jeudi 25 mars 2010

Tanguy Viel - Paris-Brest



La parution de ce livre avait entraîné sur son passage une frénésie, une effervescence assez inhabituelle à Brest. Sur toutes les lèvres, dans tous les lieux, une seule question revenait « alors, vous avez lu Paris-Brest de Tanguy Viel ? ». S’en suivaient des commentaires élogieux. J’avais retenu que l’auteur décrivait sans concession les habitudes de ces familles qui arpentent la rue de Siam , le cours d’Ajot et qu’il jetait le pavé dans la mare familiale. Trop imprégnée de tout ce qui avait pu être dit sur ce livre, je m’attendais à autre chose. Et, mon avis avait été très mitigé.

Comme c’est un livre qui fait partie de la sélection du Prix des Lecteurs du Télégramme, je l’ai relu.

Le narrateur, Louis, revient à Brest après être parti à Paris durant trois ans où il a écrit un livre. Entre présent et passé, on apprend l’histoire de sa famille. La grand-mère devenue riche après une rencontre au Cercle Naval, l’appartement avec vue sur la Rade, sa mère qui guette l’argent qu’elle héritera, le père accusé d’avoir détourné de l’argent et obligé de démissionner de son poste de vice-président du club Brestois, son copain Kermeur une mauvaise fréquentation selon sa mère. Ses parents exilés à Palavas-les-Flots à cause du scandale, Louis restera à Brest. Puis, l'occasion pour Louis de partir à Paris et se défaire, d’écrire son histoire après un mauvais coup effectué avec le fils Kermeur.

Et là, le style très parlé de Tanguy Viel m’a plongée dans une atmosphère où je me sentais bien. Parce que ce qu’il écrit se juxtapose à Brest, les apparences jouées dans ce théâtre où chacun connait on rôle sur mesure. Rien n’a changé, le dédain s’affiche toujours sur des visages hautains, fiers car le père ou le mari est Officier de Marine. Et enfin , il y a l’argent et les quand dira-t-on, et l’on s’imagine croiser à l’angle d’une rue le fils Kermeur.

Mon bémol sur l’intrigue est compensé par le style, qui cette fois, m’a conquise. Ironie teintée de vitriol pour décrire les mœurs et l’hypocrisie qui compose avec une écriture très vivante comme pour rendre hommage à la beauté naturelle de la côte.

D'autres avis : Zarline, Antigone... et bien d'autres à venir dans le cadre du Prix des Lecteurs du Télégramme !

« On dirait que dans la Marine, on les recrute selon le format de leur squelette, ou bien un certain type d’exercices physiques, ou bien un certain régime alimentaire, a fini par sculpter leur corps de cette même taille longiligne et curieusement aviaire, oui c’est ça, ils ressemblent, c’est exactement ça, à des oies, à des dindons ou à des canes, et les enfants par dizaines, car on fait beaucoup d’enfants dans la Marine, font autant de petits canetons »

14 commentaires:

Aifelle a dit…

Je viens de lire l'avis d'Antigone, et c'est intéressant de voir que ton avis a évolué entre deux lectures.

Gwenaelle a dit…

Je n'ai pas ton courage et aucune envie de relire ce roman qui m'avait laissé une impression de vacuité. Cette histoire de famille ne m'a pas intéressée...

zarline a dit…

Je ne sais pas si j'aurai la patience de relire ce livre. Je l'ai trouvé tellement "vide" et le style ne m'a franchement pas plu. Peut-être dans une dizaine d'années, qui sait?

Canel a dit…

Coucou Clara ! j'ai lu "Insoupçonnable", de cet auteur, pas envie d'en lire d'autres. :-(

valérie a dit…

HS: C'est d'accord pour une LC sur Le Liseur en mai. On le lit et on se prévient quand on est prêtes?

Clara C. a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Clara C. a dit…

@ Aifelle : à la première lecture, tout Brest en parlait et j'avais trop d'avis et de remarques qui gambergaient en tête. Je m'étais "bloquée" sur l'affaire liée au fils Kermeur.

@ Gwen : mais si, et il se (re)lit vite

@Zarline : peut-être que certains livres sont commes les vins ?

@ Canel : tu ne veux pas que je te le prête ?


@ Valérie : OK pour courant mai

Joelle a dit…

Je n'ai lu qu'un livre de cet auteur et je me rappelle ne pas avoir aimé le style. J'essaierai à nouveau avec ce titre ... on ne sait jamais !

Canel a dit…

Si tu l'as trouvé vraiment vraiment extra, pourquoi pas... mais pas le temps avant des mois...

sylire a dit…

J'adore l'extrait que tu cites. Je le lirai...

Yv a dit…

J'aime beaucoup l'écriture de Tanguy Viel : j'ai lu Paris-Brest et L'absolu perfection du crime. ce que je trouve formidable chez lui, c'est qu'il part d'une intrigue banale à souhait (déjà lue déja vue) et qu'il réussit la prouesse de nous y intéresser, par le seul jeu de son écriture, une des plus belles des jeunes auteurs contemporains.

Clara C. a dit…

@ Joëlle : c'est le seul de cet auteur que j'ai lu donc je ne peux pas comparer

@ Canel : je pourrais te le prêter,si tu veux

@ Sylire : croustillant... et véridique!

@ Yv : je note ce titre. J'aimerais bien lire un autre livre de Tanguy Viel.

Grimmy a dit…

Je le lirais bien quand il me passera sous la main (je n'ai pas vérifié s'il était à la bibli).

keisha a dit…

Ah je m'amuse de découvrir que le tout Brest a réagi à l'époque! En fait, Brest ou pas, même si l'ambiance est intéressante, c'est le style qui sauve l'histoire!