Editeur :
Actes Sud - Traduit de l'allemand par Traduit par Miguel Couffon - Date de parution (poche) : Août 2019 - 220 pages
Cherchant à capturer au mieux les oiseaux sur papier, la narratrice s'échappe physiquement et mentalement dans la mansarde de sa maison. Un refuge pour cette femme mariée entre deux âges dont le quotidien est quasi immuable. A priori, on serait tenté de croire qu'il ne se passe pas grand chose et que ses états d'âme tout comme ses observations sont anodins.
Sa routine est soudainement brisée par d'étranges enveloppes qu'elle reçoit. Il s'agit de son journal intime qu'elle tenait dans sa jeunesse alors qu'elle s'était retrouvée brutalement atteinte de surdité. Son mari avait décidé alors pour elle d'une convalescence dans un endroit au coeur d'une forêt.La narratrice peut donner l'impression d'être en partie absente de sa vie, elle se conforme aux choix et à la volonté de son mari. Son manque d'émotions et son détachement vont lentement se fissurer.
Dans ce récit qui s'étale sur huit jours précisément, la fracture entre son existence bourgeoise et ses réflexions intimes se dessine lentement. Le couple, la maternité, la famille et les difficultés qu'elle éprouve sont autant de thèmes abordés dans ce roman.
Cette lecture troublante distille un trouble grandissant renforcé par le contraste entre les descriptions de la nature et les propos de cette femme.
Le mur invisible de Marlen Haushofer avait connu un beau succès sur les blogs et je m'étais promise de revenir vers cette auteure. Et comme Cath a parlé en bien de ce roman sorti en poche récemment, j'ai foncé à la librairie.
Si rêver était un métier, j'aurais acquis depuis longtemps mes certificats de maître artisan du rêve. On le voit, je ne possède que des talents inutiles en ce monde où il me faut vivre.
lundi 4 novembre 2019
mercredi 23 octobre 2019
Guillaume Lavenant - Protocole gouvernante
Éditeur : Rivages - Date de parution : Août 2019 - 176 pages
Dans une banlieue pavillonnaire cossue, un couple très pris par son travail recherche une personne de confiance. Une jeune femme est engagée comme gouvernante. Entendez par là qu'elle doit s'occuper de la plus jeune des deux enfants Eléna et également donner un coup de main à la gestion de la maison.
Nous découvrons en même temps que la jeune femme le protocole qu'elle doit suivre au pied de la lettre et établi par un mystérieux Lewis. On comprend très vite que son embauche a été prévue , elle est le maillon d'un plan et rien n'a été laissé au hasard. Le récit entièrement à la deuxième personne du pluriel et toujours au futur confère une ambiance enveloppante, captivante mêlant le respect feutré du vouvoiement et l'ombre d'une organisation secrète bien mystérieuse.
Sans en dire de trop, Guillaume Lavenant nous titille et nous harponne dans ce roman atypique et assez indéfinissable qui tient à la fois du huis-clos, d'une dystopie avec une donne dose de suspense comme dans un thriller. Plus on avance dans la lecture et plus on est tiraillé par de nombreuses questions ( et est bien malin celui ou celle qui devinera la fin).
Ce roman subjugue par sa narration impeccable, ce qui est son point fort, et suscite un malaise grandissant distillé habilement. Mais avec un dénouement qui ne répond pas à toutes les interrogations du lecteur, cette fin peut gâcher le plaisir de lecture ou le diminuer.
Un livre qui sort des sentiers battus et qui m'a complètement intriguée (mission réussie pour l'auteur).
De manière générale, ne vous attendez jamais à quoi que ce soit. Ce à quoi vous devez vous attendre, vous le trouverez décrit dans ces lignes. Pour le reste, n'anticipez rien.
Une lecture repérée chez Keisha
Dans une banlieue pavillonnaire cossue, un couple très pris par son travail recherche une personne de confiance. Une jeune femme est engagée comme gouvernante. Entendez par là qu'elle doit s'occuper de la plus jeune des deux enfants Eléna et également donner un coup de main à la gestion de la maison.
Nous découvrons en même temps que la jeune femme le protocole qu'elle doit suivre au pied de la lettre et établi par un mystérieux Lewis. On comprend très vite que son embauche a été prévue , elle est le maillon d'un plan et rien n'a été laissé au hasard. Le récit entièrement à la deuxième personne du pluriel et toujours au futur confère une ambiance enveloppante, captivante mêlant le respect feutré du vouvoiement et l'ombre d'une organisation secrète bien mystérieuse.
Sans en dire de trop, Guillaume Lavenant nous titille et nous harponne dans ce roman atypique et assez indéfinissable qui tient à la fois du huis-clos, d'une dystopie avec une donne dose de suspense comme dans un thriller. Plus on avance dans la lecture et plus on est tiraillé par de nombreuses questions ( et est bien malin celui ou celle qui devinera la fin).
Ce roman subjugue par sa narration impeccable, ce qui est son point fort, et suscite un malaise grandissant distillé habilement. Mais avec un dénouement qui ne répond pas à toutes les interrogations du lecteur, cette fin peut gâcher le plaisir de lecture ou le diminuer.
Un livre qui sort des sentiers battus et qui m'a complètement intriguée (mission réussie pour l'auteur).
De manière générale, ne vous attendez jamais à quoi que ce soit. Ce à quoi vous devez vous attendre, vous le trouverez décrit dans ces lignes. Pour le reste, n'anticipez rien.
Une lecture repérée chez Keisha
vendredi 18 octobre 2019
Juli Zeh - Nouvel An
Éditeur : Actes Sud - Traduit de l'allemand par Rose Labourie -
Date de parution : Septembre 2019 - 192 pages
Henning a organisé les vacances de Noël pour son épouse et leurs deux jeunes enfants sur l’île de Lanzarote. Le jour du nouvel an, il part seul à vélo. Malgré le vent et le terrain accidenté, il continue sa course et c’est l’occasion pour lui de tenter de faire le point. Son couple bat de l’aile et Henning est empêtré dans son quotidien. En proie à des crises d’angoisse dont il ne connaît pas l’origine, il doute de lui, de l’amour de son épouse et de son rôle de père. Épuisé et assoiffé, il atteint un col avec la curieuse sensation de connaître déjà ce lieu.
Beaucoup de questions sont en suspense : pourquoi Henning souffre-t-il de crises de panique ? comment se fait-il qu’en n’ayant jamais mis les pieds sur cette île il ressente une sensation étrange ? Juli Zeh détaille la psychologie d’Henning et radiographie le couple tout comme le noyau familial. C’est très bien vu avec des petits détails qui font mouche. Les explications se dessinent lentement, émergeantes de quelques jours vécus par Henning quand il était enfant. L’auteure nous immerge dans les souvenirs d’Henning et nous fait revivre avec beaucoup de réalisme cette période à l’origine d’un traumatisme enfoui au plus profond de sa mémoire d’enfant. Il faut attendre les toutes dernières pages pour que toute la lumière se fasse entre les souvenirs tronqués et la culpabilité ressentie par Henning.
Avec une écriture concise, Juli Zeh s’attache à la psychologie de ses personnages, à leurs zones d’ombre refoulées et aux blessures invisibles. Mais dommage car la fin m'a déconcertée.
Avec les enfants, les vacances sont une parenthèse où la vie est encore plus épuisante que d'habitude. On n'a pas une minute à soi, et on consacre toute son énergie à ériger une forteresse contre le chaos, l'ennui et la mauvaise humeur.
Le billet de Kathel
Henning a organisé les vacances de Noël pour son épouse et leurs deux jeunes enfants sur l’île de Lanzarote. Le jour du nouvel an, il part seul à vélo. Malgré le vent et le terrain accidenté, il continue sa course et c’est l’occasion pour lui de tenter de faire le point. Son couple bat de l’aile et Henning est empêtré dans son quotidien. En proie à des crises d’angoisse dont il ne connaît pas l’origine, il doute de lui, de l’amour de son épouse et de son rôle de père. Épuisé et assoiffé, il atteint un col avec la curieuse sensation de connaître déjà ce lieu.
Beaucoup de questions sont en suspense : pourquoi Henning souffre-t-il de crises de panique ? comment se fait-il qu’en n’ayant jamais mis les pieds sur cette île il ressente une sensation étrange ? Juli Zeh détaille la psychologie d’Henning et radiographie le couple tout comme le noyau familial. C’est très bien vu avec des petits détails qui font mouche. Les explications se dessinent lentement, émergeantes de quelques jours vécus par Henning quand il était enfant. L’auteure nous immerge dans les souvenirs d’Henning et nous fait revivre avec beaucoup de réalisme cette période à l’origine d’un traumatisme enfoui au plus profond de sa mémoire d’enfant. Il faut attendre les toutes dernières pages pour que toute la lumière se fasse entre les souvenirs tronqués et la culpabilité ressentie par Henning.
Avec une écriture concise, Juli Zeh s’attache à la psychologie de ses personnages, à leurs zones d’ombre refoulées et aux blessures invisibles. Mais dommage car la fin m'a déconcertée.
Avec les enfants, les vacances sont une parenthèse où la vie est encore plus épuisante que d'habitude. On n'a pas une minute à soi, et on consacre toute son énergie à ériger une forteresse contre le chaos, l'ennui et la mauvaise humeur.
Le billet de Kathel
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