dimanche 28 mars 2010

Milena Magnani - Le cirque chaviré



Branko débarque un soir au volent de son camion dans un campement de Rom. Lui, le hongrois, il transporte dans ses cartons un cirque, vestiges et souvenirs de la vie de son grand-père. Mal accueilli par les adultes, les enfants papillonnent autour de lui, curieux d’apprendre l’histoire de ce cirque le Kék Cirkusz. Le chef du campement veut que Branko se débarrasse de ses cartons. Un cirque ? Comme s’ils en avaient besoin eux qui survivent parmi les ordures dans leurs baraques de misère. Les enfants vont l’aider à le cacher. Avec ses propres mots, teintés de regrets ou d’espoir, il va leur raconter la vie de son grand-père Nap apó et remonter le cours de l’histoire : trahison, déportation des Roms pendant la seconde guerre mondiale, vengeance. Son récit s’inscrit dans un décor peu reluisant : le quotidien misérable de ces hommes et de ces femmes.

Parler de vie serait indécent. Sans fioritures, ce livre nous plonge dans les conditions d’existence des Roms. Eux qui ne gardent comme trace de leur pays d’origine que leur langue et des souvenirs.

L’auteure met le doigt là où ça fait mal dans notre beau monde. Bien plus que la transmission des souvenirs par la parole, une question est posée. Que réserve t’on comme avenir à ces gens déracinés depuis bien longtemps ?


Ce n’est pas un coup de cœur mais cette lecture m’a interpellée.

« Je l‘ai toujours entendu désigner comme « campement de baraques », mais en réalité ce n’est un grumeau. Un caillot que le destin a sans doute écarté du flux inexorable du bien-être. »
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