samedi 20 mars 2010

Stefan Zweig - Vingt-quatres heures de la vie d'une femme



Début du vingtième siècle, le narrateur séjourne dans une pension de famille « bien comme il le faut » sur la Côte d’Azur. Un jeune français, vient y passer quelques jours. Tout monde succombe à son charme, il est raffiné, courtois, attentif avec tout le monde. Mais quelle surprise quand Mme Henriette, mariée, mère de deux filles s’enfuit avec ce jeune homme! Les langues se délient contre cette femme indigne sauf notre narrateur qui y voir un geste passionnel. Et là, je dis, merveilleux Stefan Zweig ! Car cette mise en scène n’est qu’un prétexte pour aborder un autre sujet. Madame C. une vielle dame anglaise, émue de voir le narrateur comprendre l’acte de Madame Henriette va se confier à lui.

Ce livre est une merveille, une description du coup de foudre, de la passion qui fait tourner la tête et tout abandonner mais aussi d’une passion plus dangereuse, celle du jeu. Stefan Zweig décrit un homme pris, possédé par la fièvre du casino. Et à travers l’observation des mains de cet homme, on ressent l’espoir, l’inquiétude, la joie, la folie engendrée du jeu. Ses mains deviennent des êtres à part entières soumis aux pulsions, aux tensions et aux émotions les plus fortes, les plus extrêmes. Madame C. va vouloir, en tout bien tout honneur, sauver cet homme de cette passion destructrice. Mais elle va s’éprendre de cet homme, de cet amour aveugle et têtu qui se moque de la raison, des convenances.

Du grand art… sublime et magistral ! Et j’ai succombé à cette lecture sans aucune retenue. Je n’étais plus lectrice mais j’étais à la table de ce Casino, le regard anxieux, les mains tremblantes, le cœur qui bat la chamade. Ma respiration saccadée et haletante, s’accordait à la roulette et aux bruits des pièces jetées sur le tapis… j’attendais, je priais et j’espérais. Puis, le sang m’est monté aux tempes, le désir de gagner, cette obsession plus forte que tout et qui vous fait tout oublier.

« Ce sont les mains, toutes ces mains, claires, agitées, ou en attente autour de la table verte, toutes ont l’air d’être aux aguets, au bord de l’antre toujours différents d’une manche, mais chacune ressemblant à un fauve prêt à bondir, chacune ayant sa forme et sa couleur, les une nues, les autres armées de bagues et de chaînes cliquetantes ; les unes poilues comme des bêtes sauvages, les autres flexibles et luisantes comme des anguilles, mais toutes nerveuses et vibrantes d’une immense impatience »

C'était une lecture commune avec la Miss Cynthia et Manu !
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