mardi 31 janvier 2012

Sonia David - les petits succès sont un grand désastre


Éditeur : Robert Laffont - Date de parution : Janvier 2012 - 419 pages remplies de vie!

Rose, célibataire, la quarantaine est traductrice et vit dans le quartier de Montmartre. Elle retrouve régulièrement en fin de journée ses amis (autrement dit la Pap’team ) pour prendre un verre au Papillon.

Cette dizaine d’amis s’appelle par des surnoms. Zero ( c’est-à-dire Rose) aime particulièrement ce point d’ancrage dans sa journée. Ils  discutent, s’interrogent, décompressent d’une journée de s’inquiètent pour celui (ou celle) qui  semble aller mal. Il y a les fidèles, ceux qui passent moins souvent, les couples formels ou non, les affinités qui font que l’on est ami ou seulement copain.  Quand Rose gagne soixante mille Euros à un jeu concours, elle décide d’écrire. De raconter ce qu’est la Pap’team et d’interviewer chacun.  Se pose la question : écrire sur ses amis, n’est ce pas les trahir ?  Même si ce roman n’est pas parfait (quelques longueurs et des paragraphes qui auraient mérité une relecture), je l’ai aimé ! Parce que ce roman est d’une vitalité réelle, que l’humour et les réflexions sont tout à fait crédibles ! J’ai eu l’impression d’être aux côtés de Rose et de sa bande d’amis, certains m’ont agacé quelquefois ou m’ont fait sourire ... comme dans la vie ! 

Une auteure à suivre de près car il s’agit de son premier roman.

J'allais écrire sur l'amitié pour confirmer, comme j l'avais affirmé à Vincent, que ce n'était pas grave. Et rendre grâce aux parenthèses - les bistrots, les bandes, le verre de trop, la dernière cigarette-, ces merveilleux moments sans conséquence qui font le présent et peut-être, aussi, les meilleurs souvenirs.

Le billet de Cuné



lundi 30 janvier 2012

Riikka Pulkkinen - L'armoire des robes oubliées


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : janvier 2012 - 398 pages très belles!

Elsa ancienne professeure et pédopsychiatre  est atteinte d’un cancer. Elle préfère rentrer chez elle auprès de son mari Martii peintre renommé que de rester en soins palliatifs. Pour profiter encore de la vie et de sa famille. Comme pour prolonger ces choses qu’elle a aimé, elle propose à Anna, une de ses deux petites-filles  de se déguiser et de prendre le thé comme quand Anna était enfant. Anna découvre une robe qui n’était ni à sa grand-mère ni à sa mère Eleonoora. Elsa lui raconte à qui appartenait cette robe et lui dévoile un secret.

Elsinki, Années 1960:  Martii est au tout début de sa carrière d’artiste peintre et Elsa effectue de nombreux déplacements pour ses travaux d’études sur les enfants. Eeva étudiante est employée par le couple pour s’occuper d’Eleonoora lorsqu’Elsa s'absente. Ce qui n’aurait pas dû se produire arrive, Martii et Eeva tombent amoureux.  Vous comprendrez qui est la propriétaire de la robe retrouvée par Anna. L’erreur serait de croire que ce roman ne parle que de cette histoire d’amour ! Car avec une écriture posée, Riikka Pulkkinen nous dépeint  des sentiments  forts comme  le sont la peur de la mort, le vent de liberté et d’indépendance durant les années soixante, l’envie d’Elsa de mener de front sa carrière professionnelle et familiale,  les liens entre les membres de cette famille. Sans compter qu'avec habileté, elle se glisse dans la peau de plusieurs personnages tout au long du récit. Des personnages humains, touchants à qui elle a su insuffler une densité et une profondeur. Et, puis il y aussi  cette  faculté à décrire si justement Martii et Elsa  au début de leur vie de famille et cinquante ans plus tard avec ce que la vie leur a apporté.

Alors, c’est vrai je pourrais continuer à vous énoncer  toutes les qualités de ce roman mais  je vous dirai juste qu’il est très beau sur toute la ligne ! Riikka Pulkkinen nous offre une histoire prenante avec sensibilité et beaucoup de talent ! 

Les billets de Gwen et Lyvres  

Première participation avec la Finlande!

samedi 28 janvier 2012

Bertrand Guillot - Le métro est un sport collectif


Éditeur : Rue Fromentin - Date de parution : Janvier 2012 - 170 pages souterraines remplies de fraicheur !

Le métro est  invariablement associé à la cohue aux heures de pointe, aux gens qui ne sourient pas, à un individualisme souvent  flagrant,  aux retards ou aux perturbations. Mais c’est également un  lieu où les barrières sociales n’existent plus. Actif, touriste de passage, personnes qui font la manche... ces personnes se frôlent, cohabitent le temps de quelques minutes ou plus.

L'auteur a arpenté durant une année le métro  avec son carnet à la main.  Il nous livre des  chroniques de ce monde souterrain. Un monde à part où l’on subit la musique des baladeurs ou alors les conversations téléphoniques, la mauvaise humeur… Et puis, il y a des étincelles de plaisir, des regards échangés sans un mot ou des mercis sincères. Avec beaucoup d'humour, il nous transpose ces scènes avec ces personnages  et ce sont autant de portraits où l'on peut se reconnaître. Par exemple, quand je me rends à Paris,  j'ai les yeux fixés sur le plan de la ligne  de peur de rater mon arrêt ( mais pas en mode "je me cramponne à  mon sac de toutes mes forces" quand même…). Et puis, il y a ces pensées qui traversent l’esprit, ces remarques que l’on aimerait avoir le courage de dire mais que l’on tait. Bertrand Guillot les écrit avec franchise. Sans endosser un costume de robin des bois du métro qui aurait fait régner justice et politesse.  Si le ton se fait quelquefois léger, il n’en demeure pas moins que ce livre est un miroir de nous-mêmes…Car le métro est un théâtre qui se joue tous les jours à ciel fermé.

J’ai retrouvé avec plaisir le sens de d’observation de Bertrand Guillot que j’avais découvert dans b.a.–ba la vie sans savoir lire et cette capacité à s’interroger sur lui-même et les autres. Ce livre s’adresse à tout le monde et non pas qu’aux adeptes du métro parisien ! Pour preuve,  j’ai  vécu certaines situations relatées dans ce livre dans mes bus provinciaux. Cette lecture, si elle donne le sourire aux lèvres, nous pousse également à réviser nos comportements ou attitudes. A lire et à mettre en pratique!

Je repense à ce moment, je revois cette fossette, je me dis qu'elle n' a pas de chance, cette jolie comédienne. Il y a quelques années, tous les sourires du monde lui disaient qu'elle était jolie. Aujourd'hui, elle croit seulement qu'on vient de la reconnaître. Etre connu, on le sait, ça doit être pénible. Etre semi-connu, c'est peut-être pire.