mardi 4 octobre 2011

Jean-Paul Nozière - Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou

Éditeur : Thierry Magnier - Date de parution : Février 2011 - 258 pages

12 juillet: Elise, trois ans joue au square surveillée par son grand-frère âgé de dix-sept  ans. En quelques minutes alors qu’une femme s’occupe de distraire son frère, la fillette est enlevée.
Dix ans plus tard, à l’autre bout de la France, une petite commune voit sa tranquillité estivale bousculer. Alice, lycéenne s’ennuie. A part les baignades au Lac du Serpent, il n’y a rien à faire. Elle occupe tant bien que mal ses journées entre Gabin son petit frère de huit ans et  la lecture quotidienne à Jean-Alain surnommé Linlin. Jean-Alain, dix-sept ans souffre de troubles mentaux sévères. Quand Laura, une voisine de treize ans disparait, le coupable est tout désigné…

Encore une belle découverte  chez Thierry Magnier ! Et oui, je ne vais pas vous parler du dernier thriller dont tout le monde dit le plus grand  bien mais de ce  livre qui est  palpitant ! Dès le départ, la tension est installée par différents vecteurs. Construit sur une période très courte d’un mois de juillet, l’auteur s’attarde sur les relations entre  les différents  personnages et réussit à installer très rapidement une tension digne d’un polar ! Il y a Alice, la gentille lycéenne,dévouée,  protectrice envers Jean-Alain son voisin. Laura, treize ans qui joue de ses charmes pour l'émoustiller. Jean-Alain à cause de son handicap mental est considéré comme un pauvre idiot par la plupart des habitants. Couvé par ses parents, surtout sa mère, il s’intéresse aux filles  et aime aller aux abords du lac les regarder.  En ce mois de juillet, la gendarmerie insiste sur la prévention multipliant  les tours de ronde. Lorsque Laura disparait, tout indique Jean-Alain comme coupable.Tout va très vite et quand on pense que l’affaire est terminée,  la toute dernière page agit comme  une claque !   Je n’en dis pas plus… A part, lisez-le !!! 

Je n’ai reposé ce livre que lorsque je  l’avais terminé ! J’ai été captivée ! Encore un livre pioché au rayon Ado de la bibliothèque et qui n’a rien à envier à la littérature adultes !

Je suis entièrement d'accord avec la quatrième de couverture : "Évoquer la vie des gens, leurs petits secrets, leurs grandes peurs, tresser des destins ordinaires et pourtant singuliers, voici l'art du romancier qui nous mène où il veut". Et Jean-Paul Nozière y arrive avec brio!


Le billet de Lasardine conquise!


lundi 3 octobre 2011

Howard Jacobson - La question finkler

Éditeur : Calmann-Lévy - Date de parution : Août 2011 - 382 pages irrésistibles!

Howard Jacobson est devenu sans le savoir l’un de mes auteurs chouchous avec ce livre. Il est désormais inscrit sur ma liste précieuse (liste , je vous rassure, convoitée par personne). La question finkler ne m’a pas quittée pendant quelques jours.  Un vrai bonheur de lecture, car ce livre  est irrésistible  intelligent, subtil et drôle ! Appelons un chat par un chat, La question finkler est la question juive. Après une soirée passée avec ses deux amis,  Julian a été agressé dans les rues de Londres  par une femme  et selon lui pris pour un juif. Il aimerait savoir pourquoi ses deux amis Sam Finkler et Libor Sevcik  semblent si différents (et toujours en mieux que lui ) par leur judaïté. Julian et Sam, la cinquantaine passée, se connaissent depuis l'enfance et Libor, quatre vingt et quelques années, est leur ancien professeur. Libor a du mal à surmonter la mort de son épouse à qui il vouait un amour incommensurable. Sam, veuf également depuis peu est beaucoup moins affecté.  Julian a toujours quitté ses compagnes  ou inversement. Si Sam est une ancienne figure médiatique de petit écran, auteur de livres à thèmes philosophiques, Julian a officié à la BBC et travaille en tant que sosie. A travers ces trois personnages aux caractères différents, Howard Jacobson excelle tout simplement!

Usant d’un  humour décapant, cynique ou complètement hilarant ( j’ai relu des phrases rien que pour la subtilité ou le loufoque ), l’auteur nous amène bien plus qu’à travailler nos zygomatiques. Avec intelligence, les réflexions  sur la question  qu'est ce qu'être juif sont posées. Une question qui englobe beaucoup de thématiques :  l’acceptation ou non de son identité, la culture, la religion et l’antisémitisme. 
Si on rigole beaucoup, on grince également des dents.
Et une fois terminée, cette lecture continue à nous trotter en  tête...

Un livre irrésistible,  impeccablement mené sur toute la ligne ! S'en priver serait vraiment dommage !

Les billets de Cuné et Keisha

samedi 1 octobre 2011

Stéphane Hoffmann - Les autos tamponneuses

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Août 2011 - 233 pages


Marié depuis plus de quarante à Hélène, Pierre Bailly décide du jour au lendemain de se retirer des  affaires. Lui qui a réussi s’ennuie désormais et veut profiter de la retraite. Il quitte définitivement Paris où il séjournait la semaine pour s’installer dans leur maison de Vannes. Sauf que son épouse Hélène ne voit pas ce retour d’un bon œil.


Stéphane Hoffmann n’a pas froid aux yeux et use d’une plume vraiment féroce! Son personnage Pierre, a prospéré dans le monde des affaires en épousant  Hélène, fille d’un autodidacte ayant construit un petit empire. Sauf que Pierre ne s’amuse plus, il est temps pour lui et selon lui de passer du temps auprès d’Hélène dans leur belle maison du golfe du Morbihan. Mais Hélène n’est pas de cet avis. Hélène ignore Pierre et ne sait pas comment il va s’occuper. Lui non plus d’ailleurs.  Que va t-il faire de sa retraite ? S’acheter un bateau pour quelques promenades, aller au marché  (celui où il faut  être vu par les notables de la bourgeoisie vannetaise), échanger  quelques réflexions dans un club quelconque ? Pierre méprise tous ces gens et l’est autant. Hautain, nombriliste tout comme  son épouse. Ou du moins c’est ce que nous  laisse penser l’auteur. J’ai souri et j’ai jubilé (oui, je sais, je suis méchante) grâce à  cet humour cynique et  affuté, à cette fausse  légèreté et cette autodérision. Aux premiers abords, on pourrait  penser que l’auteur décrit uniquement à coups de canif les habitudes de la bourgeoisie vannetaise. Il y a plus avec  le couple Pierre-Hélène. Un couple qui n'a aucune nouvelle de leurs deux enfants, et d’ailleurs qui ne sait pas s’il a ou non des petits-enfants. La mort  d'Alain leur fils aîné il y a plus de vingt ans semble avoir été acceptée par l'un et par l'autre. Sans surprise, l'auteur nous amène  sur le terrain des émotions enfouies sous une couche épaisse de mondanités (et autres activités) provinciales. 

Ce livre a sans aucun doute secoué le petit monde de Vannes. Pour ma part, j’ai apprécié cette lecture même si j'ai trouvé la trame  sans grande originalité.
  
Le mariage a toujours ressemblé à un tour en autos tamponneuses : c'est inconfortable, on prend des coups,on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n'est pas seul.


Les billets d’Alex, Passion de lecteur, Ys