samedi 14 mai 2011

Marie-Sabine Roger - Un simple viol

Éditeur : Grasset - Date de parution : septembre 2004 - 188 pages qui m'ont fracassée...

Maud a été violée à l’âge de 12 ans. Un soir d’hiver, un homme l’a accostée pour lui demander l’heure. Tout a été très vite. Coincée au fond d’une impasse, son enfance lui a été volée. Depuis, la blessure n’a fait que s’agrandir. Pour se protéger, Maud a son cutter et son corps. A 17 ans, Elle joue avec, provoque les regards et attise le feu des hommes. Se sentir maîtresse de la situation et non victime. Maud s’en fout de la vie, elle a trop mal.


Ce livre m’a bouleversée, chavirée et fracassée… Il s’agit d’une lecture dont on ne sort pas indemne. Une lecture en apnée en retenant mon souffle. Le récit de Maud sonne comme autant de cris, d’appels au secours emmurés au plus profond d’elle. Violée à 12 ans par un inconnu alors qu’elle était une petite fille comme les autres. Les mots qu’elle n’a jamais pu dire se sont transformés en une révolte sourde et dangereuse. Pas question de s’attendrir. Même envers Mme Madame Leblanc, la vieille voyante qui l’aime bien. Pour Maud, l’amour bousille et rend faible. Alors non. Elle se montre insensible, fière. Une carapace pour ne plus vivre « ça ». Maud se détruit à petit feu : alcool, médicaments. Elle anesthésie sa douleur, cherche à la tromper mais elle toujours là. Tapie dans l’ombre, elle la ronge un peu plus chaque jour. Qui pourrait croire que cette jeune fille de 17 ans aux allures aguicheuses souffre ? Personne ne sait ce qu’elle a subi. Personne n’a cherché à comprendre le pourquoi de ce changement. Toujours sur le qui vive, son cutter dans la poche, Maud aspire juste à la vengeance.
Et j’ai refermé ce livre sonnée. Les mots ont eu l’effet d’uppercuts. Des phrases courtes, incisives. Comme autant de cris de souffrance, de haine. Dégoût des hommes et d’aversion de son corps. Et ça fait mal, très mal…Un roman  dur, percutant et sans pathos. Terrible et remarquable.


Comment dire cette noyade, et le sentiment destructeur d’avoir été, peut-être, non, sûrement, la fautive. D’avoir fait quelque chose, mais nr pas savoir quoi. L’impression qu’à partir de là, plus rien ne va normalement, qu’elle est poussée hors de sa vie. Hors de sa voie. Qu’on la déraille.
Le verbe aimer, ça sert à excuser toutes les lâchetés, les mensonges, les coups d’arnaque. C’est un paquet-cadeau pour planquer des horreurs.

19 commentaires:

Pascale a dit…

ton billet est bouleversant, une vie de brisée, une enfance ravagée, par cette horrible bête qui est ce mamifère en rut dérangé du cerveau ayant que deux gonades à décharger, pour assouvir sa soif bestiale;;; ça me répugne tous ces violeurs, et ces tueurs d'enfants qui pullulent dans nos prisons qu'on relâche faute de place et de punition pas suffisamment sévères,et ils recommencent sans l'ombre d'un remords...
en tant que mère de deux filles, et comme tout parent, je tremble toujours à ce danger qui flotte dans l'air. ça n'arrive pas qu'aux autres à mais tous mêmes aux plus vigilants.
Ce témoignage doit être difficile à lire, et attiserait encore plus ma haine envers ces prédateurs sexuels.

Anne Sophie a dit…

un livre sans doute très dur, et je n'ai pas envie de ça en ce moment

Valérie a dit…

Il doit en effet être terrible, trop pour moi je crois.

Et pour en revenir à des choses plus gaies, oui, J-4!!!

saxaoul a dit…

Ce genre de livre, je les fuis, je n'arrive pas à les lire....

Manu a dit…

Comme il doit être dur ce livre. Il me fait un peu penser à Viol, une histoire d'amour de Joyce Carol Oates. Même si ici, c'est encore pire, vu le jeune âge de la victime. Ça fait froid dans le dos.

Krol a dit…

Je viens de noter ce titre. Même si le livre a l'air très dur, j'ai très envie de le découvrir. Tu en parles très bien.

Gwenaelle a dit…

Je n'ai pas très envie de lire une telle histoire... même si c'est sans doute un roman qui vaut la peine.

Aifelle a dit…

Je ne savais pas quelle avait écrit sur ce thème là. Je le note, malgré la dureté du sujet.

Véro a dit…

Un livre dur visiblement... pas vraiment ce qui me tente en ce moment. Peut-être pour plus tard.

Theoma a dit…

j'encaisse ton billet, pas certaine de pouvoir le lire même si j'aime bcp l'auteure.

Leiloona a dit…

A la lecture de ton billet, on sent que tu es encore dedans. J'aime beaucoup cet auteur, mais je ne savais pas qu'elle écrivait aussi des choses graves. Noté ! ;)

orfeenix a dit…

Merci de participer à faire reconnaître ce calvaire encore tabou.

Sophie / vicim a dit…

Un livre vraisemblablement bouleversant ! je vais attendre un peu avant de le lire !

Géraldine a dit…

Trop dur pour que j'ai envie de lire cette histoire ces temps ci. D'ailleurs, cette histoire m'en rappelle une que j'ai vu récemment dans un reportage. Bouleversant certes. Mais je pense que je préfèrerai lire les autres livres de l'auteure.

Clara a dit…

je fais une réponse groupée :
ce livre est dur, oui mais " Ce n'est pas un roman sur le viol, mais un roman sur la souffrance de ce qui ne peut se dire. "

Et MS Roger touche juste une fois de plus!

Cette auteure écrit sur de nombreaux sujets et elle fait partie de mes auteurs chouchous!

lasardine (la ronde des post-it) a dit…

j'ai très envie de le lire celui là!! pour ton magnifique billet, merci!

Griotte a dit…

Je ne connaît pas cette auteur et je vais la découvrir avec "La tête en friche".
Je trouve toujours durs les livres qui traitent de ce sujet.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un nouveau livre de cette auteure, je suis preneuse. Je trouve qu'elle sait viser juste. Je note.

Noukette a dit…

Une lecture qu'il me sera difficile de faire...

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