Éditeur : Quai Voltaire - Date de parution : Mars 2019 - Traduit de l'anglais par Cécile Arnaud - 448 pages
Dramaturge à succès, Emmanuel Joyce recherche une comédienne pour sa nouvelle pièce. Lilian l’épouse d’Emanuel et Jimmy Sullivan son imprésario gravitent autour du dramaturge. Embauchée en tant que secrétaire d’Emmanuel, la jeune Alberta découvre ce microcosme. Entre Londres et New-York et la Grèce, on suit ce quatuor. A soixante ans Emmanuel est admiré par tous. Jimmy se plie à ses quatre volontés et à ses caprices, Emmanuel se comportant un peu comme un enfant gâté tandis que Lilian porte en elle le deuil de leur enfant décédé en bas âge.
Nous sommes au début des années 1950 et Alberta se soucie du quand dira-t-on et et de certaines normes en vigueur. Détonante par sa candeur et par sa droiture d’esprit, vive d'esprit, son éducation contraste avec les autres personnages plus libres de leurs faits et gestes. Sauf qu’Emmanuel s’éprend d’elle et voit en elle la comédienne parfaite pour incarner le rôle principal de sa future pièce. Avec beaucoup de charme, l’auteure aiguise notre curiosité. Les dialogues, les descriptions et les pensées des personnages nous dévoilent leurs préoccupations personnelles futiles ou plus profondes. Que ce soit les différentes facettes du couple formé par Emmanuel et Lilian, les évolutions infimes et les questionnements des personnages, tout est rendu avec subtilité. Sans chercher à nous rendre sympathique ce quatuor, les petits pics décochés sont ironiques et quelquefois cinglants.
Ce roman est doté d’un charme suranné mais surtout de finesse. L’écriture d' Elizabeth Jane Howard distille une beauté poétique qui se délecte et dont on s’imprègne. Certes il y peu d’action et certains pourront trouver ce roman ennuyeux mais tout l’intérêt réside dans l’exploration de la psychologie des personnages.
Les derniers chapitres qui se déroulent sur l’île d’Ydra sont de toute beauté !
Le moindre aléa devient catastrophique dans la campagne anglaise. Catastrophique et déprimant.
vendredi 28 juin 2019
mercredi 26 juin 2019
Fiona Barton - La veuve
2010. Jane est veuve désormais, son mari Glen a été tué accidentellement par un bus. Assaillie par des journalistes à son domicile, elle n’est pas bizarrement éplorée pourtant sa vie vient de basculer. Sauf que quatre ans plus tôt, son mari a été accusé d’avoir enlevé une petite fille de deux ans puis mis hors de cause.
Je recule souvent devant les polars et les thrillers mettant en scène la disparition d’enfants par crainte que ça soit tordu. Mais là, pour ma plus grande surprise, Fiona Barton ne cherche pas le sordide ou le glauque. La vie du couple nous est racontée par Jane sur plusieurs périodes à partir de leur mariage. Réservée, elle était coiffeuse et Glen travaillait dans une banque. Comme bon nombre de couples, ils avaient l’envie de fonder une famille. Les années ont défilé sans que ce désir soit réalisé. Le comportement de Glen a changé, il a perdu son travail et s’est enfermé de plus en plus en souvent devant son ordinateur.
Jane sait-elle quelque chose ? Glen était-il coupable ? Qui est vraiment Jane ? Etait-elle manipulée par son mari comme on le pense? Le policier chargé de l’enquête et une journaliste cherchent à découvrir la vérité. Alternant les trois récits, ce thriller nous harponne habilement et il est difficile à lâcher.
De nombreuses ambiguïtés apparaissent et de nouvelles pistes se dessinent avec une tension bien présente. Fiona Barton évite toute forme de vulgarité et dépeint sans pincettes une certaine forme de journalisme sensationnel. On doute et on s’interroge sur de nombreux points jusqu'aux toutes dernières pages.
Très bien mené avec un suspense psychologique constant, je recommande ! Et en plus, il est paru depuis en poche (et hop, vous n'aurez pas d'excuse).
Le rédacteur en chef reconnaissait un bon titre quand il en écrivait un et, selon lui, un bon titre pouvait être réutilisé à l'infini.
La question dans le titre - "Est-il l'homme le plus mauvais de Grande-Bretagne ?"- était un classique. On était couvert comme ça. On n'affirmait pas, on ne faisait que poser la question.
Une lecture repérée chez Kathel.
mercredi 19 juin 2019
Graham Swift - De l'Angleterre et des Anglais
Editeur : Gallimard - Date de parution : Janvier 2019 - Traduit de l'anglais par Marie-Odile Fortier-Masek - 336 pages
A la lecture des romans J’aimerais que tu sois là et Le dimanche des mères, j’avais été frappée par la justesse et la précision de l’écriture de Graham Swift. Avec ce recueil, l’auteur prouve qu’il sait jouer dans toutes les gammes de partition des sentiments. A travers ces vingt-cinq nouvelles ou plus exactement ces instantanés de vie, il explore à merveille des situations et la psychologie de ses personnages. Les troubles, les hésitions, les choix effectués ou subis qui font basculer une vie ou gravent à jamais les mémoires jalonnent ces textes.
Touché par ce sentiment d’avoir la chance de partager avec eux un moment à part, on pénètre dans l’intimité de ces personnages appartenant à des milieux sociaux différents. L'auteur nous parle d'amour, d'amitié, de maladie ou de mort, mais aussi de fraternité ou de bonheur. Sans pathos ou exagération, c'est empreint de tendresse et d'une pudeur très belle.
Avec ces nouvelles ciselées qui nous promènent dans la campagne anglaise ou en ville à différentes époques, Graham Swift décrit à la perfection les portraits de ses concitoyens et nous offre ce patchwork cosmopolite au plus près de l’humain.
J’ai savouré chacun de ces textes, j’ai été émue, j’ai souri des traits d’humour et certaines de ces nouvelles m’ont bouleversée alors qu’il y a une économie de mots. Je me suis régalée et les émotions bien présentes m'ont joliment cueillie.
Son père lui dit un jour : "L'argent ne fait pas le bonheur, Adrian, mais ça te permet d'être douillettement malheureux" .
Le billet de Nicole
A la lecture des romans J’aimerais que tu sois là et Le dimanche des mères, j’avais été frappée par la justesse et la précision de l’écriture de Graham Swift. Avec ce recueil, l’auteur prouve qu’il sait jouer dans toutes les gammes de partition des sentiments. A travers ces vingt-cinq nouvelles ou plus exactement ces instantanés de vie, il explore à merveille des situations et la psychologie de ses personnages. Les troubles, les hésitions, les choix effectués ou subis qui font basculer une vie ou gravent à jamais les mémoires jalonnent ces textes.
Touché par ce sentiment d’avoir la chance de partager avec eux un moment à part, on pénètre dans l’intimité de ces personnages appartenant à des milieux sociaux différents. L'auteur nous parle d'amour, d'amitié, de maladie ou de mort, mais aussi de fraternité ou de bonheur. Sans pathos ou exagération, c'est empreint de tendresse et d'une pudeur très belle.
Avec ces nouvelles ciselées qui nous promènent dans la campagne anglaise ou en ville à différentes époques, Graham Swift décrit à la perfection les portraits de ses concitoyens et nous offre ce patchwork cosmopolite au plus près de l’humain.
J’ai savouré chacun de ces textes, j’ai été émue, j’ai souri des traits d’humour et certaines de ces nouvelles m’ont bouleversée alors qu’il y a une économie de mots. Je me suis régalée et les émotions bien présentes m'ont joliment cueillie.
Son père lui dit un jour : "L'argent ne fait pas le bonheur, Adrian, mais ça te permet d'être douillettement malheureux" .
Le billet de Nicole
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