dimanche 30 octobre 2011

Jonathan Franzen - Freedom

Éditeur : Editions de L'Olivier- Date de parution : Août 2011 - 718 pages

Voilà un livre qui n’est pas passé inaperçu par les réactions qu’il a suscitées : déception, abandon ou engouement.  

Des années 1970 à 2010, le lecteur suit la famille Berglund et Richard, le meilleur ami des parents.
Patty est d’abord tombée amoureuse de Richard, chanteur emblématique d’un groupe de rock  pour finalement se marier avec son ami Walter. Les contraires s’attirent et si Richard est un tombeur aimant les filles, son ami Walter est un étudiant consciencieux.  A vingt ans, Patty, étudiante et  basketteuse  voit sa carrière se terminer par un accident.  Les mois passent et elle se rapproche de Walter ( à défaut de Richard).  Plutôt que de retourner chez ses parents avec qui elle ne s’entend pas, le mariage avec Walter lui offre une échappatoire. Quelques années plus tard et deux enfants en plus  Joey et Jessica,  Patty  a tout pour être heureuse mais ne l’est pas. Walter l’adore. Walter le gentil, Walter l’aimable et souriant.  Lorsque Joey, adolescent, décide de quitter le toit familial, Patty s’écroule entraînant dans son sillage Walter. Patty avec ses excès, sa démesure  de sentiments est la figure pilier de ce livre. Alternant les récits sur chacun des personnages et la truculente autobiographie de Patty (son sens de la répartie m’a souvent régalée), il y a de quoi donner de l’eau au moulin.  Mais, ce livre manque à mon goût de surprise.  Tout est terriblement prévisible du point de vue de l'histoire et des personnages. ll s’agit du  principal reproche que je ferai à ce livre. 

Dans de nombreux romans, la faille du rêve américain et ses laissés pour compte sont mis en avant. Ici, il s’agit d’une société qui est décortiquée. Une société dans son contexte global.  Sous  plusieurs présidents avec des orientations politiques et en prime une guerre en Irak. Une société avec son économie libérale qui permet à de grands adolescents comme Joey  de jouer au  Monopoly frauduleux avec de vrais billets de banque et de décrocher gros. 

Alors certes,  Freedom est un livre qui  n’est pas parfait mais au moins il ne nous dresse pas un beau et grand portait de société et  de la famille pour nous faire plaisir.  Si certains préfèrent garder leurs œillères, d’autres ont des sursauts de conscience (et quand cette bête  se réveille, c’est affreux). Et, la famille Berglung ne passera  pas à travers les mailles du filet.  Un roman dense qui quelquefois peut donner l’impression de longueurs ou de partir dans tous les sens tant il y a à dire. 

Malgré mes bémols, à aucun moment, je n’ai eu envie de l’abandonner. Un roman largement plus agréable à lire qu’une encyclopédie sur  le changement de la société américaine durant ces quarante  dernières années...

Les billets de Keisha et de ClaudiaLucia qui tous deux renvoient à  d’autres liens.

Merci à Price Minister pour cet envoi.

28 commentaires:

sophie57 a dit…

je fais partie des "abandonneuses", et sans regrets!

sandrine(SD49) a dit…

Je fais partie de celles qui n'ont pas envie de le lire au vu des avis des abandonneuses

Aifelle a dit…

Je tenterai un jour, en le prenant à la bibliothèque, sans risque.

lili a dit…

Tiens, j'ai publié mon billet sur ce même livre, hier. J'ai l'impression que tu es restée sur ta faim, même si tu ne le dis pas aussi violemment, me trompé-je ?

Anne a dit…

Je n'ai pas fini (loin de là, mais j'ai encore deux jours - de vacances). Je suis du clan des emballées, je crois ! J'ai moi aussi adoré l'autobiographie, et certaines phrases qui piquent et font mouche ! Avis complet le 1er novembre !!

Gwenaelle a dit…

Au rayon des auteurs américains, je préfère la plume de Laura Kasischke qui sait nous cueillir par surprise et dresse avec une férocité "jubilatoire", comme diraient les critiques assermentés, le tableau de l'Amérique contemporaine. Bravo en tout cas pour ton assuidité avec ce Freedom que j'ai trouvé plus qu'indigeste...

leiloona a dit…

Pour moi ce sont les dialogues creux qui ont terni cette histoire ... Je viens de terminer un autre livre sur le même thème, mais traité différemment et ça change tout ! ;)

keisha a dit…

En conclusion (provisoire), un roman certes pas parfait, qui fait parler, mais intéressant, non?
Et quand à ce qui arrive à Patty durant ses études (je ne spoile pas), c'est atroce, oui, les réactions des familles sont bien vues, c'est traité en quelques pages efficaces, là où Joyce Carol Oates en faisait un roman lent et lourd (enfin, c'est mon impression, je n'ai pu éviter de penser aux Mulvaney à ce moment)

Un autre endroit... a dit…

Les avis sont partagés pour ce livre on dirait !

Yv a dit…

Comme quoi les avis divergent, mais pour moi, je passe : trop gros !

Valérie a dit…

J'aime ces romans qui divisent et d'ailleurs, il est dans ma PAL.

gambadou a dit…

il est noté dans ma LAL, j'ai très envie de me faire une idée par moi même ...

Thomas MyBOOX a dit…

Ca a donc une vraie valeur "documentaire" ? C'est vraiment une fresque des Etats-Unis sur 40 ans ?

Voilà qui semble intéressant !

Joelle a dit…

Je ne l'ai pas abandonné mais j'en ai eu plusieurs fois envie ... j'ai trouvé que l'auteur s'embourbait dans son propos et qu'il en perdait ainsi son impact ! Et puis, ce n'est pas assez féroce à mon goût ;) mdr !

sylire a dit…

Tu es plus enthousiaste que Gwen qui m'a bien refroidie !

claudialucia a dit…

Je suis d'accord avec toi complètement! Ce n'est pas un roman parfait, il mérite certaines critiques mais il m'a plu pour toutes sortes de (bonnes) raisons. Merci pour le lien vers mon blog.! Mais c'est étrange les passions et les colères qu'il a suscitées.

Clara a dit…

@ Sophie57 : ce livre divise, c'est le moins que l'on puisse dire !

@ Sandrine (SD49) : 700 pages qui auraient eu besoin, je trouve, d'une coupe de printemps:!

@ Aifelle : même s'il s'agit d'un livre reçu, je ne me sens aucune obligation de terminer un livre.

@Lili : ah oui, tu sa raison je suis restée sur ma faim ! L'originalité manque et il n'y a aucune surprise...

@ Anne : Patty est mon personnage préféré car elle est entière dans ses attitudes mais si c'est souvent par excès.

@ Gwen : je vais retenter Laura Kasischke !

@ Leiloona: je vais surveiller tes futurs billets!

@ Keisha : je lui reproche quand même des longueurs, des descriptions inutiles et un manque d'originalité. Là où Eric Puchner sait surprendre avec Famille modèle, ici l'auteur m'a lésée... Si je n'y avais pas trouvé un peu d’intérêt je l'aurai abandonné ( ne serait-ce que pour mes poignets...). Et vu les avis élogieux, je m'attendais à plus!

@ Un autre endroit : à défaut de rassembler, oui !

@ Yv : 200 ou 300 pages en moins auraient été les bienvenues.
Du coup, il n'a pas vu sortir de la maison... tant pis pour lui:)!

@ Valérie : si j'avais pas aimé du tout, il aurait subi le "jeté par dessus l'épaule" : petit mouvement gracieux effectué avec plu sou moins de délicatesse !

@ Gambadou : oui, après à chacun de se faire sa propre opinion s'il en a envie!

@ Thomas: j'ai oublié les trois petits points en fin de phrase.On retrouve dans ce livre des évènements marquants de l'histoire américains (mais également des "faits" qui ont marqué l'opinion comme par exemple les déboires d'un président avec sa stagiaire).

@ Joëlle : sans l’autobiographie de Patty, j'aurais abandonné...

Clara a dit…

@ Sylire : chez Gwen, le gâteau n'avait pas de levure !

@ Claudialucia : je te conseille Famille modèle d'Eric Puchner!
Des colères ? non, je ne crois pas ou alors une forme d'irritation. Et dans ce cas, on en revient toujours au débat sur les livres dont on parle beaucoup par rapport à des livres peu ou moins connus qui pourtant sont très bons....

Géraldine a dit…

Pas tentée du tout, ni par le sujet, ni par les éventuelles sensations de longueur, ni par le nombre d'abandon constatés sur la blogo !

Catherine a dit…

Les avis sont vraiment partagés sur ce livre, peut-être que c'est la clé d'un succès.

Asphodèle a dit…

Je crois que mon abandon guidé par ma déception et surtout mon ennui est à la hauteur de ce que j'en attendais : trop. Et trop de déjà vu, déjà traité (différemment) et surtout comme toi j'estime qu'une coupe de 300 pages eut été parfaite, aurait moins délayé la consistance de la réflexion...

Nanou a dit…

J'ai bien aimé "Les corrections", donc j'ai un à priori favorable pour celui-ci mais je dois avouer que les 700 pages me font un peu peur !

In Cold Blog a dit…

Le cercle des déçues ne cesse de s'élargir de jour en jour.... Ouin, ouin !!! Et moi qui avait tant envie de découvrir Franzen avec ce tire, je ne cesse de me décomposer jour après jour :)

Clara a dit…

@ Géraldine : je comprends!

@ Catherine : après tout dépend de ce que le mot succès signifie : battage médiatique, nombre de ventes, profit ou alors des lecteurs vraiment conquis?

@ Asphodèle : je te rejoins entièrement. La coupe de printemps étant toujours rafraichissante :)!

@ Nanou : 700 pages pèsent plus de 800 grammes. Je te suggère donc de commencer des exercices de musculation du poignet :)!

@ ICB : ne pleure pas ! Lis l'avis de Constance par exemple qui est enthousiaste ! J'espère que tu retrouvé la sourire ( ou je vais me culpabiliser:))


@ Nanou :

Nadael a dit…

J'ai ce livre dans ma pal. Je vois que les avis sont mitigés. A moi de me faire une idée maintenant, il n'y a plus qu'à l'ouvrir...!

Alex Mot-à-Mots a dit…

Des avis très différents sur ce roman. Je vais sand oute le lire pour me faire mon idée.

Clara a dit…

@ Nadael @ Alex : oui, à chacun de se faire sa propre opinion!

Céline a dit…

Ce n'est pas un avis si peu enthousiaste finalement :-) C'est vrai que je suis très sensible à ce genre de roman, j'aime beaucoup ces livres fleuves qui traite de destinées individuelles ou familiales sur de longues périodes. Et mes goût me portent souvent vers les auteurs américains (Irving notamment). Ce livre m'attendait donc !

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