mercredi 18 mai 2011

Marie-Sabine Roger - Le quatrième soupirail

Éditeur : Thierry Magnier - Date de parution :2005 - 124 pages pour la liberté..

Chère Marie-Sabine,
Je me permets de vous appeler par votre prénom comme si nous nous connaissions. Un peu à la façon de deux amies qui partagent une complicité étalée sur le temps et dans la confiance. Depuis que je vous ai découverte, je continue à vous lire. Chacun de vos livres a été source d’émotions immenses et le quatrième soupirail n’a pas dérogé à cette règle. Avec Pablo, un adolescent dont le père est arrêté, vous levez  le voile sur un sujet dur. En Amérique Latine ou  dans d’autres pays, la liberté de penser et d’exprimer son opinion politique est réprimandée. Sans diplomatie et  sévèrement. Le père de Pablo, Liberto,  n’a pas manifesté ou participé à un complot meurtrier quelconque. Non, il écrivait des textes au nom de la  liberté. Aidé par de Rafael et de Nora, Pablo rentre dans la résistance L’adolescent qui provoquait son père, qui le narguait pour ses poèmes, saisit la valeur des mots. Il se fait embaucher en tant qu’aide-cuisinier dans la caserne où son père est détenu prisonnier. Et chaque nuit, il se rend au quatrième soupirail et murmure des bribes de poèmes à Liberto.  Des poèmes contre la répression, des mots auxquels  Liberto s’accroche.  L’adolescent doit faire preuve  de sang-froid et ne pas montrer sa peur, sa haine. Il côtoie les bourreaux de son père, entend les cris des prisonniers torturés par une junte militaire sanguinaire. Souffrances physiques mais  aussi souffrances morales. Pablo s’était endormi adolescent, il se réveille homme. Il comprend le pouvoir et le poids des mots.  Avec l’écriture qui vous caractérise et que j’admire, Pablo m’a touchée. Le combat mené par Liberto et les siens est noble.

A travers votre livre, vous défendez  la  cause de la liberté. Liberté, nous chérissons ton nom et nous t’aimons. Mais  trop souvent nous oublions la chance que nous avons de t‘avoir. Tu nous es acquise alors que d’autre meurent pour ton nom.  Merci Marie-Sabine  de nous  le rappeler si justement : pour des mots, pour des poèmes, on pouvait arrêter un père? On pouvait débouler à grand flots de poussière, dans des jeeps débordant de haine et de fusils? On pouvait incendier, détruire, et repartir? Pour des mots, on pouvait mourir?

J'aime comment vous maniez les mots, comment vous arrivez à en faire des phrases si belles et si sincères. Une fois de plus,  j’ai eu la gorge serrée d’émotions...

Ces jours là, je les ai parcourus sur la pointe des pieds, pour me faire oublier de la vie.  Je me tenais dans le creux de silence, le souffle transparent, tout entier désireux de ne pas être là. J'évitais de penser au passé. Les souvenirs heureux me faisaient peur. Ils avaient des semelles d'ombre, revenaient en traînant après eux cette horreur.(...).  Je pensais à toi et à ton idéalisme. Tes guerres de papier, si fragiles  à partir en fumée.

Avec  ce billet, je participe à l'opération écrire à un auteur organisé par Babelio.

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