future veuve Michèle lui a été quelquefois infidèle, Leone a mis un contrat sur tête pour qu'elle l’accompagne dans sa dernière demeure.
Mises au courant, ses deux filles Dina et Alissa se chargent de la protéger. Assumant parfaitement l’héritage familial, Alissa a en partie repris le flambeau de son père. Elle combine sa pharmacie et la vente de drogue. Ambitieuse, elle voit voit plus grand au niveau local : éradiquer la concurrence et régner sur le marché. Quant à Dina, si elle travaille dans une ONG c'est une manière à ses yeux de racheter les mauvaises actions de sa famille. Même Si les deux sœurs sont sur des longueurs d’ondes opposées dans leurs choix, elles s’unissent pour contrer le projet de leur père. Ajoutez des crapules, des clans et vous obtenez ce polar entraînant aux accents féministes qui non seulement fait sourire mais engendre également des réflexions chez le lecteur.
On ne s’ennuie pas une seule seconde avec ces héroïnes bien décidées à jeter un grand coup de pied dans la fourmilière masculine, c'est énergique et frais. Pascale Dietrich envoie valser les préjugés sur la gent féminine, étrille les systèmes patriarcaux et certaines ONG plus intéressées par l'argent que par leurs missions premières.
Avec une écriture acérée et un humour espiègle, ce polar est savoureux et piquant comme il le faut. Une petite friandise à ne pas se refuser.
Heureusement, Michèle n'avait pas à se soucier de son avenir. Les veuves de mafieux ont droit à une pension et bénéficient d'un statut privilégié jusqu'à la fin de leurs jours. Dans le Système, les hommes morts sont aussi au moins aussi utiles que les vivants.
Au fond, l'humanitaire et la mafia constituaient deux réponses opposées à un même problème : ces organisations se développaient quand c'était le chaos, que les gens étaient livrés à eux-mêmes et que l'Etat ne faisait pas son boulot. La mafia offrait un statut et des ressources à ceux qui ne trouvaient pas de place dans l'économie légale. Quant aux ONG, elles aidaient à peu près les mêmes à survivre sans jamais inquiéter les gouvernements véreux ni s'attaquer aux véritables injustices. Pire, elles rattrapaient les dégâts et permettaient au système de perdurer.
Le billet tentateur de Cath
A Grenoble, Leone Acampora un vieux mafieux est sur le point de rendre l’âme. Hospitalisé et dans le coma, ce n’est plus qu’une question de jours. La famille c’est sacré et particulièrement dans le milieu mafiosique. Parce que sa future veuve Michèle lui a été quelquefois infidèle, Leone a mis un contrat sur tête pour qu'elle l’accompagne dans sa dernière demeure.
Mises au courant, ses deux filles Dina et Alissa se chargent de la protéger. Assumant parfaitement l’héritage familial, Alissa a en partie repris le flambeau de son père. Elle combine sa pharmacie et la vente de drogue. Ambitieuse, elle voit voit plus grand au niveau local : éradiquer la concurrence et régner sur le marché. Quant à Dina, si elle travaille dans une ONG c'est une manière à ses yeux de racheter les mauvaises actions de sa famille. Même Si les deux sœurs sont sur des longueurs d’ondes opposées dans leurs choix, elles s’unissent pour contrer le projet de leur père. Ajoutez des crapules, des clans et vous obtenez ce polar entraînant aux accents féministes qui non seulement fait sourire mais engendre également des réflexions chez le lecteur.
On ne s’ennuie pas une seule seconde avec ces héroïnes bien décidées à jeter un grand coup de pied dans la fourmilière masculine, c'est énergique et frais. Pascale Dietrich envoie valser les préjugés sur la gent féminine, étrille les systèmes patriarcaux et certaines ONG plus intéressées par l'argent que par leurs missions premières.
Avec une écriture acérée et un humour espiègle, ce polar est savoureux et piquant comme il le faut. Une petite friandise à ne pas se refuser.
Heureusement, Michèle n'avait pas à se soucier de son avenir. Les veuves de mafieux ont droit à une pension et bénéficient d'un statut privilégié jusqu'à la fin de leurs jours. Dans le Système, les hommes morts sont aussi au moins aussi utiles que les vivants.
Au fond, l'humanitaire et la mafia constituaient deux réponses opposées à un même problème : ces organisations se développaient quand c'était le chaos, que les gens étaient livrés à eux-mêmes et que l'Etat ne faisait pas son boulot. La mafia offrait un statut et des ressources à ceux qui ne trouvaient pas de place dans l'économie légale. Quant aux ONG, elles aidaient à peu près les mêmes à survivre sans jamais inquiéter les gouvernements véreux ni s'attaquer aux véritables injustices. Pire, elles rattrapaient les dégâts et permettaient au système de perdurer.
Le billet tentateur de Cath
vendredi 8 mars 2019
Alex Michaelides - Dans son silence
Editeur : Calmann Levy - Traduit de l’anglais (Angleterre) par Elsa Maggion - Date de parution : Février 2019 - 378 pages efficaces !
Peintre reconnue très en vogue, Alicia est internée en clinique psychiatrique. Elle est accusée d’avoir assassiné son mari plusieurs années auparavant. Murée dans son silence, depuis son arrestation, elle n' jamais chercher à se défendre ou à expliquer son acte. Faber, un jeune psychothérapeute, intéressé par son cas se fait embaucher dans l’établissement. Non seulement, il veut comprendre les raisons de son mutisme mais surtout réussir là où tous les psychiatres chevronnés de la clinique ont échoué.
A la clinique, Théo est très méfiant vis-à-vis de ses collègues et il n’hésite pas à prendre des initiatives personnelles comme rencontrer l’entourage d’Alicia. Il est très investi dans son travail d’autant plus que sur le plan personnel, son couple bat de l’aile. Le récit alterne le point de vue du jeune homme ambitieux et le journal intime d’Alicia. Et très rapidement, on est assailli de doutes. Si bien sûr on se demande pourquoi Alicia a commis ce meurtre et pourquoi elle refuse de parler, d'autres questions voient le jour notamment concernant Théo qui a connu des périodes instables sur le plan psychique. Petit à petit, on découvre des zones d'ombre mais pas forcément celles que l'on attendait.
J'ai été très agréablement surprise par cette lecture qui se révèle un véritable page-turner avec des personnages bien campés. Alex Michaelides maintient un suspense qui ne faiblit pas et nous réserve des surprises avec un dénouement complètement inattendu. Avec une écriture directe, ce thriller psychologique est prenant, complètement addictif et efficace. Mission accomplie sur toute la ligne !
- C'est drôle de te retrouver comme ça, Théo.
- Le monde est petit.
- En termes de santé mentale, oui.
Les billets de Cuné et d'Eve
Peintre reconnue très en vogue, Alicia est internée en clinique psychiatrique. Elle est accusée d’avoir assassiné son mari plusieurs années auparavant. Murée dans son silence, depuis son arrestation, elle n' jamais chercher à se défendre ou à expliquer son acte. Faber, un jeune psychothérapeute, intéressé par son cas se fait embaucher dans l’établissement. Non seulement, il veut comprendre les raisons de son mutisme mais surtout réussir là où tous les psychiatres chevronnés de la clinique ont échoué.
A la clinique, Théo est très méfiant vis-à-vis de ses collègues et il n’hésite pas à prendre des initiatives personnelles comme rencontrer l’entourage d’Alicia. Il est très investi dans son travail d’autant plus que sur le plan personnel, son couple bat de l’aile. Le récit alterne le point de vue du jeune homme ambitieux et le journal intime d’Alicia. Et très rapidement, on est assailli de doutes. Si bien sûr on se demande pourquoi Alicia a commis ce meurtre et pourquoi elle refuse de parler, d'autres questions voient le jour notamment concernant Théo qui a connu des périodes instables sur le plan psychique. Petit à petit, on découvre des zones d'ombre mais pas forcément celles que l'on attendait.
J'ai été très agréablement surprise par cette lecture qui se révèle un véritable page-turner avec des personnages bien campés. Alex Michaelides maintient un suspense qui ne faiblit pas et nous réserve des surprises avec un dénouement complètement inattendu. Avec une écriture directe, ce thriller psychologique est prenant, complètement addictif et efficace. Mission accomplie sur toute la ligne !
- C'est drôle de te retrouver comme ça, Théo.
- Le monde est petit.
- En termes de santé mentale, oui.
Les billets de Cuné et d'Eve
mercredi 13 février 2019
Arnaldur Indridason - Ce que savait la nuit
Editeur : Métailié - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Date de parution : Février 2019 - 320 pages efficaces.
L’Islande et ses glaciers attirent nombre de nouveaux visiteurs. Et justement lors d’une excursion, des touristes découvrent le cadavre d’un homme sur le glacier de Langjökull. Un homme disparu depuis trente ans et à l’époque, Konrad officier de police s’était occupé de l’affaire. Les soupçons s’étaient orientés vers l’ancien associé de l’homme mais ce dernier a toujours nié son implication. Et bien que désormais mourant, il clame toujours son innocence.
Alors qu’il a pris sa retraite, la curiosité de Konrad est piquée à vif. Et s’ils étaient passés à côté d’un élément? Et si Hjaltalin disait la vérité? Impossible de le savoir car il est emporté par la maladie. La découverte du cadavre sur le glacier fait la une des journaux et une femme contacte Konrad. Son frère aurait été renversé intentionnellement par une voiture car il avait des informations pour la police.
Konrad commence officieusement à se replonger dans l’enquête et ce sont des pans de sa vie qui remontent à la surface. Le décès non élucidé de son père qui n’était pas un enfant de chœur, son couple avec Erna et sa solitude actuelle. Ce personnage en proie avec ses remords doit affronter le passé mais aussi l’accepter tandis que de nouveaux éléments apparaissent dans l’enquête. L'occasion pour Arnaldur Indridason de nous dépeindre sans concession les difficultés sociales et économiques de l’Islande mais aussi de nous plonger dans l'enfance trouble de Konrad.
Un polar efficace où l’auteur ne nous oppresse pas et où comme toujours la dimension humaine est importante. Seul regret de taille, je m’étais prise d’affection pour Erlendur (comme beaucoup de lectrices du club officieux des Erlendurettes) et il me faudra plusieurs enquêtes pour m’attacher à Konrad (plus froid aux premiers abords).
Le billet d'Electra
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel - Le lagon noir - Les nuits de Reykjavik
lundi 17 décembre 2018
Susie Steiner - Présumée disparue
Editeur : Les Arènes - Date de parution : Octobre 2018 - Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Yoko Lacour - 532 pages
A presque quarante ans, Manon Bradshaw officier de police dans le nord de Londres est accro à son boulot. Mais pas que. Elle cherche aussi l’âme sœur sur Internet et enchaîne des rencontres décevantes. Quand la disparition d’Edith Hind, une étudiante de Cambridge est signalée, elle est mise sur l’affaire.
L’enquête s’annonce compliquée avec comme seuls indices du verre brisé et des traces de sang dans son appartement. Son petit ami ne sait rien ni comme ses parents. Manon et son collègue Davy découvrent que la jeune fille bien qu'issue d'un millier aisée (le père est médecin de la famille royale et fréquente des politiques) a une vie moins lisse qu’il n’y paraît.
Dans ce polar polyphonique rondement mené avec des pointes d’humour, l’auteure s’attache à décrire les personnalités. Elle gratte le vernis des apparences et pointe également les faiblesses d'un système policier en manque de moyens. Mention spéciale pour le personnage de Manon un peu gaffeuse, qui sait faire preuve d'auto-dérision et tendrement attachante avec ses failles.
Pas de rebondissements à foison mais j’ai été ferrée par ce qui gravite autour de l'enquête et tout s'enchaîne sans temps mort. Mission accomplie pour ce thriller.
Si elle était sincère, son profil afficherait plutôt : Misanthrope, avec un oeil rivé au fond du gouffre du célibat. Tendance exaspérante à chercher la faute chez autrui. Exhale des RDD (Relents De Désespoir). Vit dans une galaxie infinie de solitude. Etudes : niveau intimidant. Prête à la cacher toutefois. Sujette aux crises de larmes. Souvent, se retrouve à googler : « Faire un enfant à 40 ans ». Recherche : philanthrope amateur de lecture, avec formation en psychothérapie, qui sache monter des étagères.
Les billets de Christelle, Eva, Fanny, Maeve et de Saxaoul
A presque quarante ans, Manon Bradshaw officier de police dans le nord de Londres est accro à son boulot. Mais pas que. Elle cherche aussi l’âme sœur sur Internet et enchaîne des rencontres décevantes. Quand la disparition d’Edith Hind, une étudiante de Cambridge est signalée, elle est mise sur l’affaire.
L’enquête s’annonce compliquée avec comme seuls indices du verre brisé et des traces de sang dans son appartement. Son petit ami ne sait rien ni comme ses parents. Manon et son collègue Davy découvrent que la jeune fille bien qu'issue d'un millier aisée (le père est médecin de la famille royale et fréquente des politiques) a une vie moins lisse qu’il n’y paraît.
Dans ce polar polyphonique rondement mené avec des pointes d’humour, l’auteure s’attache à décrire les personnalités. Elle gratte le vernis des apparences et pointe également les faiblesses d'un système policier en manque de moyens. Mention spéciale pour le personnage de Manon un peu gaffeuse, qui sait faire preuve d'auto-dérision et tendrement attachante avec ses failles.
Pas de rebondissements à foison mais j’ai été ferrée par ce qui gravite autour de l'enquête et tout s'enchaîne sans temps mort. Mission accomplie pour ce thriller.
Si elle était sincère, son profil afficherait plutôt : Misanthrope, avec un oeil rivé au fond du gouffre du célibat. Tendance exaspérante à chercher la faute chez autrui. Exhale des RDD (Relents De Désespoir). Vit dans une galaxie infinie de solitude. Etudes : niveau intimidant. Prête à la cacher toutefois. Sujette aux crises de larmes. Souvent, se retrouve à googler : « Faire un enfant à 40 ans ». Recherche : philanthrope amateur de lecture, avec formation en psychothérapie, qui sache monter des étagères.
Les billets de Christelle, Eva, Fanny, Maeve et de Saxaoul
lundi 10 décembre 2018
Louise Penny - Enterrez vos morts
Editeur : Actes Sud - Date de parution : Janvier 2018 - 525 pages
Après une opération policière qui a mal tourné, l’inspecteur-Chef Armand Gamache se repose chez son ancien chef et ami à Québec. Mais un archéologue amateur obnubilé par Champlain (le fondateur de la ville dont la sépulture reste introuvable) est retrouvé mort dans la cave de la bibliothèque anglophone de la ville. Et quand on demande à Gamache de donner un petit coup de main sur cette affaire il ne refuse pas.
Gamache pense avoir fait une erreur lors sa précédente enquête et peut-être qu’un innocent se trouve en prison. Aussi, il dépêche son adjoint Beauvoir à Three Pines pour une investigation officieuse. Et, nous voilà plongés dans l’histoire de la ville de Québec avec les rivalités entre les communautés francophone et anglophone mais également dans les tourments de Gamache. Ebranlé psychologiquement, des doutes et des questions le hantent.
Avec des histoires imbriquées et un contexte historique très intéressant ( j'ai appris un tas de choses), Louise Penny sonde l’âme et les relations humaines. C’est fluide et ça se lit tout seul !
Nul doute que ceux qui ont lu le tome précédent Révélation brutale seront ravis de cette suite (pas de chance pour moi, il n'était pas disponible à la médiathèque). Il est certain que je vais continuer à lire les enquêtes de cet inspecteur sympathique, terriblement humain et attachant.
Les billets d'Aifelle, Alex, Hélène, Le Papou
Après une opération policière qui a mal tourné, l’inspecteur-Chef Armand Gamache se repose chez son ancien chef et ami à Québec. Mais un archéologue amateur obnubilé par Champlain (le fondateur de la ville dont la sépulture reste introuvable) est retrouvé mort dans la cave de la bibliothèque anglophone de la ville. Et quand on demande à Gamache de donner un petit coup de main sur cette affaire il ne refuse pas.
Gamache pense avoir fait une erreur lors sa précédente enquête et peut-être qu’un innocent se trouve en prison. Aussi, il dépêche son adjoint Beauvoir à Three Pines pour une investigation officieuse. Et, nous voilà plongés dans l’histoire de la ville de Québec avec les rivalités entre les communautés francophone et anglophone mais également dans les tourments de Gamache. Ebranlé psychologiquement, des doutes et des questions le hantent.
Avec des histoires imbriquées et un contexte historique très intéressant ( j'ai appris un tas de choses), Louise Penny sonde l’âme et les relations humaines. C’est fluide et ça se lit tout seul !
Nul doute que ceux qui ont lu le tome précédent Révélation brutale seront ravis de cette suite (pas de chance pour moi, il n'était pas disponible à la médiathèque). Il est certain que je vais continuer à lire les enquêtes de cet inspecteur sympathique, terriblement humain et attachant.
Les billets d'Aifelle, Alex, Hélène, Le Papou
mercredi 21 novembre 2018
Aimée Molloy - La mère parfaite
Editeur : Les Escales - Date de parution : Octobre 2018 - Traduit de l'anglais par Emmanuelle Aronson - 375 pages et une déception.
Elles se nomment les mères de mai. Leur point commun : elles ont toutes accouché au mois de mai et habitent Brooklyn à New-York. Elles ont fait connaissance mutuellement via un forum sur Internet durant la grossesse. Elles se partagent des conseils et se soutiennent dans leurs vies de jeunes mamans. Deux mois plus tard, elles s’autorisent à sortir une fois sans les bébés, seules entres copines. Papoter de tout (sauf de leur progéniture) en buvant un verre. Alors qu’il était gardé par une baby-sitter, le bébé de Winnie disparaît.
Winnie est mère célibataire et ce sont les autres mamans du groupe qui lui avaient forcé la main pour qu’elle se joigne à elles à cette soirée. Comme l’enquête de police piétine, certaines d’entre elles décident de mener leurs propres investigations entre la fatigue, les nuits écourtées et les kilos de grossesse à perdre. Des petits ou grands arrangements avec la vérité, des secrets voient le jour.
Le déroulement de l'intrigue est selon moi tiré par les cheveux et je n’ai pas été ferrée ou captivée (avec un taux d’adrénaline en augmentation comme il se doit à la lecture d’un polar). De plus, à chaque début de chapitre, des conseils en matière d’éducation d’enfants sont prodigués (en matière d’éveil, de nourriture ...) et j’ai fini par les lire en diagonale. Par contre, les différentes pressions sociétales envers les mères sont évoquées.
Impossible de dire que j'ai apprécié cette lecture, c'est une déception. Dommage.
Lu via NetGalley
vendredi 4 novembre 2016
Julia Heaberlin - Ainsi fleurit le mal
Éditeur : Presses de la Cité - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Leclere - Date de parution : Septembre 2016 - 558 pages et une déception.
A l’âge de seize ans, Tessa a échappé de peu à un tueur. Les autres jeunes filles enlevées n’ont pas survécu. Le criminel les avait laissées dans une fosse avec des marguerites. Son témoignage à a conduit un jeune homme dans les couloirs de la mort. Vingt ans plus tard Tessa est une jeune femme et mère d’une ado. Mais un matin elle découvre dans son jardin des marguerites jaunes fraîchement plantées.
Les jeunes filles mortes hantent toujours Tessa par leurs voix. Alternant passé avec le choc traumatique (ses entretiens avec un psy) et présent où elle revient sur ses accusations, ce livre n’a pas su m’accrocher et me convaincre. Trop lent sans susciter une tension, des détails à foison sans intérêt ou sans importance pour l'intrigue et une écriture trop banale. Curieuse de connaitre le dénouement et parce que le sujet de la peine de mort est un des thèmes de ce thriller, j’ai poursuivi ma lecture. C’était une erreur. Déçue.
Le billet de Valérie
A l’âge de seize ans, Tessa a échappé de peu à un tueur. Les autres jeunes filles enlevées n’ont pas survécu. Le criminel les avait laissées dans une fosse avec des marguerites. Son témoignage à a conduit un jeune homme dans les couloirs de la mort. Vingt ans plus tard Tessa est une jeune femme et mère d’une ado. Mais un matin elle découvre dans son jardin des marguerites jaunes fraîchement plantées.
Les jeunes filles mortes hantent toujours Tessa par leurs voix. Alternant passé avec le choc traumatique (ses entretiens avec un psy) et présent où elle revient sur ses accusations, ce livre n’a pas su m’accrocher et me convaincre. Trop lent sans susciter une tension, des détails à foison sans intérêt ou sans importance pour l'intrigue et une écriture trop banale. Curieuse de connaitre le dénouement et parce que le sujet de la peine de mort est un des thèmes de ce thriller, j’ai poursuivi ma lecture. C’était une erreur. Déçue.
Le billet de Valérie
mardi 4 octobre 2016
Andrée A. Michaud - Bondrée
Éditeur : Rivages - Date de parution : Septembre 2016 - 363 pages captivantes !
Eté 67. Le lac Bondary Pound près de la frontière de l’Etat du Maine et du Québec attire chaque été des vacanciers. Des habitués surtout des familles possèdent des petits chalets dans le camping. L’anglais, le français et québécois se côtoient. Bonbary Pound surnommé également Bondrée à cause du trappeur Landry qui s’est pendu presque trente ans plus tôt dans la forêt près du lac. Andrée Duchamp une fillette de douze ans admire secrètement Zaza et Sissy. Les deux adolescentes sont inséparables et insouciantes, elles aiment s’amuser et tester leur pouvoir de séduction. Et leur beauté fait tourner la tête à bien des hommes.
Mais Zara disparaît. Elle est retrouvée morte, la jambe sectionnée par un vieux piège à ours. Et quand vient le tour de Sissy, la thèse de l’accident est définitivement écartée. La peur gagne tous les esprits et l’ombre de Landry plane à nouveau
L’enquête est menée par Michaud et par son adjoint. Michaud qui porte le poids d’un crime d’une jeune femme non résolu.
Ce qui d’emblée s’apparente à un polar classique révèle de très bonnes surprises ! Mêlant différentes narrations dont celle d’Andrée qui avec son regard à mi-chemin entre l’enfance et cette volonté d’être considérée comme une « grande » donne une dimension particulière (faite des conversations surprises entre les adultes, de son imagination et de ses propres réflexions) et permet d'ajouter de la légèreté.
Une même scène peut donc être racontée par Andrée et par un autre narrateur : Michaud, un des vacanciers ou encore un narrateur omniscient. Bien des éléments captivent et en premier lieu l’écriture où des mots anglais, des expressions typiquement québécoises viennent s’ajouter naturellement et sans gêner la lecture. Une écriture très visuelle qui sait se faire poétique ou lyrique et qui décrit merveilleusement la nature ou encore la peur ou la tension.
Et il y a cette ambiance admirablement rendue sans décharger de l’adrénaline mais très palpable et que l‘on ressent comme si l'on y était. Même si quelquefois j’ai trouvé que les discernements d’Andrée ne correspondaient pas à une fille de douze ans mais bien plus, ce roman noir est à lire ne serait-ce que pour la superbe écriture d’Andrée A. Michaud qui m'a ferrée et conquise ! Et bonus : pas de flic alcoolique et/ou névrosé mais un légiste qui récite du Shakespeare aux cadavres.
Que du bon !
Son mari s'absentait souvent de longues heures pour revenir l’haleine chargée d'odeurs de gomme d’épinette, les yeux remplis de lueurs prises à l'eau des ruisseaux où à l’œil des bêtes tapies dans l'obscurité verte des sous-bois.
C'est ce qu'il avait dit aux parents et c'est ce qu'il écrirait dans son rapport, mort accidentelle, mort stupide, pour rien, dans la fleur de l'âge, puisqu'aucun élément tangible ne contredirait cette thèse et que le légiste n'avait relevé aucune anomalie au cours de l'autopsie, sinon un léger souffle au cœur, heart murmur, qui expliquait les joues rouges de la jeune fille quand elle demandait à son cœur de murmurer plus fort.
La mère et la fille n’avaient que leur colère à opposer à la mort et elles se réfugiaient dans une haine sans véritable objet pour éviter de tomber dans le gouffre où vous entraînent les larmes.
Un grand merci à Babelio !
Eté 67. Le lac Bondary Pound près de la frontière de l’Etat du Maine et du Québec attire chaque été des vacanciers. Des habitués surtout des familles possèdent des petits chalets dans le camping. L’anglais, le français et québécois se côtoient. Bonbary Pound surnommé également Bondrée à cause du trappeur Landry qui s’est pendu presque trente ans plus tôt dans la forêt près du lac. Andrée Duchamp une fillette de douze ans admire secrètement Zaza et Sissy. Les deux adolescentes sont inséparables et insouciantes, elles aiment s’amuser et tester leur pouvoir de séduction. Et leur beauté fait tourner la tête à bien des hommes.
Mais Zara disparaît. Elle est retrouvée morte, la jambe sectionnée par un vieux piège à ours. Et quand vient le tour de Sissy, la thèse de l’accident est définitivement écartée. La peur gagne tous les esprits et l’ombre de Landry plane à nouveau
L’enquête est menée par Michaud et par son adjoint. Michaud qui porte le poids d’un crime d’une jeune femme non résolu.
Ce qui d’emblée s’apparente à un polar classique révèle de très bonnes surprises ! Mêlant différentes narrations dont celle d’Andrée qui avec son regard à mi-chemin entre l’enfance et cette volonté d’être considérée comme une « grande » donne une dimension particulière (faite des conversations surprises entre les adultes, de son imagination et de ses propres réflexions) et permet d'ajouter de la légèreté.
Une même scène peut donc être racontée par Andrée et par un autre narrateur : Michaud, un des vacanciers ou encore un narrateur omniscient. Bien des éléments captivent et en premier lieu l’écriture où des mots anglais, des expressions typiquement québécoises viennent s’ajouter naturellement et sans gêner la lecture. Une écriture très visuelle qui sait se faire poétique ou lyrique et qui décrit merveilleusement la nature ou encore la peur ou la tension.
Et il y a cette ambiance admirablement rendue sans décharger de l’adrénaline mais très palpable et que l‘on ressent comme si l'on y était. Même si quelquefois j’ai trouvé que les discernements d’Andrée ne correspondaient pas à une fille de douze ans mais bien plus, ce roman noir est à lire ne serait-ce que pour la superbe écriture d’Andrée A. Michaud qui m'a ferrée et conquise ! Et bonus : pas de flic alcoolique et/ou névrosé mais un légiste qui récite du Shakespeare aux cadavres.
Que du bon !
Son mari s'absentait souvent de longues heures pour revenir l’haleine chargée d'odeurs de gomme d’épinette, les yeux remplis de lueurs prises à l'eau des ruisseaux où à l’œil des bêtes tapies dans l'obscurité verte des sous-bois.
C'est ce qu'il avait dit aux parents et c'est ce qu'il écrirait dans son rapport, mort accidentelle, mort stupide, pour rien, dans la fleur de l'âge, puisqu'aucun élément tangible ne contredirait cette thèse et que le légiste n'avait relevé aucune anomalie au cours de l'autopsie, sinon un léger souffle au cœur, heart murmur, qui expliquait les joues rouges de la jeune fille quand elle demandait à son cœur de murmurer plus fort.
La mère et la fille n’avaient que leur colère à opposer à la mort et elles se réfugiaient dans une haine sans véritable objet pour éviter de tomber dans le gouffre où vous entraînent les larmes.
Un grand merci à Babelio !
lundi 14 mars 2016
Arnaldur Indridason - Le lagon noir
Editeur : Métailié - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Date de parution : Mars 2016 - 320 pages comme je les aime !
1979. Après son enquête sur le décès d’un clochard dans Les nuits de Reykjavik, nous retrouvons Erlendur à la brigade Criminelle sous les ordres de Marion Breim. Le cadavre d’un homme est découvert dans un lagon pas très loin de la base américaine. D’origine islandaise, ce dernier y travaillait mais poser des questions aux militaires nécessite des autorisations qu’Erlendur et son supérieur n’obtiennent pas. L’enquête s’annonce difficile et la présence américaine n’est pas forcément bien ressentie par les habitants. D’ailleurs Erlendur ne cache pas son hostilité. En parallèle, la disparition non résolue vingt-cinq ans plus tôt d’une jeune fille âgée dix-huit ans le hante. Marion aimerait savoir pourquoi mais Erlendur n’est pas quelqu’un qui étale sa vie (il n’a rien dit à personne à son travail concernant son récent divorce). Têtu, il va se plonger dans cette autre affaire où le temps a malheureusement fait son œuvre. Les parents de la jeune fille sont tous les deux décédés, seule une tante est encore vivante.
Il y a dans ce nouveau livre tout ce que j’aime chez Indridason. Il ne bouscule pas son lecteur et dépeint tous les facettes du contexte où évolue Erlendur. Ici, L’Islande et ses habitants se sentant souvent oubliés sur l’échelle internationale alors que la guerre froide bat son plein. Et toujours des personnages terriblement humains.
A chaque fois, j’apprécie énormément de retrouver Erlendur avec l’impression de le connaître un peu plus à chaque nouvelle lecture.
Un jour, Marion l'avait trouvé plongé dans un livre qui racontait ce genre d'histoires. Ce jeune policier piquait constamment sa curiosité. Il faisait tout à sa manière, personnelle, il avait quelque chose de vieillot et d’anachronique, ne parlait de lui, n'appréciait pas vraiment la ville et ne s'intéressait pas au présent sauf pour exprimer son agacement face à l'époque actuelle. Buté, il faisait preuve d'une indépendance hors norme, n'éprouvait jamais le besoin de faire part de ses sentiments et passait son temps plongé dans son étrange passion, les récits de disparitions.
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel - Les nuits de Reykjavik
Les billets d'Aifelle, Keisha (membres du club des Erlendurettes)
1979. Après son enquête sur le décès d’un clochard dans Les nuits de Reykjavik, nous retrouvons Erlendur à la brigade Criminelle sous les ordres de Marion Breim. Le cadavre d’un homme est découvert dans un lagon pas très loin de la base américaine. D’origine islandaise, ce dernier y travaillait mais poser des questions aux militaires nécessite des autorisations qu’Erlendur et son supérieur n’obtiennent pas. L’enquête s’annonce difficile et la présence américaine n’est pas forcément bien ressentie par les habitants. D’ailleurs Erlendur ne cache pas son hostilité. En parallèle, la disparition non résolue vingt-cinq ans plus tôt d’une jeune fille âgée dix-huit ans le hante. Marion aimerait savoir pourquoi mais Erlendur n’est pas quelqu’un qui étale sa vie (il n’a rien dit à personne à son travail concernant son récent divorce). Têtu, il va se plonger dans cette autre affaire où le temps a malheureusement fait son œuvre. Les parents de la jeune fille sont tous les deux décédés, seule une tante est encore vivante.
Il y a dans ce nouveau livre tout ce que j’aime chez Indridason. Il ne bouscule pas son lecteur et dépeint tous les facettes du contexte où évolue Erlendur. Ici, L’Islande et ses habitants se sentant souvent oubliés sur l’échelle internationale alors que la guerre froide bat son plein. Et toujours des personnages terriblement humains.
A chaque fois, j’apprécie énormément de retrouver Erlendur avec l’impression de le connaître un peu plus à chaque nouvelle lecture.
Un jour, Marion l'avait trouvé plongé dans un livre qui racontait ce genre d'histoires. Ce jeune policier piquait constamment sa curiosité. Il faisait tout à sa manière, personnelle, il avait quelque chose de vieillot et d’anachronique, ne parlait de lui, n'appréciait pas vraiment la ville et ne s'intéressait pas au présent sauf pour exprimer son agacement face à l'époque actuelle. Buté, il faisait preuve d'une indépendance hors norme, n'éprouvait jamais le besoin de faire part de ses sentiments et passait son temps plongé dans son étrange passion, les récits de disparitions.
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel - Les nuits de Reykjavik
Les billets d'Aifelle, Keisha (membres du club des Erlendurettes)
vendredi 4 mars 2016
Adam Langer - Le contrat Salinger
Editeur : éditions Super 8 - Date de parution : Août 2015 - Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Emilie Didier - 311 pages addictives.
Journaliste et également écrivain en panne, Adam Langer revoit par hasard un auteur qu'il avait interviewé quelques années auparavant : Conner Joyce auteur de polars à succès.. Les deux hommes ne sont pas que ce qu'on pourrait appeler des amis mais Conner choisit Adam comme confident. Conner a reçu une proposition contre un gros paquet d'argent : écrire un seul et unique livre pour un commanditaire. Ce dernier lui confie que des grand noms ont accepté avant lui : Salinger ou Thomas Pynchon par exemple. Evidemment Conner ne doit en parler à personne et écrire un livre à la hauteur de ce que on lui demande.
Premier coup de canif au contrat : il en parlé à Adam qui ressent une forme de jalousie.
Ce roman à tiroirs nous entraine dans une zone où la frontière entre réalité et fiction sont poreuses. L'appât du gain causera bien des torts en tout genre et les réflexions sur le rôle de l'écrivain et de ses attentes sont l'un des points forts de ce livre.
Très habilement mené, Adam Langer entretient une tension telle qu'on ne lâche pas ce livre. J'ai juste un bémol pour la fin mais je ne boude pas mon plaisir.
Journaliste et également écrivain en panne, Adam Langer revoit par hasard un auteur qu'il avait interviewé quelques années auparavant : Conner Joyce auteur de polars à succès.. Les deux hommes ne sont pas que ce qu'on pourrait appeler des amis mais Conner choisit Adam comme confident. Conner a reçu une proposition contre un gros paquet d'argent : écrire un seul et unique livre pour un commanditaire. Ce dernier lui confie que des grand noms ont accepté avant lui : Salinger ou Thomas Pynchon par exemple. Evidemment Conner ne doit en parler à personne et écrire un livre à la hauteur de ce que on lui demande.
Premier coup de canif au contrat : il en parlé à Adam qui ressent une forme de jalousie.
Ce roman à tiroirs nous entraine dans une zone où la frontière entre réalité et fiction sont poreuses. L'appât du gain causera bien des torts en tout genre et les réflexions sur le rôle de l'écrivain et de ses attentes sont l'un des points forts de ce livre.
Très habilement mené, Adam Langer entretient une tension telle qu'on ne lâche pas ce livre. J'ai juste un bémol pour la fin mais je ne boude pas mon plaisir.
mardi 23 février 2016
Karin Slaughter - Pretty girls
Editeur : Mosaïc - Traduit de l'américain par François Rosso - Date de parution : Février 2016 - 517 pages et un avis très mitigé.
Babelio m’ayant proposé de découvrir ce livre, j’ai accepté car le résumé me tentait bien (et parce que quand j’accumule les abandons côté romans, je lis un polar ou un thriller).
Claire et Lydia sont sœurs mais ne se parlent plus depuis plus de seize ans. A l’époque, leur sœur cadette Julia avait disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé tout comme le coupable et la famille a implosé. Lydia avait de mauvaises fréquentations et touchait à la drogue. Claire plus réservée sortait avec Paul qui est devenu son mari. Depuis, elle a une vie sans anicroche et très confortable ( Paul est architecte). Devenue maman, Lydia s’est « rangée » et fait de son mieux pour élever sa fille ado. La vie de Claire bascule quand Paul est assassiné sous ses yeux. La police mène l’enquête mais bizarrement, le FBI s’intéresse aussi à l’affaire. Quand l’associé de Paul demande à Claire les dossiers sur lesquels son défunt mari travaillait, elle découvre des Snuff Movies sur son ordinateur.
Malgré une écriture passe partout, des petites incohérences ou des raccourcis un peu étranges, des répétitions d’expression (qui m’ont agacée à force), des personnages un peu trop manichéens, Karin Slaughter a réussi l'exploit de m'éviter l'abandon. Pourtant, elle appuie de trop sur la réconciliation des deux sœurs (on se pardonne, c’est merveilleux, nous faisons front ensemble) et utilise la fibre sensible chez le lecteur (sauf à qu’à trop s’en servir, ça en devient usant). Mais titillée malgré tout par l’intrigue, j'ai été jusqu'au bout car c'est un page turner.
En conclusion, un thriller sans rien d'extraordinaire.
Le billet d'Alex
Babelio m’ayant proposé de découvrir ce livre, j’ai accepté car le résumé me tentait bien (et parce que quand j’accumule les abandons côté romans, je lis un polar ou un thriller).
Claire et Lydia sont sœurs mais ne se parlent plus depuis plus de seize ans. A l’époque, leur sœur cadette Julia avait disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé tout comme le coupable et la famille a implosé. Lydia avait de mauvaises fréquentations et touchait à la drogue. Claire plus réservée sortait avec Paul qui est devenu son mari. Depuis, elle a une vie sans anicroche et très confortable ( Paul est architecte). Devenue maman, Lydia s’est « rangée » et fait de son mieux pour élever sa fille ado. La vie de Claire bascule quand Paul est assassiné sous ses yeux. La police mène l’enquête mais bizarrement, le FBI s’intéresse aussi à l’affaire. Quand l’associé de Paul demande à Claire les dossiers sur lesquels son défunt mari travaillait, elle découvre des Snuff Movies sur son ordinateur.
Malgré une écriture passe partout, des petites incohérences ou des raccourcis un peu étranges, des répétitions d’expression (qui m’ont agacée à force), des personnages un peu trop manichéens, Karin Slaughter a réussi l'exploit de m'éviter l'abandon. Pourtant, elle appuie de trop sur la réconciliation des deux sœurs (on se pardonne, c’est merveilleux, nous faisons front ensemble) et utilise la fibre sensible chez le lecteur (sauf à qu’à trop s’en servir, ça en devient usant). Mais titillée malgré tout par l’intrigue, j'ai été jusqu'au bout car c'est un page turner.
En conclusion, un thriller sans rien d'extraordinaire.
Le billet d'Alex
vendredi 12 février 2016
Franck Bouysse - Grossir le ciel
Editeur : Le livre de poche- Date de parution : Janvier 2016 - 240 pages qui prennent à la gorge.
22 janvier 2007, l’Abbé Pierre vient de mourir. Au fin fond des Cévennes, Gus paysan solitaire d'une cinquantaine d'années apprend l’information. Son chien Mars, la solitude en compagne, le travail à la ferme et les vaches à s’occuper hiver comme été sont son quotidien. Gus est un taiseux comme son plus proche voisin Abel. Les deux hommes ne se parlent que depuis vingt ans pourtant tous deux sont des enfants du pays qui ont hérité de la ferme familiale. A l’occasion, ils s‘aident pour certains travaux agricoles, ils en profitent pour parler un peu des bêtes, de la météo et boire un coup. Pas plus. Gus n’arrive pas à s’enlever de la tête le mort de l’Abbé Pierre et avec elle, ce sont d’autres souvenirs qui s’invitent ( « des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de le savoir, mais qui ressurgissent et s’imposent, sans crier gare »). En quelques jours, la vie de Gus est perturbée par des éléments : la visite d’un évangéliste, le changement de comportement d’Abel.
Si Franck Bouysse installe un suspense, il nous raconte avant tout une vie. L’écriture sans effets de manche prend à la gorge que ça soit pour décrire des blessures profondes ou l’amour de la nature comme ce que renferment les silences et les non-dits.
Les descriptions du monde rural, des attitudes, des gestes, des expressions et ce sont autant d’éléments qui ont déclenché chez moi une multitude de flashbacks. Alors forcément cette lecture m’a d’autant plus parlée, touchée (et remuée).
Ici, les lignées, elles s’éteignent toutes les unes après les autres, comme des bougies qui n'ont plus de cire à brûler. C'est ça le truc, la mèche, c'est rien du tout si il y a plus de cire, une sorte de pâte humaine, si bien que l'obscurité gagne un peu plus de terrain chaque jour ; et personne n'est assez puissant pour contrecarrer le projet de la nuit.
Et ces mots terribles au détour d’une phrase « une famille soudée par la ferme ».
22 janvier 2007, l’Abbé Pierre vient de mourir. Au fin fond des Cévennes, Gus paysan solitaire d'une cinquantaine d'années apprend l’information. Son chien Mars, la solitude en compagne, le travail à la ferme et les vaches à s’occuper hiver comme été sont son quotidien. Gus est un taiseux comme son plus proche voisin Abel. Les deux hommes ne se parlent que depuis vingt ans pourtant tous deux sont des enfants du pays qui ont hérité de la ferme familiale. A l’occasion, ils s‘aident pour certains travaux agricoles, ils en profitent pour parler un peu des bêtes, de la météo et boire un coup. Pas plus. Gus n’arrive pas à s’enlever de la tête le mort de l’Abbé Pierre et avec elle, ce sont d’autres souvenirs qui s’invitent ( « des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de le savoir, mais qui ressurgissent et s’imposent, sans crier gare »). En quelques jours, la vie de Gus est perturbée par des éléments : la visite d’un évangéliste, le changement de comportement d’Abel.
Si Franck Bouysse installe un suspense, il nous raconte avant tout une vie. L’écriture sans effets de manche prend à la gorge que ça soit pour décrire des blessures profondes ou l’amour de la nature comme ce que renferment les silences et les non-dits.
Les descriptions du monde rural, des attitudes, des gestes, des expressions et ce sont autant d’éléments qui ont déclenché chez moi une multitude de flashbacks. Alors forcément cette lecture m’a d’autant plus parlée, touchée (et remuée).
Ici, les lignées, elles s’éteignent toutes les unes après les autres, comme des bougies qui n'ont plus de cire à brûler. C'est ça le truc, la mèche, c'est rien du tout si il y a plus de cire, une sorte de pâte humaine, si bien que l'obscurité gagne un peu plus de terrain chaque jour ; et personne n'est assez puissant pour contrecarrer le projet de la nuit.
Et ces mots terribles au détour d’une phrase « une famille soudée par la ferme ».
mercredi 27 janvier 2016
Jon Bassoff- Corrosion
Editeur : Gallmeister - Traduit de l'américain par Anatole Pons - Date de parution : Janvier 2016 - 227 pages noires terriblement bien menées !
Joseph Downs ancien Marine ayant combattu en Irak tombe en panne dans un de ces un trous paumés de l’Amérique. Avec son visage mutilé par une explosion, il ne passe pas inaperçu. Dans un bar, il assiste à une scène où un homme bat sa femme. Il s’interfère pensant que la page sera tournée. Mais dans son hôtel miteux le temps que sa voiture soit réparée, la jeune femme vient le voir. D’un beauté assez vulgaire, Lilith lui raconte que son mari la frappe régulièrement. Pour se faire de l’argent afin de payer les réparations de sa voiture, il travaille et le soir, il retrouve Lilith. Mais un homme affirme qu’il ment sur son identité. Joseph n’a qu’une idée reprendre la route pour rejoindre la montagne. Sauf qu'il se laisse attendrir par Lilith et son plan. tuer son mari pour toucher l’assurance-vie et ensuite ils pourront partir tous les deux. Sauf que Lilith l’a manipulé.
Puis on découvre un adolescent. Sa mère est malade et et son père passe son temps à trouver un remède sur des rats. Le gamin est Joseph mais il se prénomme différemment. Et commence une plongée infernale dans les abîmes noires où la folie, les prédicateurs, la foi ont façonné celui qui se fait appeler Joseph.
C’est noir, très noir, sans concession et l’écriture de Jon Bassoff aux phrases courtes et sèches est hypnotique. On a l’impression d’évoluer dans un autre monde, on est bousculé et pas qu’un peu. L’auteure nous montre la noirceur de l’âme humaine. Terrifiant, bousculant et implacable.
Tu sais ce que ça fait d'être un laissé-pour-compte, tu sais ce que ça fait de toujours avoir des gens qui murmurent dans ton dos, qui disent ce garçon n'est pas net, toute cette famille n'est pas nette ? Et parfois elle me regardait exactement comme mon père regardait les rats, et parfois l'humanité filtrait par ses pores et elle ne caresser la tête et disait ne pleure pas, ce monde est pourri,(..)
Le billet de Laure
Joseph Downs ancien Marine ayant combattu en Irak tombe en panne dans un de ces un trous paumés de l’Amérique. Avec son visage mutilé par une explosion, il ne passe pas inaperçu. Dans un bar, il assiste à une scène où un homme bat sa femme. Il s’interfère pensant que la page sera tournée. Mais dans son hôtel miteux le temps que sa voiture soit réparée, la jeune femme vient le voir. D’un beauté assez vulgaire, Lilith lui raconte que son mari la frappe régulièrement. Pour se faire de l’argent afin de payer les réparations de sa voiture, il travaille et le soir, il retrouve Lilith. Mais un homme affirme qu’il ment sur son identité. Joseph n’a qu’une idée reprendre la route pour rejoindre la montagne. Sauf qu'il se laisse attendrir par Lilith et son plan. tuer son mari pour toucher l’assurance-vie et ensuite ils pourront partir tous les deux. Sauf que Lilith l’a manipulé.
Puis on découvre un adolescent. Sa mère est malade et et son père passe son temps à trouver un remède sur des rats. Le gamin est Joseph mais il se prénomme différemment. Et commence une plongée infernale dans les abîmes noires où la folie, les prédicateurs, la foi ont façonné celui qui se fait appeler Joseph.
C’est noir, très noir, sans concession et l’écriture de Jon Bassoff aux phrases courtes et sèches est hypnotique. On a l’impression d’évoluer dans un autre monde, on est bousculé et pas qu’un peu. L’auteure nous montre la noirceur de l’âme humaine. Terrifiant, bousculant et implacable.
Tu sais ce que ça fait d'être un laissé-pour-compte, tu sais ce que ça fait de toujours avoir des gens qui murmurent dans ton dos, qui disent ce garçon n'est pas net, toute cette famille n'est pas nette ? Et parfois elle me regardait exactement comme mon père regardait les rats, et parfois l'humanité filtrait par ses pores et elle ne caresser la tête et disait ne pleure pas, ce monde est pourri,(..)
Le billet de Laure
lundi 28 décembre 2015
Liz Nugent - Oliver ou la fabrique d'un manipulateur
Editeur : Denoël- Date de parution : Septembre 2015 - Traduit de l’anglais (Irlande) par Edith Soonckindt - 242 pages addictives !
Il la tape puis sort faire un tour et boire dans un bar. Il revient, elle dit qu'elle sait tout de lui. Il la frappe à nouveau très fort et elle sombre dans le coma.
Oliver Ryan est un auteur à succès de livres pour enfants. Sa femme Alice les illustre et tous deux forment un couple sans histoire et sans problème. Mais les apparences peuvent être trompeuses quand un des deux a menti depuis très longtemps. C'est ce qu'Oliver a fait depuis toujours et envers tout le monde. Il s'est fabriqué une image mais Alice sa femme va découvrir qui il est et bien pire encore.
Plusieurs personnages prennent la parole ainsi qu'Oliver lui-même, et on remonte le temps jusqu'à l'enfance d'Oliver. Et chacun raconte. Comment il a rencontré Oliver, sa personnalité mais personne ne comprend pourquoi il a été aussi violent envers Alice. Si les différents témoignages ne nous permettent pas de savoir qui est véritablement Oliver, on se rend compte qu'il n'était jamais franc. Mais en tant que lecteur on est loin, très loin de s'imaginer la sordide réalité.
Ce polar très psychologique se déroule en Irlande mais il nous fait voyager également en France. Implacable, hyper bien mené, on tourne les pages avec frénésie car Liz Nugent sait nous ferrer dès le départ. Et quand une une partie de la lumière apparaît ou se dessine, elle est odieuse. Oliver est un manipulateur, un caméléon, un être égoïste, perfide et sans scrupule. Le fin mot de l'histoire lui m'a laissé abasourdie. Un polar hautement addictif !
Le billet tentateur de Cuné
Il la tape puis sort faire un tour et boire dans un bar. Il revient, elle dit qu'elle sait tout de lui. Il la frappe à nouveau très fort et elle sombre dans le coma.
Oliver Ryan est un auteur à succès de livres pour enfants. Sa femme Alice les illustre et tous deux forment un couple sans histoire et sans problème. Mais les apparences peuvent être trompeuses quand un des deux a menti depuis très longtemps. C'est ce qu'Oliver a fait depuis toujours et envers tout le monde. Il s'est fabriqué une image mais Alice sa femme va découvrir qui il est et bien pire encore.
Plusieurs personnages prennent la parole ainsi qu'Oliver lui-même, et on remonte le temps jusqu'à l'enfance d'Oliver. Et chacun raconte. Comment il a rencontré Oliver, sa personnalité mais personne ne comprend pourquoi il a été aussi violent envers Alice. Si les différents témoignages ne nous permettent pas de savoir qui est véritablement Oliver, on se rend compte qu'il n'était jamais franc. Mais en tant que lecteur on est loin, très loin de s'imaginer la sordide réalité.
Ce polar très psychologique se déroule en Irlande mais il nous fait voyager également en France. Implacable, hyper bien mené, on tourne les pages avec frénésie car Liz Nugent sait nous ferrer dès le départ. Et quand une une partie de la lumière apparaît ou se dessine, elle est odieuse. Oliver est un manipulateur, un caméléon, un être égoïste, perfide et sans scrupule. Le fin mot de l'histoire lui m'a laissé abasourdie. Un polar hautement addictif !
Le billet tentateur de Cuné
mardi 15 décembre 2015
Henning Mankell - L'homme inquiet
Editeur : Points - Traduit du suédois par Anna Gibson - Date de parution : 2012 - 593 pages et un coup de coeur !
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
vendredi 17 juillet 2015
Marie Neuser - Prendre Lily
Éditeur : Fleuve noir - Date de parution : Mai 2015 - 524 pages qui m'ont happée !
12 novembre 2002. Dans un quartier paisible d'une petite ville anglaise B., deux fillettes découvrent en rentrant de l'école leur mère sauvagement assassinée gisant dans la baignoire. La femme a été mutilée ( je passe les détails) et son meurtrier a placé deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre ses doigts.
Ce livre s'ouvre directement sur la scène où l'équipe de police dont fait partie Gordon McLiam débarque au domicile de Lily Hewitt. Un voisin Damiano Solivo ayant entendu hurler les deux filles les a appelés. Gordon McLiam ne peut chasser de son esprit ce qu'il a vu et pourtant ce n'est pas un débutant. Lily Hewitt la quarantaine bien passée, divorcée et couturière n'avait rien qui puisse lui attirer des ennuis. Gordon prend cette enquête à cœur, très ou trop à cœur. Hanté par Lily et par sa mort, il se promet de mettre l'assassin sous les verrous. Les soupçons se portent rapidement sur Damiano Solivo mais les preuves sont inexistantes ou inexploitables. A chaque interrogatoire, comme une couleuvre il glisse entre les mains des policiers. D'origine italienne et parlant très mal l'anglais, il a quand même réponse à tout et surtout il a un alibi. Mais Gordon a cette intime conviction que c'est bien lui tout comme ses collègues. Les mois passent et Gordon ne veut pas laisser tomber. Ce serait comme abandonner Lily et sa promesse.
L'histoire est racontée par Gordon et c'est comme si on était à sa place. Les mois deviennent des années, l'enquête semble avancer et à plusieurs reprises on se dit que cette fois c'est bon, Solivo va être arrêté. Mais les impasses et les déceptions surgissent et ce sont autant de frustrations comme si on était face à un meurtre parfait. Un des intérêts de ce livre est qu'il nous plonge dans les ressentis de Gordon sur dix ans tout comme il nous immerge dans l'enquête. Car oui, il faudra presque dix longues années pour coincer Solivo. Ca colle à une réalité, à un travail acharné où quelquefois le découragement surgit et est si grand que Gordon est prêt à bafouer l'éthique.
J'étais loin de m'imaginer que j'allais devenir accro. Et c'est un livre que j'ai eu du mal à lâcher tant j'ai été happée ! C'est précis mais jamais ennuyeux, on a l'impression que Solivo joue avec nos nerfs et c'est parfaitement réussi.
Un thriller totalement et hautement addictif où les émotions sont semblables à des montagnes russes.
Le début :
Voilà. Ça devait bien arriver un jour. Il fallait que ça arrive, on a beau repousser de toutes ses forces, pendant quinze ans, l'idée que ça nous tomberait forcément dessus au milieu de la torpeur bonhomme d'un petit commissariat de petite ville tranquille, on sait que ça plane, qu'on y aura droit, qu'on échappera pas à l'enfer. On fait ce métier en se disant qu'on finira bien par être rattrapé par l'enfer.
On sait qu'un jour, on se retrouvera entrain de vomir sur une scène de crime, et qu'en contemplant dans l'herbe ce souvenir de breakfast on comprendra que c'est là le point de bascule.
J'ai basculé un 12 novembre.
Ce sont des voisins qui nous ont appelés. Quand ils ont trouvé les deux petites en train de courir dans la rue en hurlant : « Maman a été coupée en morceaux. » Ils ont réceptionné les deux gosses et nous ont immédiatement téléphoné. Ils ne sont pas allés voir par eux-mêmes. Normal. Ils nous ont refilé l'enfer comme on refile un bébé.
Même devant l'habitation quelque chose glaçait le sang : c'était le calme et la coquetterie de cette petite maison avec jardinet et géraniums, rideaux froncés aux fenêtres, une atmosphère humble mais impeccable. Pas un endroit pour l'horreur.
12 novembre 2002. Dans un quartier paisible d'une petite ville anglaise B., deux fillettes découvrent en rentrant de l'école leur mère sauvagement assassinée gisant dans la baignoire. La femme a été mutilée ( je passe les détails) et son meurtrier a placé deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre ses doigts.
Ce livre s'ouvre directement sur la scène où l'équipe de police dont fait partie Gordon McLiam débarque au domicile de Lily Hewitt. Un voisin Damiano Solivo ayant entendu hurler les deux filles les a appelés. Gordon McLiam ne peut chasser de son esprit ce qu'il a vu et pourtant ce n'est pas un débutant. Lily Hewitt la quarantaine bien passée, divorcée et couturière n'avait rien qui puisse lui attirer des ennuis. Gordon prend cette enquête à cœur, très ou trop à cœur. Hanté par Lily et par sa mort, il se promet de mettre l'assassin sous les verrous. Les soupçons se portent rapidement sur Damiano Solivo mais les preuves sont inexistantes ou inexploitables. A chaque interrogatoire, comme une couleuvre il glisse entre les mains des policiers. D'origine italienne et parlant très mal l'anglais, il a quand même réponse à tout et surtout il a un alibi. Mais Gordon a cette intime conviction que c'est bien lui tout comme ses collègues. Les mois passent et Gordon ne veut pas laisser tomber. Ce serait comme abandonner Lily et sa promesse.
L'histoire est racontée par Gordon et c'est comme si on était à sa place. Les mois deviennent des années, l'enquête semble avancer et à plusieurs reprises on se dit que cette fois c'est bon, Solivo va être arrêté. Mais les impasses et les déceptions surgissent et ce sont autant de frustrations comme si on était face à un meurtre parfait. Un des intérêts de ce livre est qu'il nous plonge dans les ressentis de Gordon sur dix ans tout comme il nous immerge dans l'enquête. Car oui, il faudra presque dix longues années pour coincer Solivo. Ca colle à une réalité, à un travail acharné où quelquefois le découragement surgit et est si grand que Gordon est prêt à bafouer l'éthique.
J'étais loin de m'imaginer que j'allais devenir accro. Et c'est un livre que j'ai eu du mal à lâcher tant j'ai été happée ! C'est précis mais jamais ennuyeux, on a l'impression que Solivo joue avec nos nerfs et c'est parfaitement réussi.
Un thriller totalement et hautement addictif où les émotions sont semblables à des montagnes russes.
Le début :
Voilà. Ça devait bien arriver un jour. Il fallait que ça arrive, on a beau repousser de toutes ses forces, pendant quinze ans, l'idée que ça nous tomberait forcément dessus au milieu de la torpeur bonhomme d'un petit commissariat de petite ville tranquille, on sait que ça plane, qu'on y aura droit, qu'on échappera pas à l'enfer. On fait ce métier en se disant qu'on finira bien par être rattrapé par l'enfer.
On sait qu'un jour, on se retrouvera entrain de vomir sur une scène de crime, et qu'en contemplant dans l'herbe ce souvenir de breakfast on comprendra que c'est là le point de bascule.
J'ai basculé un 12 novembre.
Ce sont des voisins qui nous ont appelés. Quand ils ont trouvé les deux petites en train de courir dans la rue en hurlant : « Maman a été coupée en morceaux. » Ils ont réceptionné les deux gosses et nous ont immédiatement téléphoné. Ils ne sont pas allés voir par eux-mêmes. Normal. Ils nous ont refilé l'enfer comme on refile un bébé.
Même devant l'habitation quelque chose glaçait le sang : c'était le calme et la coquetterie de cette petite maison avec jardinet et géraniums, rideaux froncés aux fenêtres, une atmosphère humble mais impeccable. Pas un endroit pour l'horreur.
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