lundi 31 décembre 2012

Françoise Hardy - L'Amour fou


Éditeur : Albin Michel- Date de parution : Octobre 2012 - 188 pages et un lecture en demi-teinte

Que l'on ne s'y trompe pas, Françoise Hardy plus connue en tant que chanteuse est également une romancière. Dans ce livre, il s'agit de l'Amour avec un grand A. Celui qui par définition échappe à la raison, est passionnel, maladif, source de bonheur, de jalousie et destructeur.
Récit mettant en scène Elle et X. au passé, Elle raconte l'attente, l'imaginatif qui galope, les souffrances endurées par les actions ou le comportement de X, les tourments et l'affliction qui en découlent et alimentent l'amour. Elle s'y noie dans cette spirale, s' y accroche car persuadée que seul X. peut lui apporter cet amour. L'instinct de protection se réveille, Elle veut se tenir à distance de X. tout en étant habitée par lui. Quand ses amis lui disent de tourner la page car Elle est malheureuse, Elle veut encore y croire. Masochisme ? Non, mais l'amour qui survient à cet instant de son existence la rend fragile et dépendante. Blessée, malmenée par l'amour qui marque à jamais de son emblème au fer rouge le coeur et l'esprit, la délivrance en sera d'autant plus amère.

Au moment où je me suis faite la réflexion que l'auteure commençait tout juste à tourner autour du pot dans ces échanges croisés, elle met un point final en passant au présent avant de tomber dans le piège des redites inutiles. Le nom de Véronique Olmi s'est imposé durant cette lecture, auteure ayant pour thèmes de prédilection les relations compliquées, les amours impossibles. Deux auteures et des ressentis différents.
Françoise Hardy met l'amour à nu  et l'analyse parfaitement dans  une écriture travaillée (trop peut-être). Et  j'ai trouvé que la mélodie du style était  clinique voire froide, manquant d'émotions. Au final, une lecture en demi-teinte...

Elle fit valoir que la souffrance est inhérente à l'amour et que si on la refuse, on se coupe de l'amour, de la vie et, au bout du compte, de soi-même et des possibilités créatrices.

Les billets de Céleste, l'Irrégulière.  L'or des chambres nous parle de son album ayant pour titre également l'amour fou.

samedi 29 décembre 2012

Carole Zalberg - A défaut d'Amérique


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Février 2012 - 214 pages laissées avec regret ! 

Suzan est venue spécialement d’Amérique à Paris pour assister à l’enterrement d’Adèle. Dans le cimetière à l’abri des regards, elle observe la famille de celle qu’elle avait retrouvée quelques mois auparavant. Elle y reconnait les petits-enfants d’Adèle dont Fleur qui a perdu sa mère considérée comme le canard boiteux de la famille. Qui était vraiment cette française que Suzan avait  invitée chez son père?  Stanley et Adèle ne s'étaient pas revus depuis la guerre, chacun avait mené sa vie de son côté.  Adèle était mariée à Louis et  Stanley était rentré au pays. Il y avait rencontré la mère de Suzan. Une épouse, une femme modèle et lisse, se fondant dans son élégante et riche maison.Veuve comme Stanley, Adèle avait accepté avec plaisir l'invitation de Suzan et durant son séjour elle s'était émerveillée de tout, consciente de son pouvoir de séduction. Si le jeune et fringant soldat avait laissé place à un vieil homme, son cœur n’avait rien oublié de la française dont il était tombé amoureux à la libération de Paris durant la seconde guerre mondiale. Et Stanley pensait qu’Adèle allait dire oui à sa demande en mariage, à cette vie si merveilleuse aux Etats-Unis. Mais Adèle avait  refusé laissant œuvrer le chagrin et précipitant la mort de Stanley.  Est-que que Suzan finalement en voulait à Adèle d’être si différente de sa mère ou d’avoir permise au loup de rentrer dans la bergerie ? Jalouse, agacée par cette femme qui semblait ne retenir que le meilleur et cacher ce qui n’était pas avouable à son père.

Au bord de la tombe de sa grand-mère, Fleur déroule l’histoire d’Adèle liée à jamais à celle de la Pologne, des juifs et de leur sort. Le parcours des arrières grands-parents bousculé par l’Histoire, son arrière grand-mère femme à la forte personnalité qui traversera l’Europe avec Adèle à sa main. L’exil à Paris puis le début d'une tentative de reconstruction d'une vie  alors que les rafles ont emporté ceux et celles qui n’ont pas voulu prendre au sérieux les menaces venues d’Allemagne. Adèle avait tout de suite aimé Paris et s’y sentait à l’aise à l'inverse de ses parents.  Mais pour autant sa vie n’a pas été un long chemin tranquille. En dessous ses sourires enjoués se dissimulaient  aussi des drames liés à l’Histoire, à ses erreurs et à des blessures qui l'ont rendue maladroite. Trop ou pas assez aimante, Adèle n'aura jamais su trouver le bon équilibre.

Adèle relie Fleur et Suzan, l'une  a grandi a grandi dans l’ombre de sa grand-mère et des morts tandis que la seconde s'est  trouvée des prétextes à ses rêves avortés et à sa solitude. Les héritages familiaux et leurs poids sont des prismes où se reflètent ces personnages féminins à travers l’Histoire.  De ce magnifique roman choral qui nous entraîne dans l’existence de trois femmes, il se dégage une force. Cette possibilité de se destituer du passé ou d'en tirer le meilleur parti pour mieux vivre l'instant présent et appréhender  l'avenir. Fleur et Suzan le comprendront, la  mort d'Adèle ayant servie de catalyseur.

Carole Zalberg n’a pas peur de se déjouer des codes de l’écriture pour plonger avidement le lecteur dans ce style ample, puissant tel une ronde où les mots tanguent harmonieusement et illuminent les personnages de l’intérieur. Un livre dévoré mais pour lequel j’ai relu certains passages certains rien que pour le plaisir ! J'en redemande ! 

Rien n'y avait fait : en surface, ils étaient assortis. Mais leurs racines ne pouvaient s'emmêler dans le même terreau. Sans injures, sans violence apparente, leurs êtres profonds, encouragés chacun par sa clique de morts et de vivants, se battaient comme des chiffonniers.

Le billet de Charlotte qui a donné envie à Lucie, Mirontaine qui a donné envie à Antigone qui m'a donnée envie...

vendredi 28 décembre 2012

Qui l'eut crû? 4 ans de blog !

Première fois que je fête un anniversaire pour mon blog, 4 ans aujourd'hui ! Et dire que je m'étais lancée dans cette aventure sans rien connaître à la blogosphère. Un blog qui s'appelait initialement  Moi, Clara :  fibromyalgique , une épouse, une mère pas comme les autres avec pour  but d'expliquer le handicap, l'invalidité sans que l'on soit  forcément en fauteuil roulant. Des premiers écrits gauches, maladroits où se jetaient pêle-mêle colère et révolte. L'humour et l'auto-dérisions se sont très vite invités dans ces billets d'humeur et ce blog continue d'évoluer  au fil du temps.

Mon premier billet lecture est arrivé trois mois après. Juste quelques  lignes de ressentis. Pas plus. Maintenant, j'y parle lectures. Toujours et encore.  Insatiable, affamée de l'échappatoire, de l'imaginaire et de la réflexion apportée par les livres.

Ce blog me reflète et je me rends compte de tout le chemin effectué sur l'acceptation d'être qui je suis avec mes problèmes de santé, l'étiquette fibromyalgie rangée au placard, l'inconnu en ce qui concerne l'évolution (de ma santé) mais surtout de savoir recevoir des moments simples de la vie comme des offrandes. Des instants de bonheur, d'émotions qui me permettent d'avoir des étincelles dans les yeux, des étoiles dans le cœur et dans l'esprit.

J'espère passer à Clara et les mots  en 2013. Ce "moi" n'ayant pas sa place.

Sans vous ce blog ne serait rien donc un énorme et sincère merci à vous tous !