Éditeur : Liana Levi - Traduit de l'italien par Françoise brun - Date de parution : Août 2014 - 542 pages et une réussite !
Un petit village dans la vallée du Piémont frappée par la crise comme l'ensemble de l'Italie : les habitants sont partis tout comme les industries. Pourtant quelques personnes y vivent encore comme Andrea à peine âgé de trente ans. Il ne court pas après l'argent mais aspire à une vie simple. Il veut reprendre la ferme de son grand-père dans la montagne, y élever des vaches et fabriquer du fromage. Marina son amour de jeunesse est de passage pour un concours local. Belle et dotée d'une voix magnifique, pour elle l'avenir est autre part. Parvenir à Milan ou Rome, gagner à des émissions de télé-réalité, accéder au succès et à la gloire. Tout oppose Andrea et Marina et pourtant ils s'aiment d'un amour destructeur et incendiaire.
L'ascension de Marina est en marche. Elle écrase ses concurrentes, implacable. Entre une mère alcoolique et un père absent trempant dans des magouilles, elle n'a pu compter très jeune que sur elle-même. Mais elle n'arrive pourtant pas à couper le cordon avec eux. Les aimant et paradoxalement leur en voulant. Andrea a toujours vécu dans l'ombre de son brillant frère aîné et ses parents lui ont toujours fait sentir leur préférence pour son frère. Ces deux personnages, symboles d'une génération victime d'une Italie rongée par la crise et les incertitudes d'un avenir meilleur, se cherchent, s'éloignent ou se retrouvent. Leurs espoirs différents sont-ils compatibles ? Partir ou rester ?
On retrouve l'écriture viscérale de Silvia Avallone. Elle nous dépeint une Italie en proie aux changements et aux difficultés mais il s'agit également d'un roman sur les origines.
Une lecture forte qui colle à la peau !
Les sentiments ne connaissent pas d'évolution. Ils ne sont pas comme les roches calcaires érodées et façonnées par les intempéries, ni les tissus vivants des corps qui se développent jusqu'à un certain point puis commencent à vieillir. ils n'ont pas de gradations, pas de mesures. C'est nous qui avons besoin de les raconter et cherchons à les faire entrer dans une histoire. Les sentiments n'ont pas d'histoire, Andrea le savait.
Lu de cette auteure : D'acier - Le lynx
lundi 1 septembre 2014
dimanche 31 août 2014
Thierry Beinstingel - Ils désertent
Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Août 2014 - 188 pages beaucoup aimées!
Elle vient de décrocher un poste de responsable dans une entreprise spécialisée dans le papier-peint. Nommée à la tête de l'équipe de ventes, elle a pu quitter son boulot de vendeuse dans un magasin de sport. Son diplôme de commerce n'aura pas été vain : un salaire confortable et surtout elle est la première de sa famille à acheter un appartement. Sa première mission est de virer celui que l'on appelle l'ancêtre, le plus ancien des vendeurs. Lui passe son temps sur les routes, ses nuits dans les chambres d'hôtels et aime la Correspondance de Rimbaud. Pourtant, il réalise les chiffres fixés mais il ne s'inscrit pas la nouvelle ligne commerciale de l'entreprise.
Un roman où l'auteur alterne les deux vies, il s'adresse à l'ancêtre en le vouvoyant et à la jeune femme par un tutoiement. Et si les deux personnages évoluent dans des univers austères (les zones commerciales, l'appartement quasi désert et isolé de la jeune femme, l'entreprise), et bien justement, ces cadres permettent de mieux les cerner. On les visualise, la routine de l'ancêtre et ses heures passées au volant nous collent à la peau tout comme la pression exercée sur la jeune femme. Vivent-ils ce qu'ils désirent vraiment?
Si Thierry Beinstingel excelle dans la description de ce monde du travail déshumanisé où seuls la rentabilité et le profit comptent, il insuffle de l'espoir et une humanité qui sont comme des ballons d'oxygène !
Un peu moins saisissant que Retour aux mot sauvages, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un très bon livre !
Au débarquement, vous étiez remonté dans votre voiture, lui dans son camion, il avait eu ce dernier geste, en passant devant vous, bras levé à la portière, accompagné d'un coup de klaxon. Rien de plus, mais combien cette image depuis vous aide à tenir (savoir qu'il est quelque part sur la route quand vous y êtes aussi) pour tout ce qui n'est jamais pris en compte, vies mobiles, fugitives, fugace, fuyantes, instables, mouvantes, émouvantes.
Le billet d'Antigone qui renvoie à d'autres billets
Elle vient de décrocher un poste de responsable dans une entreprise spécialisée dans le papier-peint. Nommée à la tête de l'équipe de ventes, elle a pu quitter son boulot de vendeuse dans un magasin de sport. Son diplôme de commerce n'aura pas été vain : un salaire confortable et surtout elle est la première de sa famille à acheter un appartement. Sa première mission est de virer celui que l'on appelle l'ancêtre, le plus ancien des vendeurs. Lui passe son temps sur les routes, ses nuits dans les chambres d'hôtels et aime la Correspondance de Rimbaud. Pourtant, il réalise les chiffres fixés mais il ne s'inscrit pas la nouvelle ligne commerciale de l'entreprise.
Un roman où l'auteur alterne les deux vies, il s'adresse à l'ancêtre en le vouvoyant et à la jeune femme par un tutoiement. Et si les deux personnages évoluent dans des univers austères (les zones commerciales, l'appartement quasi désert et isolé de la jeune femme, l'entreprise), et bien justement, ces cadres permettent de mieux les cerner. On les visualise, la routine de l'ancêtre et ses heures passées au volant nous collent à la peau tout comme la pression exercée sur la jeune femme. Vivent-ils ce qu'ils désirent vraiment?
Si Thierry Beinstingel excelle dans la description de ce monde du travail déshumanisé où seuls la rentabilité et le profit comptent, il insuffle de l'espoir et une humanité qui sont comme des ballons d'oxygène !
Un peu moins saisissant que Retour aux mot sauvages, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un très bon livre !
Au débarquement, vous étiez remonté dans votre voiture, lui dans son camion, il avait eu ce dernier geste, en passant devant vous, bras levé à la portière, accompagné d'un coup de klaxon. Rien de plus, mais combien cette image depuis vous aide à tenir (savoir qu'il est quelque part sur la route quand vous y êtes aussi) pour tout ce qui n'est jamais pris en compte, vies mobiles, fugitives, fugace, fuyantes, instables, mouvantes, émouvantes.
Le billet d'Antigone qui renvoie à d'autres billets
vendredi 29 août 2014
Valérie Zenatti - Jacob, Jacob
Éditeur : Éditions de l'Olivier - Date de parution : Août 2014 - 166 pages poignantes...
Jacob est un jeune Juif de Constantine où il vit avec ses parents, son frère, sa belle sœur et leurs trois enfants. Agé d'à peine 19 ans en ce mois de juin 1944, il part combattre pour la France. Pourtant, il avait renvoyé en 1941 de l'école car cette même France "avait décidé que les juifs d'Algérie étaient de nouveau des indigènes".
Avec son régiment, il débarque en Provence "la vraie, la métropole rêvée dont il connaît par coeur la géographie administrative, les rois, les chansons". Et dans sa famille où l'homme décide, où les femmes obéissent selon des règles anciennes, Rachel la mère de Jacob écoute son cœur. Se rendant de caserne en caserne pour demander à travers une langue faite de mots français et arabe où est son fils, puis écoutant la radio pour suivre cette guerre lointaine.
Pendant ce tempe, Jacob se bat. En quelques mois, ce jeune homme qui aimait la poésie est plongé dans les affres de la guerre où la mort et la solidarité se côtoient.
Même si on pressent une fin douloureuse, Valérie Zenatti poursuit dans le temps avec la famille de Jacob. Avec des événements qui feront basculer l'histoire mais aussi des moments d'émotion intense comme si Jacob vivait toujours...
Un roman poignant porté par une écriture superbe et sensible !
On a fait de lui un soldat, le mot contient une autre façon de bouger, s'habiller, manger et dormir, utiliser son corps et ses forces, et bientôt, il voudra dire tuer ou être tué.
Les billets d'Eva, Laure
Lu de cette auteure : Les âmes soeurs
Jacob est un jeune Juif de Constantine où il vit avec ses parents, son frère, sa belle sœur et leurs trois enfants. Agé d'à peine 19 ans en ce mois de juin 1944, il part combattre pour la France. Pourtant, il avait renvoyé en 1941 de l'école car cette même France "avait décidé que les juifs d'Algérie étaient de nouveau des indigènes".
Avec son régiment, il débarque en Provence "la vraie, la métropole rêvée dont il connaît par coeur la géographie administrative, les rois, les chansons". Et dans sa famille où l'homme décide, où les femmes obéissent selon des règles anciennes, Rachel la mère de Jacob écoute son cœur. Se rendant de caserne en caserne pour demander à travers une langue faite de mots français et arabe où est son fils, puis écoutant la radio pour suivre cette guerre lointaine.
Pendant ce tempe, Jacob se bat. En quelques mois, ce jeune homme qui aimait la poésie est plongé dans les affres de la guerre où la mort et la solidarité se côtoient.
Même si on pressent une fin douloureuse, Valérie Zenatti poursuit dans le temps avec la famille de Jacob. Avec des événements qui feront basculer l'histoire mais aussi des moments d'émotion intense comme si Jacob vivait toujours...
Un roman poignant porté par une écriture superbe et sensible !
On a fait de lui un soldat, le mot contient une autre façon de bouger, s'habiller, manger et dormir, utiliser son corps et ses forces, et bientôt, il voudra dire tuer ou être tué.
Les billets d'Eva, Laure
Lu de cette auteure : Les âmes soeurs
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