samedi 21 mai 2011

Anne Bragance - Une affection de longue durée

Éditeur : Mercure de France - Date de parution : Mai 2011 - 149 pages

Florent et Béatrice ont tout pour être heureux : trois enfants, de belles carrières. Mais un jour, Florent abandonne sa femme et ses enfants. Il la quitte précipitamment et coupe les ponts. Pour lui, leur bonheur est derrière eux, la routine a gangrené leur couple. La vie de  Béatrice et de ses enfants bascule. Béatrice se « meurt », elle ne se nourrit plus et elle est hospitalisée.

Une histoire qui semble banale. Un couple se sépare ou plutôt l’un des deux éprouve le besoin de s’en aller quand la monotonie l’a emportée. Florent préfère laisser sa famille, son couple est devenu une cohabitation. Sur un coup de tête, il part après avoir  fait la rencontre d’une jeune femme. Il laisse Béatrice dans un tel désarroi qu’elle sombre dans la dépression. Elle n’avait rien vu venir. Qui aurait pu d’ailleurs se l’imaginer ? Pour l’aînée Sophie, étudiante,  le départ de leur père est définitif. Alors que sa mère est hospitalisée, elle se décharge de tout. Et il s’agit de Sabine qui va chercher son frère après les cours, elle qui « fait tourner la maison ». Sabine est persuadée que son père reviendra. Le petit Sylvain ne comprend pas la situation. Béatrice dépérit et son médecin trouve un stratagème. Ce médecin de famille la place en Affection Longue Durée pour qu’elle combatte une maladie et  ne se laisse pas mourir. A la maison, les deux sœurs s’ignorent. Sabine réagit comme une adulte alors que Sophie se montre désinvolte. Avec la distance, Florent fait le point. De longs mois s’écoulent et il n’a toujours pas repris contact avec ses enfants. Sabine œuvre pour que son père revienne, elle veut recoller les morceaux à tout prix.

L’auteure  en  se glissant à tour de rôle dans la peau de  chacun donne à  cette  histoire un ton touchant. Les  personnages qui gravitent autour de la famille sont très intéressants : Lucille, la jeune fille pour qui Florent a tout quitté, le médecin et Mme Vignal , la voisine qui garde Sylain. J’ai aimé ces diférents points de vue, la description des ressentis.

Mais j’ai trouvé que Florent faisait  preuve d’un égoïsme monstrueux ( la fameuse crise chez l’homme ?) et  que Sophie fuyait ses responsabilités d’aînée avec trop de facilité.  Le fin mot de l'histoire colle au titre mais ne correspond pas à mes conceptions de l'amour...

On s'imagine que la beauté, la sécurité d'un engagement dans l'amour vous immunisent contre le malheur de la perte et l'on oublie d'être vigilant, on oublie que l'amour est synonyme d'insécurité, qu'il recquiet une attention de tous les instants et que la négligence lui est fatale.
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